La probation combinée : quand le processus de réparation est interrompu
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Andhakaraṇo acakkhukaraṇo aññāṇakaraṇo
Un ascète errant d’une autre école demande à Ānanda quel danger il voit qui le pousse à enseigner l’abandon de l’avidité, de la haine et de l’illusion. Ānanda ne répond pas que le maître l’a dit ; il parcourt les dégâts couche après couche, des pensées de nuire aux actes, jusqu’à ne plus voir le bien de quiconque tel qu’il est réellement.
Dans le Channa Sutta du chapitre d’Ānanda, Livre des Trois, Aṅguttara Nikāya, l’ascète errant Channa se rend auprès du Vénérable Ānanda au bosquet de Jeta, près de Sāvatthī. Après les salutations d’usage, il demande directement : vous autres, prescrivez-vous l’abandon de l’avidité, de la haine, de l’illusion ? Quand Ānanda répond oui, il demande quel danger ils voient dans ces trois choses pour en prescrire l’abandon.
Ānanda répond en exposant les dégâts par étapes. Celui qui est submergé par l’avidité, l’esprit obsédé par elle, pense à se nuire à lui-même, pense à nuire aux autres, pense à nuire aux deux, et éprouve souffrance et chagrin dans l’esprit. Il se conduit mal par le corps, la parole et l’esprit. Il ne comprend pas son propre bien tel qu’il est réellement, ni le bien des autres, ni le bien des deux. Quand elle est abandonnée, rien de tout cela ne se produit. Il conclut chaque section de la même façon : l’avidité, la haine et l’illusion rendent aveugle, privent de vue, rendent ignorant, éteignent la sagesse, prennent le parti du tourment et ne mènent pas au Nibbāna.
Channa demande alors s’il existe un chemin et une pratique pour les abandonner. Ānanda répond qu’il y en a un : le Noble Octuple Sentier. En l’entendant, Channa dit que ce chemin et cette pratique sont bons, et suffisent à rendre diligent. Le discours s’arrête là, sans aucune critique de l’école à laquelle il appartient.
Ānanda résume sa réponse : voyant ce danger dans l’avidité, nous prescrivons l’abandon de l’avidité ; voyant ce danger dans la haine, l’abandon de la haine ; voyant ce danger dans l’illusion, l’abandon de l’illusion. L’abandon repose sur la vue du danger, non sur une consigne.
Avant de renoncer à quelque chose, passez dix minutes à écrire ce que cela vous fait réellement, et gardez ce texte pour le relire les jours où votre résolution faiblit.
Celui qui est submergé et obsédé par l’avidité, la haine ou l’illusion pense à se nuire à lui-même, à nuire aux autres, à nuire aux deux, et éprouve souffrance et chagrin dans l’esprit. Quand elles sont abandonnées, ces pensées et cette douleur mentale n’apparaissent plus.
La prochaine fois que vous serez vraiment en colère, remarquez à quelle vitesse surgissent les pensées de vous faire du mal ou d’en faire à quelqu’un d’autre. C’est le premier danger que nomme le discours, et un signal pour vous arrêter avant d’agir.
Une fois l’esprit submergé, cela ne reste pas dans l’esprit. Cela devient une mauvaise conduite par le corps, par la parole et par l’esprit. Quand l’avidité, la haine et l’illusion sont abandonnées, il n’y a de mauvaise conduite dans aucun des trois.
Quand les émotions sont vives, fixez-vous une règle à l’avance : pas de message tapé, pas d’appel, pas de grande décision avant d’avoir dormi dessus.
Le dégât le plus profond dans la réponse d’Ānanda est que celui qui est submergé ne comprend pas son propre bien tel qu’il est réellement, ni le bien des autres, ni le bien des deux. Quand elle est abandonnée, il comprend les trois tels qu’ils sont réellement.
Quand vous remarquez que vous désirez très fort ou que vous êtes très en colère, reportez les décisions qui touchent d’autres personnes. À ce moment-là, vous ne pouvez vraiment pas voir le tableau à long terme.
Chaque section se termine par les mêmes formules : cela rend aveugle, prive de vue, rend ignorant, éteint la sagesse, prend le parti du tourment et ne mène pas au Nibbāna. Le discours parle de l’effet sur la capacité à voir clairement, non d’un châtiment.
Si vous avez mal jugé des gens ou mal lu des situations ces derniers temps, regardez en arrière et demandez-vous quel désir, quelle colère ou quelle confusion occupait votre esprit.
À la question de savoir s’il existe un chemin et une pratique pour abandonner l’avidité, la haine et l’illusion, Ānanda répond qu’il y en a un : le Noble Octuple Sentier — vue juste, intention juste, parole juste, action juste, moyens d’existence justes, effort juste, attention juste, concentration juste. La réponse ne s’arrête pas à nommer le problème.
Quand vous signalez un problème, à la maison ou au travail, joignez toujours une proposition sur ce qu’il faudrait faire ensuite. Nommer le problème seul ne fait généralement que créer de la tension.
Channa n’annonce pas de conversion. Il dit simplement que le chemin et la pratique sont bons et suffisent à rendre diligent, et le discours s’arrête là. Tout au long de la conversation, il n’y a pas un seul mot de critique envers sa propre école.
Une conversation sur la croyance avec quelqu’un qui n’est pas d’accord n’a pas à se terminer par la capitulation d’un camp. Si chacun comprend les raisons de l’autre, elle a réussi.
Ce qui est utilisable tout de suite ici, ce n’est pas une liste de termes, mais une manière de répondre à la question « pourquoi l’abandonner ? ». Ānanda n’invoque pas l’autorité de son maître et ne dit pas que c’est un péché. Il désigne quelque chose que son interlocuteur peut vérifier dans sa propre vie.
Essayez-le sur une habitude que vous voulez réellement abandonner. Au lieu de répéter qu’elle est mauvaise, écrivez les dégâts précis que vous pouvez constater par vous-même : ce qu’elle vous fait penser, ce qu’elle vous fait faire et ce qu’elle vous empêche de voir. La résolution qui naît de la vue des dégâts tend à durer plus longtemps que celle qui repose sur la peur ou la honte.
Le ton de la conversation mérite aussi d’être remarqué. L’interlocuteur est un étranger qui pose sa question de bonne foi, et il reçoit une réponse faite uniquement de raisons. Vous pouvez parler de croyance avec des personnes qui ne sont pas d’accord exactement de cette manière : décrivez ce que vous voyez, plutôt que de leur dire qu’elles ont tort.
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