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Micchattattikaṃ
La triade de la fausseté répartit les états en trois : faux et fixés, justes et fixés, et non fixés. Le chapitre de l’investigation montre que la passion et la haine ordinaires peuvent être le soutien puissant des actes les plus graves, et que la vue fausse ordinaire se transmet à la vue fausse fixée ; tandis que le côté juste et fixé est le chemin, qui commence par une préparation qui n’est pas encore fixée.
Dans le Paṭṭhāna de l’Abhidhamma Piṭaka, volume 41, la triade de la fausseté (micchatta-tika) classe les états en trois groupes : les états faux et fixés quant à leur aboutissement (micchatta-niyata), les états justes et fixés (sammatta-niyata), et les états non fixés (aniyata). Les exemples du chapitre de l’investigation montrent que le premier groupe comprend les cinq actes les plus graves — tuer sa mère, tuer son père, tuer un arahant, blesser le Tathāgata au point de faire couler son sang, et diviser le Saṅgha — ainsi que la vue fausse fixée. Le deuxième groupe est le chemin. Presque toutes les pensées et actions de la vie quotidienne ne sont pas fixées.
Selon le commentaire, fixé signifie fixé quant à son résultat : ces actes graves donnent à coup sûr leur résultat dans l’existence suivante, et le chemin donne son résultat, l’esprit du fruit, immédiatement, sans rien entre les deux. Le commentaire explique aussi la vue fausse fixée comme la sorte de vue fausse qui nie la cause et l’effet dans l’action. Ces détails viennent du commentaire, non du Paṭṭhāna lui-même.
Cette page ne mentionne les actes graves que dans la mesure où le texte les nomme, sans décrire ces actes. Ce qui est intéressant, c’est que le texte montre comment des choses ordinaires dans l’esprit peuvent soutenir l’arrivée à un point fixé, du côté faux comme du côté juste. Les exemples modernes ne sont que des illustrations.
Le texte fait passer ces trois groupes par les conditions une à une. Ses exemples montrent que le groupe faux et fixé comprend les cinq actes les plus graves et la vue fausse fixée, que le groupe juste et fixé est le chemin, et que tout le reste — y compris le don, la vertu, le jhāna, le fruit, le Nibbāna et la matière — appartient au groupe non fixé. Ce point est donné pour la compréhension d’ensemble.
Quand vous pensez que vous-même ou quelqu’un d’autre êtes « ce genre de personne » pour toujours, rappelez-vous que, dans le texte, très peu de choses sont fixées. Presque tout dans la vie appartient encore au groupe qui peut changer.
Sous la condition de soutien puissant, le texte dit qu’une personne, s’appuyant sur une passion non fixée, s’appuyant sur la haine, le désir ardent, le plaisir corporel, voire un logement, commet ces actes graves. Tous ces soutiens appartiennent au groupe non fixé, mais ce qui s’ensuit appartient au groupe fixé.
Une colère sur laquelle on n’a pas encore agi peut toujours être prise en main. Quand vous remarquez une forte colère, éloignez-vous de la situation avant de dire ou de faire quoi que ce soit.
Le texte dit que la vue fausse non fixée est une condition pour la vue fausse fixée, par proximité et par répétition ; le chagrin non fixé est de même une condition pour le chagrin fixé. La vue fausse ne se rigidifie pas d’un coup ; elle durcit à partir d’instants antérieurs de même nature.
Les convictions fermement ancrées commencent en général comme des pensées qui pouvaient encore changer. Demandez-vous de temps en temps : si je me trompe, quelle preuve me ferait changer d’avis ? Si vous ne pouvez pas répondre du tout, c’est que vous avez commencé à vous y accrocher trop fort.
Le texte dit que quelqu’un qui a commis un acte grave donne, observe les préceptes et observe l’uposatha afin de contrebalancer cet acte. En ce sens, un acte grave peut être un soutien pour de bonnes actions. Mais le texte énonce seulement comment ils se conditionnent l’un l’autre ; il ne dit pas que le bien fait ensuite annule l’acte antérieur.
La culpabilité peut réellement nous pousser à faire le bien, mais le bien fait après coup est quelque chose de nouveau, non une gomme. Ce qui doit l’accompagner, c’est de reconnaître la faute et de réparer autant que possible auprès de ceux qui en ont été affectés.
Du côté juste et fixé, le texte dit que le chemin est une condition pour le fruit par proximité, que le Nibbāna est une condition pour le chemin par l’objet, et que les êtres nobles, émergeant du chemin, passent en revue le chemin. La fixité, de ce côté, est la certitude de la délivrance de la souillure, non celle d’un châtiment.
Quand vous parlez de l’action et de son résultat, ne laissez pas le tableau se réduire au côté sombre. Le texte place toujours la bonne sorte de fixité à ses côtés.
Sous les états non fixés comme condition pour les états justes et fixés, le texte dit que le travail préliminaire du premier chemin est une condition pour le premier chemin, jusqu’au travail préliminaire du quatrième chemin comme condition pour le quatrième chemin. Et au sein même du groupe non fixé, une personne qui s’appuie sur la foi, la vertu, le savoir, la générosité et la sagesse accomplit diverses bonnes actions. Toute cette préparation n’est pas encore fixée, et pourtant elle soutient ce qui est fixé.
Ce que vous faites chaque jour — observer les cinq préceptes, écouter le Dhamma, rester assis en silence un court moment — peut sembler ne rien fixer, mais c’est la préparation que le texte lui-même nomme comme soutien du chemin.
La principale leçon de cette triade est que ce qui ne peut être défait ne commence pas comme quelque chose qui ne peut être défait. L’avidité, la colère et la vue fausse sous leur forme ordinaire peuvent encore changer ; mais si on les laisse revenir et prendre de la force, elles soutiennent des actions irréversibles.
Le côté juste fonctionne de la même manière. Le chemin, qui est la bonne sorte de fixité, commence par une préparation qui n’est pas encore fixée : la foi, la vertu, le savoir, la générosité et la sagesse dans la vie ordinaire. Chaque jour de pratique compte, même quand aucun résultat n’est encore visible.
Un point de plus à retenir : le texte montre que quelqu’un qui a commis un acte grave peut donner et observer les préceptes pour le contrebalancer, mais il ne dit pas que le bien fait ensuite efface l’acte antérieur. La responsabilité de ce qui a été fait demeure.
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