Les discours à Mallikā et sur le sacrifice : nul n’est plus cher que soi-même, alors ne nuisez à personne
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Samaṇamuṇḍikasuttaṃ
L’errant Uggāhamāna affirme que celui qui ne fait aucun mal par le corps, la parole, la pensée ou les moyens d’existence est un ascète accompli. Le Bouddha répond qu’un nourrisson serait alors accompli lui aussi, et enseigne à connaître les habitudes et les intentions saines et malsaines, jusqu’aux dix qualités de celui qui n’a plus à s’entraîner.
Dans le Samaṇamuṇḍika Sutta du Majjhima Nikāya, le charpentier Pañcakaṅga rend visite à l’errant Uggāhamāna, fils de Samaṇamuṇḍikā. Uggāhamāna dit qu’une personne qui n’accomplit aucune mauvaise action corporelle, ne prononce aucune mauvaise parole, ne forme aucune mauvaise intention et ne pratique aucun mauvais moyen d’existence est accomplie dans le sain, suprême dans le sain, un ascète qui a atteint le plus haut et qui est invincible. Pañcakaṅga n’approuve ni ne désapprouve, et va interroger le Bouddha.
Le Bouddha dit que s’il en était ainsi, un jeune nourrisson couché sur le dos serait un ascète accompli, puisqu’il ne connaît même pas encore les mots « corps », « parole », « intention » ou « moyens d’existence ». Une personne qui possède ces quatre qualités vaut un peu mieux qu’un nourrisson, mais elle n’est pas accomplie.
Il enseigne ensuite qu’il faut connaître les habitudes malsaines et saines, et les intentions malsaines et saines : d’où vient chacune, où elle cesse, et comment pratiquer en vue de sa cessation. Enfin, il dit que celui qui possède les dix qualités de celui qui n’a plus à s’entraîner est vraiment accompli dans le sain.
Uggāhamāna dit que celui qui n’accomplit aucune mauvaise action corporelle, ne prononce aucune mauvaise parole, ne forme aucune mauvaise intention et ne pratique aucun mauvais moyen d’existence est accompli dans le sain, un ascète qui a atteint le plus haut et qui est invincible. Le charpentier Pañcakaṅga ne l’approuve ni ne le rejette, mais décide d’interroger le Bouddha pour le comprendre clairement.
Quand vous entendez quelque chose qui sonne bien mais dont vous n’êtes pas sûr, vous n’avez pas besoin de contester ni de croire tout de suite. Gardez-le en tête et vérifiez-le auprès d’une personne compétente ou d’une source fiable.
Le Bouddha dit qu’un jeune nourrisson couché sur le dos ne connaît même pas le mot « corps » ; comment pourrait-il faire le mal avec le corps, si ce n’est en gigotant ? Il ne connaît pas « parole », si ce n’est en pleurant ; ni « intention », si ce n’est en pleurant et en riant ; ni « moyens d’existence », si ce n’est le lait de sa mère. Celui qui possède ces quatre qualités vaut un peu mieux qu’un nourrisson, mais n’est pas accompli dans le sain.
Quand vous vous dites « Je ne fais de mal à personne », allez plus loin : « Ai-je un tant soit peu développé mon esprit ? »
Les actions corporelles et verbales malsaines et les moyens d’existence faux sont appelés habitudes malsaines (sīla). Elles naissent d’un esprit habité par la passion, la haine et l’illusion. Elles cessent par l’abandon de la mauvaise conduite, le développement de la bonne conduite et une vie fondée sur des moyens d’existence justes. La voie de pratique, ce sont les quatre efforts justes : empêcher les états malsains non encore apparus, abandonner ceux qui sont apparus, susciter les états sains non encore apparus, et maintenir et développer ceux qui sont apparus.
Choisissez une mauvaise habitude et posez quatre questions : qu’est-ce que c’est, de quel état d’esprit vient-elle, qu’est-ce qui peut l’arrêter, et comment vais-je commencer à pratiquer dès aujourd’hui ?
Les actions corporelles et verbales saines et les moyens d’existence purifiés sont appelés habitudes saines. Elles naissent d’un esprit libre de passion, de haine et d’illusion. Un moine est vertueux mais ne s’arrête pas au fait d’être fait de vertu, et il comprend tels qu’ils sont réellement la délivrance de l’esprit et la délivrance par la sagesse, où ces habitudes saines cessent.
Observez sérieusement vos préceptes, mais ne prenez pas les préceptes pour la totalité de la pratique, et ne vous en servez pas pour vous juger meilleur que les autres.
Les intentions de désir sensuel, de malveillance et de cruauté sont des intentions malsaines. Elles naissent des perceptions de désir sensuel, de malveillance et de cruauté. Elles cessent complètement dans le premier jhāna, et l’on pratique en vue de leur cessation par les quatre efforts justes.
Quand surgit une pensée de convoitise ou de nuisance, regardez comment vous avez perçu et étiqueté la chose en question. Changer de perspective allège souvent la pensée.
Les intentions de renoncement, de non-malveillance et de non-cruauté sont des intentions saines. Elles naissent des perceptions de renoncement, de non-malveillance et de non-cruauté. Elles cessent complètement dans le deuxième jhāna, qui est sans pensée appliquée ni soutenue, et l’on pratique en vue de leur cessation par les quatre efforts justes également.
Exercez-vous à changer votre manière de percevoir quelqu’un qui vous met en colère, par exemple en voyant que lui aussi souffre. Les pensées bienveillantes surgissent alors plus facilement.
Le Bouddha dit que celui qui possède la vue juste, l’intention juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste, la concentration juste, la connaissance juste et la délivrance juste au niveau de celui qui n’a plus à s’entraîner (asekha) est accompli dans le sain, un ascète qui a atteint le plus haut et qui est invincible.
Servez-vous du Noble Octuple Sentier comme d’une carte hebdomadaire de votre vie : quel domaine — vue, pensée, parole, action, moyens d’existence, effort, attention ou concentration — demande davantage de soin ?
Beaucoup de gens mesurent la bonté à l’aune de « je n’ai rien fait de mal ». Ce discours montre que ce n’est qu’un point de départ. Un nourrisson ne fait rien de mal parce qu’il ne peut encore rien faire. La vraie bonté vient de la connaissance de son propre esprit : d’où vient chaque sorte de pensée et de comportement, et comment en prendre soin.
Le schéma qui consiste à connaître la chose, son origine, sa cessation et la voie de pratique fonctionne pour n’importe quelle habitude, comme le sarcasme, la procrastination ou l’irritabilité.
Que les intentions saines cessent dans le deuxième jhāna ne signifie pas que les bonnes pensées soient mauvaises ; cela signifie que l’esprit est devenu si profondément calme qu’il n’a plus besoin de réfléchir aux choses.
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