Le discours à Bhūmaka : un rocher ne remonte pas grâce aux prières
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Tassa te āvuso cunda lābhā
Cunda le forgeron offre au Bouddha son dernier repas. Le Bouddha garde le sūkaramaddava pour lui seul et fait enterrer le reste, puis tombe gravement malade mais endure la maladie avec attention. Avant de s’éteindre, il craint que quelqu’un ne fasse éprouver du remords à Cunda, et charge Ānanda de lui dire que cette nourriture d’aumône porte autant de fruit que celle qu’il mangea avant l’Éveil.
Dans le Mahāparinibbāna Sutta du Dīgha Nikāya (Mahāvagga), arrivé à Pāvā, le Bouddha séjourne dans le bosquet de manguiers de Cunda le forgeron. Après avoir entendu le Dhamma, Cunda l’invite à un repas le lendemain et prépare des mets raffinés ainsi que du sūkaramaddava.
Le discours n’explique pas quelle sorte de nourriture était le sūkaramaddava, et les érudits l’interprètent de plusieurs façons ; le mot original est donc conservé ici. Le discours dit seulement qu’après avoir mangé, le Bouddha tomba gravement malade d’une dysenterie sanglante, mais qu’il l’endura avec attention et claire compréhension, et poursuivit sa route vers Kusinārā.
Le passage le plus émouvant est que, même gravement malade, le Bouddha pensa aux sentiments de celui qui avait offert la nourriture. Il demanda à Ānanda d’apaiser le remords de Cunda et de ne laisser personne le blâmer.
Au moment du repas, le Bouddha dit à Cunda : servez-moi le sūkaramaddava que vous avez préparé, et servez au Saṅgha des moines les autres mets que vous avez préparés. Cunda fit ainsi.
Si vous pensez qu’un plat ou un objet risque de ne pas convenir aux autres, prenez-en discrètement la responsabilité vous-même, sans mettre votre hôte dans l’embarras.
Ensuite, il dit à Cunda d’enterrer dans une fosse le sūkaramaddava restant, car il ne voyait personne au monde, hormis le Tathāgata, qui puisse le digérer correctement. Cunda fit ainsi, et le Bouddha le réjouit par un entretien sur le Dhamma avant de partir.
Quand vous soupçonnez qu’un aliment ou un objet peut être nocif, mettez-le hors d’état de nuire tout de suite ; ne le passez pas à d’autres simplement parce qu’il semble dommage de le perdre.
Après avoir mangé le repas de Cunda, le Bouddha tomba gravement malade, avec de violentes douleurs dues à une dysenterie sanglante. Mais, attentif et avec claire compréhension, il endura la douleur sans en être troublé, et dit qu’il poursuivrait jusqu’à Kusinārā.
Quand vous êtes malade, essayez de distinguer « la douleur dans le corps » de « la panique dans l’esprit ». Reconnaissez la douleur telle qu’elle est sans y ajouter la peur, et faites-vous soigner correctement.
En chemin, il s’écarta vers le pied d’un arbre et demanda à Ānanda d’étendre sa robe de dessus pliée en quatre, parce qu’il était fatigué, et demanda de l’eau parce qu’il avait soif. Bien qu’il fût le Bouddha, il dit simplement qu’il était fatigué et ce dont il avait besoin.
Quand vous êtes malade ou épuisé, dites simplement à vos proches ce dont vous avez besoin. Demander de l’aide ne vous diminue pas.
Le Bouddha dit à Ānanda que quelqu’un pourrait faire éprouver du remords à Cunda en disant : ce n’est pas un gain pour toi que le Tathāgata ait pris chez toi sa dernière nourriture d’aumône et se soit éteint. Ānanda devrait apaiser son remords en disant : c’est un gain pour toi, c’est une bonne fortune pour toi.
Quand un malheur survient et que des gens risquent de blâmer quelqu’un qui a agi avec de bonnes intentions, prenez sa défense avant que le blâme ne commence, et dites-lui que sa bonne intention compte.
Il faudrait dire à Cunda que l’on a entendu du Bouddha lui-même que deux offrandes de nourriture d’aumône ont un fruit égal et un bienfait plus grand que toute autre : la nourriture d’aumône après laquelle le Tathāgata s’est éveillé, et celle après laquelle il a atteint l’extinction finale. L’acte de Cunda mène à une longue vie, à la beauté, au bonheur, à la renommée, au monde céleste et à la souveraineté.
Pour réconforter quelqu’un qui se sent coupable, ne vous contentez pas de dire « ce n’est pas ta faute » ; montrez-lui la valeur réelle de ce qu’il a fait de bon cœur.
Le Bouddha prononça cette stance inspirée : le mérite grandit pour celui qui donne ; l’inimitié ne s’accumule pas chez celui qui est maître de lui ; le sage abandonne le mal et s’apaise par la fin de l’avidité, de la haine et de l’illusion.
Continuez à donner, même si un don a mal tourné une fois. Soyez simplement plus attentif ; inutile de cesser d’être généreux.
Cette histoire enseigne comment traiter quelqu’un qui a agi avec de bonnes intentions mais que d’autres pourraient associer à un malheur. Le Bouddha n’attend pas que le blâme surgisse ; il le devance et affirme que ce que Cunda a fait est d’un grand mérite.
Dans la vie réelle, quand quelque chose tourne mal, par exemple quand un membre de la famille tombe malade après avoir mangé un plat apporté par un proche, ou qu’un projet échoue après qu’on a suivi le conseil d’un ami, on s’empresse de chercher un coupable, alors qu’il peut y avoir bien des causes et que celui qui a donné l’a fait de bon cœur.
L’autre aspect est d’endurer la maladie avec attention. Le Bouddha ressentait pleinement la douleur sans la nier, sans pour autant en être submergé. Cela dit, en cas de maladie, l’attention ne remplace pas les soins ; consultez un médecin comme d’habitude.
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