La controverse sur l’attention : toutes choses sont-elles des fondements de l’attention ?
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Ajjuṇho bhante āgametha
Mahānāma le Sakya invite le Saṅgha à lui demander des remèdes pendant quatre mois, puis quatre mois de plus, puis pour la vie. La plupart des moines demandent très peu. Mais le groupe des six, qu’il a réprimandé pour sa tenue négligée, lui garde rancune et exige du ghee sur-le-champ, refusant d’attendre même le seul jour qu’il demande. De là naît la règle sur les limites de l’acceptation d’une invitation pour les requisits.
Dans le Vinaya Piṭaka, Mahāvibhaṅga partie 2, section Pācittiya, chapitre Acelaka, la règle 7 raconte que, pendant que le Bouddha séjournait au monastère de Nigrodha près de Kapilavatthu, Mahānāma le Sakya avait des remèdes en abondance et demanda à inviter le Saṅgha à lui demander des remèdes pendant quatre mois. Les moines, par scrupule, n’osèrent pas accepter ; le Bouddha l’autorisa donc. Les moines ne demandèrent que peu de chose, si bien que ses remèdes restèrent aussi abondants qu’auparavant. Il demanda alors à prolonger l’invitation de quatre mois encore, puis une troisième fois pour la vie, et le Bouddha autorisa l’une et l’autre.
Plus tard, le groupe des six moines était vêtu de façon négligée, et Mahānāma les réprimanda : un renonçant ne devrait-il pas être correctement vêtu et avoir de bonnes manières ? Le groupe des six lui garda rancune, complota pour l’embarrasser, et alla lui demander une mesure de ghee. Il leur demanda d’attendre jusqu’à la fin de la journée, car des gens étaient allés chercher du ghee à l’enclos du bétail et ils le recevraient à temps. Le groupe des six refusa d’attendre et se plaignit qu’il les avait invités mais ne voulait pas donner.
Le Bouddha les réprimanda et établit qu’un moine qui n’est pas malade peut accepter une invitation pour les requisits pendant quatre mois, sauf s’il s’agit d’une invitation renouvelée ou d’une invitation permanente ; s’il accepte au-delà, c’est un pācittiya. C’est une règle pour les moines, mais le tableau d’un donateur généreux, de bénéficiaires qui savent se modérer et de bénéficiaires qui font d’une invitation un instrument de vengeance vaut pour tout le monde.
Mahānāma avait des remèdes en abondance et demanda à inviter le Saṅgha à lui en demander pendant quatre mois, puis quatre mois de plus, puis une troisième fois pour la vie. Chaque fois, les moines, par scrupule, n’osèrent pas accepter jusqu’à ce que le Bouddha l’autorise, y compris pour l’invitation renouvelée et l’invitation permanente.
Quand vous avez des choses en trop, dites clairement à ceux qui sont dans le besoin pendant combien de temps ils peuvent vous les demander. Cela ouvre la voie aux personnes timides, pour qu’elles demandent quand elles en ont vraiment besoin.
Même avec l’invitation, les moines ne demandèrent que peu de remèdes, si bien que les réserves de Mahānāma restèrent aussi abondantes qu’auparavant. C’est la modération des bénéficiaires qui donna au donateur l’envie de prolonger l’invitation.
Quand on vous offre des avantages ou une aide dont vous pourriez user sans limite, n’utilisez que ce dont vous avez besoin. Un système généreux dure parce que ses usagers savent se modérer.
Le groupe des six était vêtu de façon négligée, et Mahānāma leur demanda pourquoi ils étaient si mal vêtus : un renonçant ne devrait-il pas être correctement vêtu et avoir de bonnes manières ? C’était une réprimande conforme aux propres critères des renonçants, non une moquerie.
Quand quelqu’un nous fait remarquer une chose qui correspond aux critères que nous proclamons nous-mêmes, prenons-la comme un miroir plutôt que de demander de quel droit il le dit.
Le groupe des six garda rancune à Mahānāma et discuta de la manière de l’embarrasser. Ils se rappelèrent qu’il avait invité le Saṅgha à lui demander des remèdes, et allèrent donc lui demander une mesure de ghee. Une demande d’apparence ordinaire cachait du ressentiment.
Avant de demander quelque chose à une personne qui vous a un jour déplu, vérifiez d’abord votre propre motivation. Si le vrai but est de lui compliquer la vie, la demande n’est qu’une forme polie de vengeance.
Mahānāma leur demanda d’attendre jusqu’à la fin de la journée, car des gens étaient allés chercher du ghee à l’enclos du bétail et ils le recevraient à temps. Le groupe des six demanda par trois fois, puis se plaignit : à quoi bon quelqu’un qui invite mais ne veut pas donner ? Mahānāma protesta que, lorsqu’on leur demandait d’attendre, ils refusaient d’attendre, et des moines de peu de désirs les critiquèrent eux aussi.
Quand quelqu’un qui vous a aidé demande du temps pour se préparer, ne le pressez pas au point de lui donner l’air d’avoir manqué à sa promesse. Un peu d’attente préserve bien mieux la bienveillance que d’obtenir quelque chose un jour plus tôt.
La règle dit qu’un moine qui n’est pas malade peut accepter une invitation pour les requisits pendant quatre mois, sauf s’il s’agit d’une invitation renouvelée ou d’une invitation permanente ; accepter au-delà est un pācittiya. L’analyse explique que, lorsque quelqu’un renouvelle l’invitation ou la rend permanente, il doit l’accepter en pensant : quand je serai malade, alors je demanderai.
Les droits prévus pour les moments de besoin, comme les congés maladie ou un fonds d’urgence, doivent être utilisés quand on en a vraiment besoin, et non épuisés simplement parce qu’on y a droit.
L’analyse explique qu’une invitation peut être limitée par le type de remède, par la durée, par les deux, ou par aucun des deux. Demander un remède autre que ceux qui ont été offerts, ou en dehors de la période offerte, est une faute. Mais il n’y a pas de faute s’il dit franchement : vous nous avez invités pour ces remèdes, mais nous avons besoin de celui-ci ; ou : la période que vous avez offerte est passée, mais nous avons encore besoin de remèdes. Il n’y a pas non plus de faute à demander à des parents, à demander pour un autre moine, ou à payer avec ses propres fonds.
Si ce dont vous avez besoin diffère de ce qui a été offert, dites-le franchement à la personne et laissez-la décider. Ne prenez pas sur vous d’étendre l’invitation.
Dans cette histoire, la même invitation est utilisée de deux manières. La plupart des moines ne demandaient que ce qui était juste, de sorte que le donateur avait encore beaucoup et voulait continuer à donner. Les rancuniers se servirent de l’invitation pour faire pression sur lui, en demandant à un moment où il ne pouvait pas se préparer, puis en lui reprochant d’avoir manqué à sa parole.
Dans la vie quotidienne, quand quelqu’un nous dit que nous pouvons lui demander n’importe quoi, nous devrions nous demander, avant de demander, si nous en avons besoin ou si nous voulons lui compliquer la vie. Et quand il demande du temps, attendre un seul jour ne nous coûte rien.
L’histoire avertit aussi ceux que l’on critique. La réprimande de Mahānāma était directe et raisonnable. Garder rancune et chercher à se venger a fait paraître ceux qui avaient été réprimandés sous un jour encore plus mauvais.
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