Le Mahāparinibbāna Sutta : la dernière nuit dans le bosquet de sāla, honorer par la pratique
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Sukhadukkhe tulābhūto
Le Bodhisatta est couché dans un charnier ; certains viennent lui nuire, d’autres apportent des présents, et son esprit reste égal comme une balance. Les stances finales du Cariyāpiṭaka disent que les perfections furent accomplies en vue de l’Éveil suprême et donnent trois enseignements de tous les Bouddhas, et la Samodhānakathā répartit les perfections en trente.
Dans le Cariyāpiṭaka du Khuddaka Nikāya, le dernier récit est la conduite de Mahālomahaṃsa. Le Bodhisatta est couché dans un charnier, un squelette pour oreiller. Des villageois viennent et commettent des grossièretés ; d’autres apportent parfums, fleurs et nourriture. Il garde un esprit égal envers tous, et les stances nomment cela la perfection de l’équanimité.
Viennent ensuite les stances finales : le Bouddha a traversé beaucoup de souffrances et de prospérités dans diverses existences et a accompli les perfections jusqu’à atteindre l’Éveil suprême. Suivent trois enseignements de tous les Bouddhas, et le texte dit qu’il prononça ce discours appelé Buddhāpadāniya, qui clôt le Cariyāpiṭaka.
Après les mots « fin du Cariyāpiṭaka », l’édition siamoise contient la Samodhānakathā, qui résume les perfections en dix perfections, dix perfections supérieures et dix perfections ultimes, avec des vies en exemple. Une note de l’édition pāli siamoise indique que les éditions birmane et européennes ne la contiennent pas ; il vaut donc mieux la lire comme un résumé ajouté.
Le Bodhisatta est couché dans un charnier, des ossements pour oreiller. Un groupe de villageois vient et commet toutes sortes de grossièretés ; un autre, ravi, apporte parfums, guirlandes, nourriture et de nombreux présents. Les stances ne disent que cela ; les autres détails se trouvent dans les Jātaka et leur commentaire.
Pensez à un moment où vous avez reçu en même temps des éloges et des critiques, comme une publication suscitant à la fois des commentaires aimables et méchants, et observez de quel côté votre esprit a penché.
Les stances disent : ceux qui m’apportent la souffrance et ceux qui me donnent le bonheur, envers tous je suis le même. Être d’esprit égal ne signifie pas ici ne pas voir qui fait le bien ou le mal ; cela signifie que l’esprit ne se laisse pas entraîner par leurs actes.
Quand vous évaluez un travail ou jugez le cas de quelqu’un, vérifiez si vous le notez parce qu’il est gentil avec vous ou en raison du travail lui-même.
La traduction thaïe dit qu’il n’avait ni attachement ni colère. « Attachement » peut se comprendre ici comme une préférence partiale pour ceux qui apportent des présents, associée à la colère envers ceux qui nuisent ; cela ne signifie pas un manque de compassion, puisque la bienveillance est elle-même une autre perfection. Cette image est un idéal, non un conseil de rester avec ceux qui nous nuisent.
Si vous êtes harcelé ou maltraité de façon répétée, un esprit vraiment calme est celui qui décide, avec attention, de poser une limite, de le signaler aux responsables ou de quitter la situation.
Dans le récit de Mahālomahaṃsa, le Bodhisatta dit qu’il était comme une balance dans le plaisir et la douleur, la renommée et le discrédit. Les stances finales développent ce point : d’esprit égal dans le gain et la perte, la renommée et le discrédit, les honneurs et le mépris, il atteignit l’Éveil suprême.
Le jour où vous recevez une prime comme le jour où l’on vous critique, dites-vous que ce sont des conditions du monde qui montent et qui descendent, puis revenez au travail qui est devant vous.
Les stances finales disent : ayant connu bien des sortes de souffrances et de prospérités d’existence en existence, j’ai atteint l’Éveil suprême. Donnant ce qui devait être donné, accomplissant entièrement la vertu, atteignant la perfection du renoncement ; interrogeant les sages, faisant un effort suprême, atteignant la perfection de la patience ; prenant une ferme résolution, gardant une parole véridique, atteignant la perfection de la bienveillance ; et demeurant d’esprit égal en toutes choses. Toutes les perfections ont un seul but : l’Éveil.
Quand vous cultivez la bonté sur de nombreux plans, souvenez-vous que chacun vise un esprit libéré de la souffrance, non la construction d’une image.
Voyant la paresse comme un danger et l’effort comme une sécurité, soyez énergiques. Voyant la dispute comme un danger et l’absence de dispute comme une sécurité, soyez unis et doux en paroles. Voyant la négligence comme un danger et la vigilance comme une sécurité, développez l’Octuple Sentier. Tel est l’enseignement des Bouddhas.
Prenez-en un chaque semaine. Par exemple, cette semaine, quand une dispute commence, faites une pause et choisissez des mots qui rassemblent plutôt que des mots qui l’emportent.
La Samodhānakathā répartit chaque perfection en trois niveaux — perfection, perfection supérieure et perfection ultime — avec des exemples : le lièvre pour la perfection ultime du don, le roi des nāgas Saṅkhapāla pour la vertu, l’ascète Khantivādī pour la patience, le roi Sutasoma pour la véracité, le prince Mūgapakkha pour la détermination, le roi Ekarāja pour la bienveillance et le sage Lomahaṃsa pour l’équanimité. Elle conclut qu’il n’y a ni plus ni moins de dix perfections. Elle donne aussi des exemples pour la sagesse, l’énergie et la patience, que les récits du Cariyāpiṭaka eux-mêmes ne nomment pas. Une note indique que les éditions birmane et européennes n’ont pas cette section.
Servez-vous des dix perfections comme d’un bilan mensuel : lesquelles pratiquez-vous régulièrement, et lesquelles font défaut ? Puis renforcez celles qui manquent, une à la fois.
L’équanimité, dans ce récit, est un esprit qui ne penche pas sous les éloges et ne se brise pas sous les injures. Dans la vie quotidienne, nous pouvons rencontrer admirateurs et détracteurs le même jour. Un esprit semblable à une balance nous aide à décider selon la raison, et non selon l’humeur de ceux qui nous entourent.
Une mise en garde : le Bodhisatta restant impassible envers ceux qui lui nuisent est l’idéal d’un esprit stable, non un conseil de supporter la nuisance, le harcèlement ou la violence, à la maison ou au travail. La véritable équanimité va de pair avec le fait de poser des limites, de quitter la situation et de chercher de l’aide.
Les trois enseignements de la fin peuvent s’appliquer tout de suite : voir la paresse, les querelles et la négligence comme des dangers, et choisir l’effort, la concorde et l’entraînement sur le sentier.
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