Le Pāṭaligāmiya Sutta : les dangers de l’immoralité et les bienfaits de la vertu
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Dassanattikaṃ
La triade de l’abandon par la vision répartit les états entre ceux qui sont abandonnés par la vision, ceux qui sont abandonnés par le développement, et ceux qui ne sont pas à abandonner. Le chapitre de l’investigation montre que les deux sortes de souillures peuvent naître du même objet, qu’un jhāna perdu apporte du chagrin, et que le désir pour ses propres biens soutient le désir pour ce qui appartient aux autres.
Dans le Paṭṭhāna de l’Abhidhamma Piṭaka, volume 41, la triade de l’abandon par la vision (dassana-tika) classe les états en trois groupes : les états à abandonner par la vision (dassanena pahātabba), les états à abandonner par le développement (bhāvanāya pahātabba), et les états à abandonner ni par la vision ni par le développement. Selon le commentaire, la vision désigne ici le chemin de l’entrée dans le courant, la première vue du Nibbāna, tandis que le développement désigne les trois chemins supérieurs.
Dans les exemples du chapitre de l’investigation, le groupe abandonné par la vision comprend la vue, le doute, et la passion, la haine, l’illusion et le chagrin qui les accompagnent. Le groupe abandonné par le développement comprend la passion, la haine, l’illusion, l’orgueil, l’agitation et le chagrin restants. Pour le troisième groupe, le texte donne des exemples comme le don, la vertu, l’observance de l’uposatha, le jhāna, le chemin, le Nibbāna et des bases sensorielles comme l’œil, qui ne sont pas des choses à abandonner.
Cette page vise surtout la compréhension d’ensemble. Ce qui est utile en pratique, c’est de voir que la souillure a des couches : certaines s’en vont avec une seule vision claire, d’autres demandent un long entraînement ultérieur. Les exemples modernes ne sont que des illustrations ; ils ne viennent pas du texte.
Le texte fait passer les relations de ces trois groupes par les conditions une à une. Le troisième groupe couvre ce qui n’est pas souillure, comme le don, la vertu, le jhāna, le chemin, le Nibbāna et les bases sensorielles, qui peuvent être l’objet aussi bien de la contemplation selon les trois caractéristiques que du plaisir complaisant. Ce point est donné pour la compréhension d’ensemble.
Quand vous vous entraînez à lâcher la souillure, vous n’avez pas à rejeter le bien ni le corps. Ce qu’il faut lâcher, c’est l’attitude qui saisit, non la chose elle-même.
Le texte donne deux versions du fait de donner, d’observer les préceptes et d’observer l’uposatha, puis de s’en réjouir. Dans l’une, avec cet acte sain pour objet, apparaissent la passion, la vue, le doute et le chagrin à abandonner par la vision. Dans l’autre, apparaissent la passion, l’agitation et le chagrin à abandonner par le développement. Le même objet peut faire naître les deux couches, et la seconde couche demeure même après la disparition de la première.
Après avoir fait quelque chose de bien, si vous remarquez que la fierté monte, ne vous alarmez pas et n’en concluez pas que le bien n’était pas réel. Reconnaissez-la simplement et posez-la.
Le texte dit qu’une personne qui émerge du jhāna et s’y complaît peut voir apparaître la passion, la vue et le doute, et que, lorsque le jhāna est perdu, le chagrin apparaît chez celui qui en éprouve du regret. Un calme une fois atteint peut être un objet pour la souillure aussi bien tant qu’il dure qu’après sa disparition.
Si la méditation d’aujourd’hui n’est pas aussi calme que celle d’hier, voyez que le regret lui-même est ce qui se passe maintenant, et recommencez avec la respiration qui est là devant vous.
Sous la prédominance par l’objet, le texte dit qu’une personne fait de la passion ou de la vue un objet de poids, s’y complaît et la savoure, et que, parce qu’elle lui donne du poids, la passion et la vue apparaissent de nouveau. Une vue que nous aimons continue de se nourrir elle-même.
Remarquez la satisfaction que vous éprouvez en lisant quelque chose qui confirme ce que vous pensez déjà. Cette satisfaction est le signe que vous donnez plus de poids à la vue qu’à la vérité.
Sous les états abandonnés par le développement comme condition pour les états abandonnés par la vision, le texte dit que le désir et la passion pour ses propres biens sont une condition pour le désir et la passion envers les biens d’autrui, et que le désir et la passion pour ce que l’on tient pour sien sont une condition pour le désir et la passion envers ce que les autres tiennent pour le leur, par soutien puissant. Un attachement subtil peut soutenir un désir avide grossier.
Quand vous commencez à comparer vos affaires à celles de quelqu’un d’autre, regardez d’abord votre propre possessivité. Desserrer votre prise sur ce que vous avez déjà diminue aussi l’envie de ce que les autres ont.
Le texte montre les deux côtés. D’un côté, en s’appuyant sur la passion, la haine, l’illusion, la vue ou le désir ardent à abandonner par la vision, une personne tue et vole. De l’autre, en s’appuyant sur ces mêmes choses, une personne donne, observe les préceptes et observe l’uposatha. De bonnes actions peuvent avoir des soutiens impurs mêlés à elles, et pourtant l’acte lui-même reste sain.
Si vous vous rendez compte que vous faites le bien parce que vous voulez des éloges, ne vous arrêtez pas. Continuez, et entraînez peu à peu votre motivation à devenir plus pure.
Diviser la souillure en deux couches aide à éviter les attentes erronées. Un moment de compréhension plus claire peut réellement ôter une part de vue fausse, mais l’attachement, l’agitation et l’orgueil plus subtils demandent encore de l’entraînement. Voir qu’ils demeurent ne signifie pas qu’il n’y a eu aucun progrès.
L’exemple du désir pour ses propres biens est le plus proche de nous. Être possessif envers ce qui est à nous semble inoffensif, mais le texte dit que cela peut soutenir le désir de ce qui appartient aux autres. Surveiller les petites possessivités est une manière de se garder d’une avidité plus grande.
Le point sur le jhāna perdu s’applique à la pratique à tous les niveaux. Perdre un calme que l’on avait atteint est normal ; c’est le chagrin qui s’ensuit que le texte compte comme souillure.
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