Dhammasaṅgaṇī : garder les portes des sens et la modération dans la nourriture
Indriyesu guttadvāratā ca bhojane mattaññutā caLe Dhammasaṅgaṇī définit les sens non gardés comme le fait de voir, d’entendre ou de percevoir, puis de saisir…
Parissāvanaṃ yāciyamāno na dassasi
Un moine rancunier refusa de prêter son filtre à eau à son compagnon de route, et ce compagnon mourut. Le Bouddha établit que celui à qui on le demande doit le donner. Le même passage contient des règles sur le soin des cadres à coudre, un sac pour les sandales, ainsi que l’allée de marche et l’étuve que Jīvaka demanda pour la santé des moines.
Le Khuddakavatthu Khandhaka du Cullavagga, dans le Vinaya Piṭaka, traite de nombreux objets requis par les moines : les outils de couture, le cadre servant à tendre l’étoffe des robes, les sacs pour transporter les affaires, et le filtre à eau employé pour filtrer l’eau avant de la boire en voyage.
L’histoire la plus grave est celle de deux moines voyageant au Kosala. L’un se conduisait de façon inconvenante ; l’autre l’avertit de ne pas le faire. Celui qui avait été averti en garda rancune, et quand son compagnon, assoiffé, le supplia de lui prêter le filtre à eau, il refusa, et son compagnon mourut de soif. Le Bouddha le réprimanda et établit qu’un moine en voyage à qui l’on demande un filtre à eau doit le donner.
Le même passage raconte comment le médecin Jīvaka Komārabhacca vit que les moines de Vesālī, après avoir mangé une nourriture riche, avaient le corps gonflé et beaucoup de maladies, et demanda au Bouddha d’autoriser une allée de marche et une étuve. Le Bouddha les autorisa, puis autorisa, à mesure que chaque problème survenait, à niveler l’allée de marche, à la surélever contre les inondations, à y ajouter des marches, des rampes et une clôture.
Un moine qui avait été averti par son compagnon en garda rancune et refusa de lui prêter le filtre à eau, et son compagnon mourut de soif. Le Bouddha le réprimanda — comment pouvait-il ne pas donner le filtre quand on le lui demandait ? — et établit qu’un moine en voyage à qui l’on demande un filtre à eau doit le donner.
Si vous êtes en colère contre quelqu’un et qu’il vous demande de l’aide pour quelque chose d’essentiel, comme un médicament, de l’eau ou un trajet chez le médecin, aidez d’abord et parlez du désaccord plus tard.
Le Bouddha interdit de partir pour un long voyage sans filtre à eau. S’il n’y a ni filtre ni cruche filtrante, un coin de la robe de dessus doit être désigné pour filtrer l’eau à boire. Filtrer l’eau se rattache au soin de ne pas boire une eau contenant de petits êtres vivants.
Avant un long voyage, vérifiez l’essentiel, comme l’eau, les médicaments et les piles, et s’il manque quelque chose, réfléchissez à la façon de vous débrouiller avec ce que vous avez.
Le groupe des six utilisait des manches de couteau et des dés à coudre en or et en argent. Le Bouddha les interdit et autorisa à la place ceux en os, en ivoire, en corne, en roseau, en bambou, en bois, en laque, en métal et en coquillage.
Choisissez des outils solides et fonctionnels plutôt que le modèle le plus luxueux, et gardez la différence pour quelque chose de plus important.
Des moines marchaient sur le cadre à coudre avec des pieds non lavés, des pieds mouillés ou des sandales, et le cadre s’abîmait. Le Bouddha interdit les trois.
Ôtez vos chaussures ou essuyez-vous les pieds avant de marcher sur des nattes, des tapis ou des endroits où d’autres s’assoient.
Des moines, leur couture finie, laissaient le cadre traîner, et les rats et les termites le rongeaient. Le Bouddha autorisa à l’enrouler, avec un bâton et une corde pour l’attacher. Quand on l’appuyait contre les murs ou les poteaux et qu’il tombait et se cassait, il autorisa à le suspendre à une cheville murale ou à un crochet en défense d’éléphant.
Pour les choses partagées à la maison ou au bureau, fixez un endroit clair où les ranger et remettez-les-y après usage.
Un moine partit en tournée d’aumônes avec ses sandales attachées à sa ceinture. Un disciple laïc se prosterna devant lui et se cogna la tête contre les sandales, et le moine en fut gêné. Le Bouddha autorisa donc un sac à sandales avec une bandoulière.
Remarquez si ce que vous portez ou laissez traîner risque de mettre d’autres personnes mal à l’aise ou de leur faire perdre la face sans que vous le vouliez, et réorganisez les choses en conséquence.
Jīvaka vit que les moines de Vesālī avaient beaucoup de maladies après avoir mangé une nourriture riche, et demanda au Bouddha d’autoriser une allée de marche et une étuve, en pensant que les moines auraient alors moins de maladies. Le Bouddha enseigna le Dhamma à Jīvaka et autorisa ce qu’il demandait.
Si votre travail vous oblige à rester assis longtemps, levez-vous et marchez à intervalles, et suivez les conseils médicaux sur l’alimentation et l’exercice.
Quand des moines marchaient sur une allée inégale et se blessaient les pieds, il autorisa à la niveler ; quand elle était inondée, à la surélever ; quand la montée était difficile, des marches ; quand ils tombaient, des rampes ; et quand des moines tombaient de l’allée de marche, une clôture tout autour.
Quand quelqu’un trébuche ou glisse à la maison, ne blâmez pas seulement sa maladresse ; regardez où il faudrait ajouter une rampe, de l’éclairage ou un tapis antidérapant.
L’histoire du filtre à eau avertit qu’une petite rancune gardée au cœur peut nous faire refuser une aide qui ne coûte rien, au moment précis où l’autre en a le plus besoin. Un différend sur une chose ne devrait jamais déborder sur des questions de vie ou de mort ou sur les besoins humains élémentaires.
Les histoires du cadre à coudre, du sac à sandales et de l’allée de marche sont des exemples de soin apporté aux choses communes : les ranger après usage, ne pas marcher dessus avec des pieds sales, et rendre les lieux plus sûrs quand un problème apparaît.
L’histoire de Jīvaka montre aussi que bouger son corps fait partie du soin de la santé, même dans une vie consacrée à la méditation.
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