Les discours sur la maladie : guérir en entendant les facteurs d’Éveil
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Anuttariyasuttaṃ
Voir, entendre, obtenir, s’entraîner, servir et se remémorer existent à bien des niveaux. Le Bouddha ne nie pas les formes ordinaires, mais montre lesquelles sont insurpassables parce qu’elles mènent à la libération de la souffrance.
Dans l’Anuttariya Sutta de l’Anuttariya Vagga du Chakka Nipāta de l’Aṅguttara Nikāya, le Bouddha parle de six choses insurpassables : la vue, l’écoute, le gain, l’entraînement, le service et la remémoration insurpassables.
Pour chacune, il part de ce que font ordinairement les gens — aller voir l’éléphant-joyau ou le cheval-joyau, écouter de la musique, obtenir des enfants, une épouse ou des richesses — et dit : « Cela existe, je ne dis pas que cela n’existe pas. » Mais c’est commun et mondain, et cela ne mène ni au détachement ni au Nibbāna. Lorsque quelqu’un dont la foi est établie, l’affection établie et la confiance profonde voit le Tathāgata ou ses disciples, les écoute, acquiert la foi en eux, s’entraîne auprès d’eux, les sert ou se les remémore, c’est insurpassable : cela mène à la purification, au dépassement du chagrin, à la fin de la douleur et à la réalisation du Nibbāna.
Dans l’Āhuneyya Vagga se trouve un court Anuttariya Sutta qui se contente de nommer les six, et à la fin du Chakka Nipāta le Bouddha dit que les six choses insurpassables doivent être développées pour la connaissance directe de la passion.
Certains vont voir l’éléphant-joyau, le cheval-joyau, le joyau-gemme, toutes sortes de choses grandes et petites, ou des ascètes et des brahmanes aux vues fausses. Celui dont la foi est établie va voir le Tathāgata ou ses disciples ; cette vue surpasse toutes les autres.
Au lieu de courir après ce dont tout le monde parle en ligne, consacrez une partie de votre jour de congé à rencontrer des personnes qui vivent le Dhamma et peuvent servir d’exemple.
Certains vont écouter des tambours, des luths, des chants et toutes sortes de sons, ou l’enseignement de ceux qui ont des vues fausses. Celui dont la foi est établie va écouter le Dhamma du Tathāgata ou de ses disciples ; cette écoute surpasse toutes les autres.
Dans les transports ou pendant les tâches ménagères, remplacez de temps en temps la musique ou le divertissement par un enseignement du Dhamma.
Certains obtiennent un enfant, une épouse, des richesses grandes ou petites, ou la foi en ceux qui ont des vues fausses. Acquérir la foi dans le Tathāgata ou ses disciples est le gain qui surpasse tous les autres.
En plus de compter ce que vous avez ajouté cette année à votre compte ou à votre maison, demandez-vous si vous avez gagné en confiance envers la bonne voie.
Certains s’entraînent à l’art des éléphants, des chevaux, des chars, du tir à l’arc et de l’épée, à divers savoir-faire supérieurs ou inférieurs, ou auprès de ceux qui ont des vues fausses. S’entraîner à la vertu supérieure, à l’esprit supérieur et à la sagesse supérieure dans le Dhamma et la discipline du Tathāgata surpasse tout autre entraînement.
Continuez à acquérir des compétences professionnelles, mais réservez chaque semaine un peu de temps pour vous entraîner à la vertu, à l’esprit et à voir la vie telle qu’elle est.
Certains servent des nobles, des brahmanes, des maîtres de maison, des gens de haut et de bas rang, ou ceux qui ont des vues fausses. Servir le Tathāgata ou ses disciples surpasse tout autre service.
Consacrez votre temps et votre énergie à aider des personnes ou des organisations qui font vraiment le bien, plutôt qu’à plaire à quelqu’un simplement parce qu’il a du pouvoir ou de la célébrité.
Certains se remémorent l’obtention d’un enfant, d’une épouse ou de richesses, ou se remémorent ceux qui ont des vues fausses. Se remémorer le Tathāgata ou ses disciples surpasse toute autre remémoration et mène au dépassement du chagrin et à la fin de la douleur.
Quand votre esprit tourne autour de ce que vous avez perdu ou de ce que vous désirez, passez à la remémoration des qualités du Bouddha ou de la bonté d’un enseignant que vous respectez.
Ce discours n’interdit pas de regarder de belles choses, d’écouter de la musique ni de se réjouir de ses enfants et de ses richesses. Le Bouddha dit clairement que ces choses existent, mais il nous invite à nous demander où vont la plus grande part de notre temps et de notre attention, et où cela mène notre vie.
Aujourd’hui, l’essentiel de ce que nous « voyons et entendons » passe par des écrans. Essayez d’en consacrer une partie à écouter le Dhamma, à rencontrer des enseignants ou de bons amis, et à vous entraîner à la vertu, à la concentration et à la sagesse — ce que le discours appelle insurpassable.
Les « disciples du Tathāgata » dont parle le discours sont ceux qui pratiquent bien sur la voie du Bouddha ; aussi, pour choisir qui aller voir et écouter, regardez leur conduite et leur enseignement, et pas seulement leur célébrité ou leur robe.
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