Le discours à Soṇadaṇḍa : la vertu et la sagesse se purifient l’une l’autre
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Yaṃ laddhaṃ tena tuṭṭhabbaṃ
Soyez content de ce que vous recevez, car l’avidité excessive est mauvaise. L’oie d’or donnait à sa famille d’autrefois une plume d’or à la fois, mais quand elle fut saisie et entièrement plumée, les plumes n’étaient plus d’or.
Dans le Jātaka Suvaṇṇahaṃsa de l’Ekanipāta des Jātaka, dans le Khuddaka Nikāya, se trouve une seule stance : quoi que l’on reçoive, il faut s’en contenter, car l’avidité excessive est mauvaise ; ayant saisi le roi des oies, la brahmane perdit l’or.
L’histoire provient du commentaire. Le Bodhisatta avait été un brahmane qui avait une épouse et trois filles. Après sa mort, il renaquit sous la forme d’une oie d’or capable de se souvenir de sa vie passée. Voyant sa famille d’autrefois travailler à gages et subsister à peine, il vola jusqu’à elle et lui donna une plume d’or à la fois, à vendre pour vivre, et la famille prospéra peu à peu.
Plus tard, la brahmane, craignant que l’oie ne cesse un jour de venir, pressa ses filles de la saisir et de lui arracher toutes ses plumes. Les filles refusèrent, mais elle le fit elle-même. Le commentaire dit que, parce que les plumes avaient été prises sans son libre consentement, elles se changèrent en plumes ordinaires, et les nouvelles repoussèrent blanches. Quand elles eurent entièrement repoussé, l’oie s’envola et ne revint jamais. Selon le commentaire, le Bouddha raconta cette histoire au sujet de la moniale Thullanandā, qui emporta l’ail d’un disciple laïc sans aucun sens de la mesure.
La stance s’ouvre sur le principe : quoi que l’on reçoive, il faut s’en contenter. Selon le commentaire, le Bouddha dit que même quand on reçoit beaucoup, il faut savoir se modérer, et quand on reçoit peu, être satisfait, sans souhaiter davantage.
Avant de vous coucher, rappelez-vous trois choses que vous avez reçues aujourd’hui au lieu de vous attarder sur ce que vous n’avez pas.
La stance en donne la raison : l’avidité excessive est mauvaise. Le problème n’est pas d’avoir des désirs, mais de désirer au-delà de toute mesure, au point d’être poussé à faire ce qui ne doit pas être fait.
Quand vous sentez « il m’en faut plus, tout de suite », arrêtez-vous et demandez-vous ce que vous perdriez à long terme en forçant les choses maintenant.
Dans le commentaire, l’oie d’or se dit que ses plumes sont d’or et en donne une à la fois à sa famille d’autrefois pour qu’elle vive à l’aise. Cette aide régulière permet à la famille de prospérer peu à peu.
Si c’est vous qui aidez les autres, aidez à une échelle que vous pouvez tenir sans vous faire de tort.
La brahmane saisit le roi des oies pour prendre tout l’or. Le commentaire dit que, parce que les plumes furent prises contre son gré, elles n’étaient plus d’or. Ce que l’on prend par la force ne vaut pas ce qu’un autre donne de bon cœur.
Dans les relations, n’utilisez pas la pression ou la culpabilité pour obtenir que quelqu’un cède. Ce qu’il donne de son plein gré vaut bien davantage.
La stance se termine ainsi : elle perdit l’or. Dans le commentaire, l’oie s’envole et ne revient jamais. L’avidité n’ajouta rien ; elle coûta même ce qu’elle avait déjà.
Traitez avec soin vos sources de revenu, vos clients et ceux qui vous soutiennent. Ne les pressurez pas jusqu’à ce que la relation se brise.
Dans le commentaire, les trois filles désapprouvent le projet de leur mère, car elles savent que leur père en souffrirait, mais elle n’écoute pas, aveuglée par un grand désir.
Quand un proche vous avertit qu’une décision d’argent est risquée ou injuste envers quelqu’un, écoutez-le jusqu’au bout avant de balayer son avis.
Le commentaire rapporte qu’un disciple laïc avait offert de l’ail à la communauté des moniales, mais la moniale Thullanandā l’emporta sans mesure. Le Bouddha la réprimanda, disant que celui qui a de grands désirs ne peut même pas faire durer les gains qu’il a déjà, et établit une règle d’entraînement interdisant aux moniales de manger de l’ail.
Quand quelqu’un offre l’usage gratuit de choses ou d’avantages, profitez-en avec modération, afin que cette générosité reste aussi accessible aux autres.
L’avidité de cette histoire ne naît pas de la malveillance, mais de la peur qu’une bonne chose vienne à manquer. Cette peur pousse les gens à détruire la source même de leur bien-être, ce qui arrive souvent dans la vie réelle.
On peut citer le fait de surcharger un bon employé jusqu’à ce qu’il démissionne, d’augmenter les prix si vite que les clients fidèles s’en vont, ou de trop s’appuyer sur une personne généreuse jusqu’à ce qu’elle se lasse et prenne ses distances. Ce qui vient régulièrement, peu à peu, dure généralement plus longtemps que ce que l’on saisit tout d’un coup.
Se contenter ne veut pas dire ici ne pas chercher à progresser. Cela veut dire être satisfait de ce que l’on gagne honnêtement, et ne pas user de contrainte pour obtenir davantage.
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