Les sept soleils : même les montagnes et les océans sont impermanents
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Khemātheriyāpadānaṃ
La reine Khemā, épouse du roi Bimbisāra, fière de sa beauté, refuse de rendre visite au Bouddha de peur qu’il ne parle contre la forme physique. Attirée au bois des Bambous par des chants, elle voit une jeune femme vieillir sous ses yeux, entend la stance de l’araignée dans sa propre toile, quitte le foyer et devient la première des moniales pour la grande sagesse.
Dans l’Apadāna de Khemā, au chapitre Ekuposatha du Therī-apadāna, dans le Khuddaka Nikāya, la moniale Khemā raconte qu’à l’époque du Bouddha Padumuttara, elle naquit dans une riche famille de marchands à Haṃsavatī. Voyant le Bouddha désigner une moniale comme la première pour la grande sagesse, elle l’invita, avec le Saṅgha, à un repas pendant sept jours et aspira à cette position. À l’époque du Bouddha Vipassī, elle mena la vie sainte comme moniale pendant dix mille ans, instruite et habile à exposer le Dhamma. À l’époque du Bouddha Kassapa, elle était la fille aînée du roi Kikī de Kāsi, l’une des sept princesses qui renaquirent plus tard comme moniales éminentes et comme la disciple laïque Visākhā.
L’Apadāna est un texte du Khuddaka Nikāya qui rassemble des stances sur le mérite passé du Bouddha et de ses disciples. La plupart des chercheurs le situent dans une couche plus tardive du Tipiṭaka, tandis que la tradition theravāda le compte comme parole du Bouddha.
Dans sa dernière vie, elle était une fille du roi de Madda, à Sāgala, et devint la reine du roi Bimbisāra. Le récit s’achève sur son accession à l’état d’arahant et sur ses réponses à des questions subtiles à Toraṇavatthu. Le texte pāli dit que celui qui l’interrogeait était le roi qui régnait sur le Kosala (la traduction thaïe utilisée ici l’interprète comme son royal époux), ce qui concorde avec le discours du Saṃyutta Nikāya où le roi Pasenadi de Kosala l’interroge.
Elle était chère au roi, se complaisait dans le soin de sa beauté et refusait de rendre visite au Bouddha plein de grande compassion, parce qu’elle pensait qu’il parlait des défauts de la forme physique.
Remarquez quelles personnes ou quels sujets vous évitez de peur d’entendre une vérité que vous ne voulez pas entendre, et essayez de vous ouvrir à l’un d’eux.
Lui voulant du bien, le roi Bimbisāra fit chanter l’éloge du bois des Bambous : quiconque n’a pas vu le délicieux bois des Bambous n’a pas vu le bois Nandana des devas. Elle souhaita le voir, mais demanda à y aller quand le Bouddha serait parti en ville pour l’aumône. Plus tard, elle loua le moyen employé par le roi comme vraiment habile.
Pour inviter quelqu’un que vous aimez à essayer quelque chose de bon, partez de ce qu’il aime déjà, par exemple en invitant un amoureux de la nature à une retraite dans un lieu calme, sans le tromper ni le forcer.
Dans le bois, elle vit un beau jeune moine qui méditait sous un arbre et pensa qu’un maître de maison devrait d’abord jouir à son aise des plaisirs sensuels et ne pratiquer ce beau Dhamma que plus tard, une fois vieux.
Si vous vous surprenez à dire « Je commencerai à la retraite », faites dès aujourd’hui le plus petit pas, comme cinq minutes de récitation ou d’assise silencieuse avant de dormir.
En entrant dans la demeure du Bouddha, elle le vit assis, avec une belle jeune femme qui l’éventait. Puis la femme fut gagnée par la vieillesse : le visage ridé, les dents cassées, les cheveux gris, appuyée sur un bâton, tremblante, elle tomba. Khemā ressentit un sentiment d’urgence à faire dresser les cheveux sur la tête. Le commentaire explique que la femme était une forme créée par le Bouddha.
Regardez une photo de vous ou de vos parents d’il y a vingt ans et comparez-la avec aujourd’hui, pour vous rappeler que la beauté change chaque jour et qu’il vaut la peine d’investir dans ce qui ne se fane pas avec l’âge.
Le Bouddha dit : Khemā, vois ce corps, affligé, impur, suintant au-dedans et au-dehors, dans lequel se complaisent les sots. Développe l’esprit, unifié et recueilli, sur le non-attrayant ; que l’attention au corps soit tienne. Tel est celui-ci, tel est celui-là ; tel est celui-là, tel est celui-ci. Lâche le désir pour le corps intérieur et extérieur, développe le sans-signe et abandonne la tendance latente à l’orgueil.
Quand vous commencez à comparer votre apparence avec celle des autres, rappelez-vous que tout corps vieillit, tombe malade et change de la même façon. L’orgueil comme le sentiment d’infériorité s’allègent.
Le Bouddha prononça la stance : ceux que teinte la passion tombent dans le courant, comme une araignée dans la toile qu’elle a elle-même tissée ; tranchant cela, ils quittent le foyer sans convoitise, en renonçant au plaisir sensuel. Il enseigna ensuite le Mahānidāna Sutta. En l’entendant, elle se rappela ce qu’elle avait appris par le passé et obtint l’œil du Dhamma.
Demandez-vous lesquels de vos tracas viennent d’une « toile » que vous avez tissée vous-même, comme une image que vous devez entretenir sur les réseaux sociaux, et relâchez-en un fil.
Elle tomba à ses pieds pour confesser sa faute : parce qu’elle se complaisait dans la forme, elle avait soupçonné que lui, qui est d’un grand bienfait, ne lui voulait pas de bien, et c’est pourquoi elle n’était pas venue. Le Bouddha dit : assez, Khemā. Elle demanda ensuite au roi Bimbisāra la permission de quitter le foyer, et le roi, joignant les mains, le lui permit.
Quand vous vous rendez compte que vous avez mal jugé quelqu’un, dites-lui directement pourquoi vous vous êtes mépris. Un tel aveu répare souvent une relation mieux que de longues explications.
Sept mois après avoir quitté le foyer, elle vit une lampe flamboyer puis s’éteindre, fut émue, conçut du désenchantement envers toutes les formations, devint habile dans les conditions dépendantes et atteignit l’état d’arahant. Plus tard, elle répondit à des questions subtiles à Toraṇavatthu ; quand le roi interrogea le Bouddha, celui-ci donna les mêmes réponses, et le Bouddha la désigna comme la première des moniales pour la grande sagesse.
Quand vous éteignez une lumière ou voyez une bougie s’éteindre, faites-en un bref rappel que tout ce qui apparaît disparaît.
Le récit de Khemā concerne un attachement très familier aujourd’hui : la fierté de son apparence, au point d’éviter les personnes ou les vérités qui pourraient ébranler l’image que l’on a de soi.
Dans le texte, la contemplation du corps comme non attrayant vise à relâcher l’engouement et l’orgueil, non à faire détester son propre corps. Toute personne dont les difficultés liées à l’image du corps affectent l’alimentation ou le sommeil devrait consulter un professionnel.
Un autre aspect est le courage de reconnaître un soupçon erroné. Elle ne cherche pas d’excuses, mais dit simplement que, parce qu’elle se complaisait dans la forme, elle s’imaginait que celui qui lui voulait du bien ne lui en voulait pas.
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