Le discours avec Gopaka Moggallāna : pas de successeur, mais le Dhamma pour refuge
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Nīvaraṇadukaṃ
La dyade des obstacles divise les états entre ceux qui sont des obstacles et ceux qui n’en sont pas. Les exemples du texte montrent que les obstacles ne viennent pas seuls : le désir sensuel vient avec la torpeur et la somnolence, l’agitation et l’ignorance ; le remords vient avec la malveillance ; et même le plaisir pris à vos propres bonnes actions peut devenir l’objet d’où naissent les obstacles.
Dans le Paṭṭhāna de l’Abhidhamma Piṭaka, volume 42, se trouve une dyade appelée dyade des obstacles (nīvaraṇa-duka). Elle divise tous les états en deux côtés : les états qui sont des obstacles (nīvaraṇa, des barrières qui empêchent l’esprit de progresser dans le bien) et ceux qui n’en sont pas, puis fait passer les deux côtés par les conditions une à une. Les obstacles nommés dans cette dyade sont le désir sensuel, la malveillance, la torpeur et la somnolence, l’agitation, le remords, le doute et l’ignorance. Cela diffère des cinq obstacles familiers des suttas en ce que l’ignorance y est ajoutée et que l’agitation et le remords sont énumérés séparément.
Dans le chapitre de la dépendance, le texte énumère quel obstacle apparaît en dépendance de quel autre : par exemple, les obstacles de la torpeur et de la somnolence, de l’agitation et de l’ignorance apparaissent en dépendance de l’obstacle du désir sensuel. Dans le chapitre de l’investigation, il donne l’exemple de quelqu’un qui donne, observe les préceptes ou observe l’uposatha, passe cet acte en revue, se complaît dans cet acte sain et le savoure, après quoi apparaissent la vue ou le chagrin.
Cette page ne retient que les exemples que le texte énonce clairement et n’entre pas dans le décompte des cas.
Le chapitre de la dépendance de cette dyade s’ouvre sur l’énoncé selon lequel un état qui est un obstacle apparaît en dépendance d’un état qui est un obstacle, en raison de la condition de racine, et se poursuit avec d’autres cas : les agrégats associés et la matière produite par l’esprit apparaissent en dépendance des obstacles, et les obstacles apparaissent en dépendance d’agrégats qui ne sont pas des obstacles. Ainsi, les obstacles se soutiennent mutuellement, soutiennent d’autres états dans le même esprit, et dépendent eux-mêmes d’états qui ne sont pas des obstacles. Ce point sert à la compréhension d’ensemble.
Quand votre esprit se sent bloqué, demandez-vous combien de barrières sont présentes à la fois, au lieu de chercher une cause unique.
Le texte dit que les obstacles de la torpeur et de la somnolence, de l’agitation et de l’ignorance apparaissent en dépendance de l’obstacle du désir sensuel, et, dans un autre groupe, que l’agitation et l’ignorance apparaissent en dépendance du désir sensuel. Le désir des plaisirs des sens ne vient pas seul ; la lourdeur, l’agitation et une connaissance confuse peuvent apparaître avec lui.
Remarquez, quand vous avez fait défiler longtemps une application d’achats ou de courtes vidéos, que l’esprit est à la fois désirant, embrumé et dispersé. Reconnaître ce groupe rend plus facile de poser le téléphone.
Les groupes qui dépendent de l’obstacle de la malveillance prennent plusieurs formes. Certains comprennent la torpeur et la somnolence, l’agitation et l’ignorance ; d’autres y ajoutent le remords. Dans cette liste du chapitre de la dépendance, l’obstacle du remords n’apparaît que dans les groupes qui dépendent de la malveillance, jamais dans ceux qui dépendent du désir sensuel.
Quand vous continuez à vous sentir coupable ou mal à l’aise au sujet de quelque chose que vous avez fait, vérifiez si du ressentiment envers vous-même ou envers quelqu’un d’autre ne s’y cache pas. Voir ce ressentiment apaise souvent le remords.
Le texte dit que l’obstacle de l’agitation apparaît en dépendance de l’obstacle du doute, et l’obstacle de l’ignorance en dépendance de l’obstacle de l’agitation. Dans la section sur l’apparition non en raison de la condition de racine, il dit aussi que l’obstacle de l’ignorance apparaît en dépendance des obstacles du doute et de l’agitation. L’hésitation et l’agitation ont donc toujours une connaissance confuse à leurs côtés.
Quand vous ne cessez d’aller et venir entre deux options, demandez-vous ce que vous ne savez pas encore réellement, puis allez chercher cette information ou demandez à quelqu’un qui sait, au lieu de continuer à réfléchir dans l’obscurité.
Sous la condition d’objet, le texte dit qu’une personne donne, observe les préceptes ou observe l’uposatha, passe en revue cet acte sain, s’y complaît et le savoure, et qu’à cause de ce plaisir apparaissent la vue ou le chagrin. Il dit aussi que lorsqu’on se complaît dans l’œil ou dans d’autres agrégats qui ne sont pas des obstacles, la passion, la vue, le doute, l’agitation ou le chagrin peuvent apparaître.
Après avoir fait quelque chose de bien, rappelez-le-vous avec une brève joie et laissez-le là. Si vous commencez à penser que vous valez mieux que les autres, ou à en vouloir aux autres de ne pas faire comme vous, sachez qu’un obstacle est entré.
Sous la condition de proximité, le texte dit que les obstacles antérieurs conditionnent les obstacles ultérieurs. Sous la condition de soutien puissant naturel, les obstacles sont aussi un soutien pour les obstacles. Un obstacle qu’on laisse se poursuivre ouvre la voie à l’obstacle de l’instant suivant, et ce qui s’accumule devient un soutien pour les jours suivants.
Rompez le cycle tôt. Quand vous remarquez qu’une irritation commence, levez-vous pour prendre un verre d’eau ou changez de posture au lieu de rester assis avec la même pensée.
L’image qui ressort de cette dyade est que les obstacles viennent en groupes. Quand vous désirez fortement quelque chose, la somnolence, l’agitation et une connaissance confuse peuvent venir avec. Quand vous êtes irrité, le remords au sujet de ce que vous avez fait suit souvent. Savoir lesquels vont ensemble vous aide à voir plus tôt le point de départ.
Un autre point à retenir est que les bonnes actions déjà accomplies ne protègent pas l’esprit automatiquement. Si le fait de se les rappeler mène à la complaisance, puis à une vue fausse ou au ressentiment, cette bonne action est devenue un objet pour les obstacles. Ce qui aide, c’est de se rappeler ses bonnes actions avec une joie modérée, puis de les déposer.
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