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Sovacassatā ca kalyāṇamittatā ca
La section du résumé (Nikkhepa) définit les paires de style sutta : ce qu’est être difficile à reprendre, ce qu’est la mauvaise amitié, et leurs contraires : être facile à reprendre, la bonne amitié, la droiture, la douceur, la patience, la retenue, la parole aimable et l’hospitalité.
Dans le Dhammasaṅgaṇī, premier livre de l’Abhidhamma Piṭaka, la matrice (mātikā) se termine par quarante-deux paires appelées matrice des Suttanta, des paires de qualités familières des discours. Vers la fin de la section du résumé (Nikkhepa), le texte revient expliquer ces paires une à une par la question « Qu’est-ce que… ? », en répondant par une liste de synonymes qui montre l’étendue de chaque terme.
Cette page rassemble les paires qui concernent le fait d’écouter les remontrances et le choix des compagnons : être difficile à reprendre et la mauvaise amitié, être facile à reprendre et la bonne amitié. Elle couvre aussi les paires qui concernent la conduite envers autrui : la droiture et la douceur, la patience et la retenue, la parole aimable et l’hospitalité.
Les définitions sont de courtes listes de termes, sans histoire qui les accompagne. Les exemples de cette page sont des applications, et ne sont pas tirés du texte lui-même.
Quand on est repris à juste titre, prendre le parti contraire, se complaire dans l’opposition, manquer d’égards, manquer de respect et ne pas écouter : voilà ce qu’on appelle être difficile à reprendre (dovacassatā). Les mots « à juste titre » comptent : la remontrance porte sur quelque chose de correct.
Quand quelqu’un vous signale une erreur, remarquez si les premiers mots que vous voulez dire sont « Mais… ». Essayez plutôt « Merci, laissez-moi y réfléchir ».
Il y a des personnes sans foi, sans vertu, de peu de savoir, avares et de faible sagesse. Les fréquenter, leur tenir compagnie, leur être dévoué, et pencher vers elles de corps et d’esprit : voilà ce qu’on appelle la mauvaise amitié (pāpamittatā).
Vous n’avez pas à couper les ponts avec qui que ce soit du jour au lendemain, mais remarquez vers quoi vous penchez quand vous êtes avec telle personne. Si vous penchez dans une mauvaise direction, passez moins de temps ensemble.
Le contraire : quand on est repris à juste titre, ne pas prendre le parti contraire, ne pas se complaire dans l’opposition, avoir des égards, à la fois respecter et écouter. Être facile à reprendre ne veut pas dire ici céder sur tout, mais être ouvert à une remontrance juste.
Faites en sorte que les personnes autour de vous puissent vous mettre en garde sans crainte, par exemple en disant franchement à un collègue : « Si vous voyez quelque chose que je devrais corriger, dites-le-moi », puis en écoutant vraiment quand il le fait.
Il y a des personnes dotées de foi, de vertu, d’un grand savoir, de générosité et de sagesse. Les fréquenter, leur tenir compagnie, leur être dévoué, et pencher vers elles de corps et d’esprit : voilà ce qu’on appelle la bonne amitié (kalyāṇamittatā).
Servez-vous de ces cinq qualités comme guide pour choisir vos amis, vos enseignants ou les communautés en ligne que vous suivez, plutôt que de regarder seulement qui est amusant ou célèbre.
La droiture (ājjava) est la rectitude, le fait de n’être ni tortueux, ni courbé, ni retors. La douceur (maddava) est la souplesse, la tendresse, le fait de n’être ni dur ni rigide, et l’humilité d’esprit.
Quand vous devez dire quelque chose de malvenu, soyez droit sur le fond et doux dans le ton : ne tournez pas autour du pot, mais ne soyez ni sarcastique ni insistant.
La patience (khanti) est la tolérance, l’endurance, le fait de ne pas être violent, de ne pas avoir la parole dure, et la joie de l’esprit. La retenue (soracca) est le fait de ne pas transgresser par le corps ni par la parole. Le texte dit que toute retenue par la vertu compte comme soracca.
Quand vous êtes en colère, la patience ne signifie pas tout garder pour vous jusqu’à exploser. Fixez-vous un petit objectif : au moins pas de paroles dures et rien qui porte atteinte à quiconque.
La parole aimable (sākhalya) consiste à abandonner les paroles rudes, blessantes pour autrui, qui provoquent la colère et ne favorisent pas la concentration, et à dire des paroles irréprochables, agréables à l’oreille, qui touchent le cœur et que beaucoup aiment. L’hospitalité (paṭisanthāra) est de deux sortes : accueillir par des biens matériels et accueillir par le Dhamma.
Quand quelqu’un vous rend visite, accueillez-le des deux façons : un verre d’eau ou un siège confortable, et de l’attention, des conseils ou des paroles qui l’apaisent.
Les deux premières paires sont placées ensemble à dessein. Les personnes difficiles à reprendre finissent souvent entourées d’amis qui ne les mettent jamais en garde, tandis que celles qui sont faciles à reprendre attirent souvent de bons amis, car les gens de bien ont envie de conseiller quelqu’un qui écoute.
La définition du bon ami ne regarde ni le statut ni l’amusement, mais cinq qualités : la foi, la vertu, le savoir, la générosité et la sagesse. C’est un guide simple pour choisir avec qui passer du temps.
Les autres paires sont des manières de tous les jours. Être droit ne veut pas forcément dire être dur, et être doux ne veut pas forcément dire être tortueux ; c’est pourquoi les deux sont associés.
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