Bhikkhunī Vibhaṅga : répandre ce qu’on a mal entendu, et injurier celle qui a dit la vérité
Pratique

Bhikkhunī Vibhaṅga : répandre ce qu’on a mal entendu, et injurier celle qui a dit la vérité

Duggahitena dūpadhāritena

Bhaddā Kāpilānī loue une élève qui la sert bien et projette de lui donner une robe, mais l’élève comprend de travers et pousse d’autres moniales à se plaindre. Et un groupe de moniales injurie le Vénérable Upāli à propos de sa naissance, après qu’il a révélé leur plan secret de nuire au Vénérable Kappitaka.

7 points

Dans le Bhikkhunī Vibhaṅga, volume 3 du Vinaya Piṭaka, la règle 8 du chapitre Andhakāra raconte qu’une élève de la moniale ancienne Bhaddā Kāpilānī servait son enseignante avec attention. Bhaddā dit aux autres moniales : « Cette moniale me sert avec respect ; je lui donnerai une robe. » Mais l’élève comprit de travers et poussa d’autres moniales à se plaindre, en disant : « Il paraît que je ne sers pas la vénérable avec respect ; il paraît qu’elle ne me donnera pas de robe. » Le pāli emploie les mots duggahitena dūpadhāritena : par ce qui a été mal saisi et mal retenu. Le Bouddha établit qu’une bhikkhunī qui fait se plaindre d’autres personnes à cause d’un tel malentendu commet un pācittiya.

La règle 2 du chapitre Ārāma a un récit d’origine plus dur. Le groupe des six moniales construisit un stūpa pour une moniale ancienne près de la demeure du Vénérable Kappitaka, le précepteur d’Upāli, et alla y pleurer. Dérangé par le bruit, il brisa le stūpa. Irritées, elles complotèrent de lui nuire. Une moniale le dit à Upāli, Upāli le dit à Kappitaka, qui se cacha et fut sauf. Quand elles apprirent qu’Upāli avait parlé, elles l’injurièrent en le traitant de garçon de bains, de nettoyeur d’immondices et d’homme de basse naissance. Le Bouddha établit qu’une bhikkhunī qui injurie ou menace un moine commet un pācittiya.

Ce sont deux règles pour les bhikkhunī, mais leurs leçons sur la parole valent pour tout le monde : vérifiez ce que vous avez entendu avant de le transmettre, et ne vous retournez pas contre celui qui a révélé la vérité pour empêcher un tort.

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    Une louange prise de travers Ayaṃ maṃ ayye bhikkhunī sakkaccaṃ upaṭṭheti

    Bhaddā Kāpilānī dit aux moniales que cette élève la servait avec respect et qu’elle lui donnerait une robe. L’histoire commença par une louange et une intention de donner, mais ce qui parvint à d’autres oreilles fut le contraire.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous apprenez que quelqu’un a parlé de vous, gardez à l’esprit que ce que vous avez entendu est peut-être incomplet, et peut même être quelque chose de bon que vous avez mal entendu.

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    Mal saisi, mal retenu, puis transmis Duggahitena dūpadhāritena paraṃ ujjhāpeyya

    L’élève dit aux autres qu’il paraissait qu’elle ne servait pas son enseignante avec respect et qu’on ne lui donnerait pas de robe ; elles se plaignirent donc. L’analyse des termes explique cela comme le fait d’amener les autres à croire autre chose, à comprendre autre chose. Pousser des moniales pleinement ordonnées à se plaindre est un pācittiya ; pousser une personne non pleinement ordonnée à se plaindre est un dukkaṭa.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Avant de répéter une chose entendue au sujet d’un supérieur ou d’un ami, surtout une chose qui contrariera les autres, interrogez d’abord directement la personne concernée.

  3. 3

    « Il paraît que » ne retire pas la responsabilité Ahaṃ kirayye ayyaṃ na sakkaccaṃ upaṭṭhemi

    Chaque phrase de l’élève commençait par « il paraît que », comme si elle ne faisait que transmettre. Mais le Vinaya considère que c’est celle qui amène les autres à croire à tort et à se plaindre qui commet la faute, et non la personne citée comme source.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous transférez des messages dans une discussion de groupe, ajouter « j’ai entendu dire que… » ne vous dégage pas de votre responsabilité. Si vous n’êtes pas sûr, ne l’envoyez pas.

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    Quand un plan est dévoilé, traquer celui qui a parlé Amhākaṃ manto saṃhaṭo

    Le groupe des six moniales complota de nuire à Kappitaka parce qu’il avait brisé le stūpa. Une moniale le dit à Upāli, et celui-ci dit à Kappitaka de se cacher. Quand elles le virent encore faire sa tournée d’aumônes, ce qu’elles demandèrent, ce fut qui avait révélé leur secret, et non si ce qu’elles avaient projeté était juste.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand une chose que vous ne vouliez pas voir connue est révélée, demandez-vous d’abord si elle aurait dû être faite, avant de demander qui a parlé.

  5. 5

    Des insultes sur la naissance et l’ancien métier Nihīnajacco

    Elles injurièrent Upāli en le traitant de garçon de bains, de nettoyeur d’immondices et d’homme de basse naissance. Upāli avait été barbier avant de quitter le foyer. L’attaque ne touchait en rien le fond de l’affaire ; elle s’en prenait à l’origine de la personne.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Si, dans une dispute, vous commencez à parler du milieu, des études ou du métier de l’autre, reconnaissez que vous avez quitté le sujet, et arrêtez-vous.

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    Injurier ou menacer Akkoseyya vā paribhāseyya vā

    L’analyse des termes explique qu’injurier consiste à employer l’un des dix motifs d’injure, et menacer à montrer quelque chose d’effrayant. L’un ou l’autre, envers un moine, est un pācittiya ; envers une personne non pleinement ordonnée, un dukkaṭa.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Une menace n’a pas besoin d’être faite de paroles violentes. Un regard, un geste ou un message qui fait peur à quelqu’un peut aussi être une menace. Soyez attentif aux deux.

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    Une parole franche pour le bien de quelqu’un n’est pas une injure Atthapurekkhārāya dhammapurekkhārāya

    L’exemption dit qu’il n’y a pas de faute pour celle qui parle en vue du bienfait, du Dhamma ou de l’instruction. Le Vinaya distingue les paroles franches destinées à aider quelqu’un à s’améliorer de l’injure qui naît de la colère.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Avant de critiquer quelqu’un, demandez-vous si vous voulez qu’il s’améliore ou qu’il souffre. Si c’est la seconde réponse, attendez.

À essayer dans la vie quotidienne

Beaucoup de rumeurs ne commencent pas par une mauvaise intention, mais par une demi-phrase mal entendue et racontée de nouveau à travers nos propres sentiments. L’histoire de l’élève de Bhaddā Kāpilānī montre que même une louange peut devenir un motif de plainte si nous la prenons de travers et en parlons à d’autres avant d’interroger la personne concernée.

L’histoire d’Upāli met en garde contre un autre aspect. Quand notre plan est dévoilé, la première réaction est souvent de chercher qui a parlé et de s’en prendre à lui, alors que le vrai problème est ce que nous avions projeté. Insulter la naissance ou l’ancien métier de quelqu’un montre seulement qu’il ne nous reste aucun argument sur le fond.

Le Vinaya laisse une voie ouverte : l’exemption dit qu’il n’y a pas de faute quand on parle en vue du bienfait, du Dhamma ou de l’instruction. Une parole franche destinée à aider quelqu’un à s’améliorer est différente d’une injure qui décharge la colère.

Sources dans le Tipiṭaka

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