La therī Ambapālī : la parole de celui qui dit vrai ne change pas
Entraîner l’esprit

La therī Ambapālī : la parole de celui qui dit vrai ne change pas

Ambapālītherīgāthā

Autrefois beauté célèbre de Vesālī, elle regarde son corps vieilli — cheveux, yeux, dents, voix, jusqu’aux mains et aux pieds —, le compare à sa jeunesse, et termine chaque stance ainsi : la parole du Bouddha, celui qui dit vrai, ne change pas.

6 points

Dans les stances de la therī Ambapālī, au Livre des Vingt (Vīsatinipāta) de la Therīgāthā, Khuddaka Nikāya, la moniale Ambapālī contemple son corps partie par partie : cheveux, chignon, sourcils, yeux, nez, oreilles, dents, voix, cou, bras, mains, seins, peau, cuisses, tibias et pieds. Chaque stance dit combien cette partie était belle autrefois et comment elle a changé avec la vieillesse, et chacune se clôt sur la même ligne : la parole du Bouddha, celui qui dit vrai, est vraie et ne change pas.

La dernière stance conclut que ce corps est une demeure de beaucoup de souffrance, comme une vieille maison dont le plâtre tombe.

Dans le Mahāparinibbāna Sutta du Dīgha Nikāya, Ambapālī offre un repas et donne son bosquet de manguiers au Saṅgha. Le commentaire dit qu’elle était une courtisane (gaṇikā) renommée de Vesālī, qui entendit plus tard le Dhamma de son propre fils, le moine Vimala Koṇḍañña, quitta le foyer, et atteignit l’état d’arahant en contemplant le vieillissement de son propre corps.

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    Des cheveux jadis noirs comme l’aile d’une abeille Kāḷakā bhamaravaṇṇasādisā

    La première stance dit : mes cheveux étaient jadis noirs comme la couleur de l’aile d’une abeille, bouclés aux pointes ; mon chignon était parfumé comme embaumé de jasmin, orné de peigne et d’épingles. Maintenant ils sont comme du chanvre, sentent la fourrure de lapin, et se sont clairsemés jusqu’à la calvitie avec la vieillesse.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous voyez votre premier cheveu blanc ou vos cheveux qui s’éclaircissent, reconnaissez simplement : « C’est l’impermanence qui m’atteint », au lieu de paniquer ou de vous précipiter pour le cacher.

  2. 2

    La parole de celui qui dit vrai ne change pas Saccavādivaco anaññathā

    Chaque stance se termine par la même ligne : la parole du Bouddha, celui qui dit vrai, est vraie et ne change pas. Le changement de son corps ne la fait pas désespérer ; il devient la preuve de l’enseignement auquel elle fait confiance.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand quelque chose que vous aviez change, remplacez la question « Pourquoi moi ? » par « C’est ce que le Bouddha nous a déjà dit ».

  3. 3

    Des yeux et des dents autrefois beaux Ambapālītherīgāthā

    Autrefois ses yeux étaient d’un noir profond comme le saphir, ses sourcils fins comme dessinés par un artiste, ses dents blanches comme des boutons de jasmin. Maintenant ses yeux ont perdu leur beauté, ses sourcils tombent comme des lianes, et ses dents sont cassées et jaunies par la vieillesse.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous vous regardez dans le miroir et n’aimez pas ce que vous voyez, respirez lentement et regardez cela comme la nature. Le corps suit son propre cours ; ce n’est pas votre faute.

  4. 4

    Une voix autrefois douce Ambapālītherīgāthā

    Autrefois sa voix était douce comme celle du coucou qui chante au fond de la forêt ; maintenant chaque mot vacille avec la vieillesse. Même ce qui ne relève pas de l’apparence, comme la voix et l’aisance de la parole, change aussi.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vos parents ou des personnes âgées parlent plus lentement ou se trompent de mots, écoutez avec patience — un jour, nous serons pareils.

  5. 5

    Des mains et des pieds autrefois doux Ambapālītherīgāthā

    Autrefois ses mains étaient ornées de bagues d’or, ses chevilles de bracelets d’or, ses pieds doux comme le coton. Maintenant ses mains sont comme des tubercules, ses jambes desséchées comme des tiges de sésame, ses pieds crevassés. Les ornements qu’elle portait n’ont empêché aucune partie de changer.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Avant d’acheter un produit de beauté de plus, demandez-vous si vous en avez besoin ou si vous essayez d’arrêter une horloge qui ne peut pas être arrêtée.

  6. 6

    Le corps comme une vieille maison Jajjaro bahudukkhānamālayo

    La dernière stance conclut que ce corps s’affaisse, demeure de beaucoup de souffrance, comme une maison délabrée dont le plâtre tombe. Voir cela ne vient pas de la haine de soi, mais du fait de voir le corps tel qu’il est, jusqu’à ce que l’esprit ne s’y attache plus.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Prenez soin de votre corps comme d’une maison que vous habitez — réparez-la au besoin, mais souvenez-vous que toute maison vieillit et que vous ne la possédez pas pour toujours.

À essayer dans la vie quotidienne

Ces stances ne dénigrent pas les corps âgés et ne prétendent pas que la beauté soit honteuse. Celle qui parle est la propriétaire de ce corps, jadis comptée parmi les plus belles femmes de son temps. Elle en parle honnêtement, sans amertume, et se sert de son changement comme preuve que l’enseignement sur l’impermanence est vrai.

À une époque de photos retouchées pour paraître éternellement jeunes, ces stances nous aident à regarder nos propres rides, nos cheveux gris ou notre voix qui change avec acceptation, au lieu de lutter contre la nature jusqu’à en souffrir.

Contempler l’impermanence du corps ne signifie pas négliger sa santé. Prendre soin du corps reste juste ; simplement, ne faites pas reposer votre bonheur et votre estime de vous-même sur l’apparence. Et ces stances ne devraient jamais servir à se moquer de l’apparence de qui que ce soit.

Sources dans le Tipiṭaka

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