Le discours Dantabhūmi : la comparaison du dressage de l’éléphant
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Āvāsiko bhikkhu gihiṃ anukampati
Cinq qualités par lesquelles un moine résident témoigne de la bienveillance envers les maîtres de maison : les encourager dans la vertu, les établir dans la vue juste, rendre visite aux malades pour éveiller leur attention, annoncer quand c’est le moment d’accomplir du mérite, et manger ce qui est offert, grossier ou raffiné. S’y ajoute le moine résident très utile au monastère, du Bahupakāra Sutta.
Dans l’Anukampaka Sutta du chapitre sur les moines résidents, au Livre des Cinq de l’Aṅguttara Nikāya, le Bouddha dit qu’un moine résident doté de cinq qualités témoigne de la bienveillance envers les maîtres de maison : il les encourage dans la vertu supérieure, les établit dans la vision du Dhamma, rend visite aux malades et éveille leur attention, va dire aux maîtres de maison, quand un grand Saṅgha de moines arrive de diverses régions, que c’est le moment d’accomplir du mérite, et mange lui-même la nourriture qu’ils lui donnent, qu’elle soit grossière ou raffinée, sans gaspiller ce qui est donné avec foi.
Le Bahupakāra Sutta du même chapitre décrit un moine résident très utile au monastère : il est vertueux et instruit, il répare les demeures cassées et endommagées, il informe les maîtres de maison quand un grand Saṅgha de moines arrive, et il atteint à volonté et sans difficulté les quatre jhāna.
Les deux discours portent directement sur les moines qui résident dans un monastère ; ce ne sont pas des règles pour les laïcs. Mais ils aident les bouddhistes à savoir à quoi ressemble, dans les suttas, un moine qui prend bien soin de son monastère et de sa communauté, et quiconque s’occupe d’un lieu ou d’un groupe de personnes peut en appliquer les mêmes principes.
Premièrement, le moine résident encourage les maîtres de maison à adopter la vertu supérieure. Il ne se contente pas de recevoir leur respect ou leurs dons, mais aide leur vertu à s’affermir.
Si vous dirigez un groupe, aidez à créer une atmosphère où les gens ont envie de bien faire, par exemple en convenant de ne pas médire au sein de l’équipe, et soyez le premier à respecter cet accord.
Deuxièmement, il établit les maîtres de maison dans la vision du Dhamma, c’est-à-dire dans une vue qui s’accorde avec le Dhamma.
Partagez ce qui aide les gens à comprendre la vie telle qu’elle est, par exemple en les invitant à écouter un enseignement du Dhamma ou à lire ensemble un court discours, sans insister.
Troisièmement, il va voir les maîtres de maison malades et les incite à établir l’attention. L’édition royale thaïe traduit cela par une attention tournée vers le Triple Joyau ; le pāli parle d’établir l’attention sur ce qui en est digne.
Quand un parent ou un ami est malade, une visite avec des paroles qui apaisent l’esprit et rappellent ce qui est bon vaut plus que des histoires inquiétantes ou de mauvaises nouvelles.
Quatrièmement, quand un grand Saṅgha de moines arrive de diverses régions, il va dire aux maîtres de maison : accomplissez du mérite, c’est maintenant le moment d’accomplir du mérite. Ainsi, les villageois ont l’occasion de bien faire au bon moment.
Quand vous entendez parler d’une occasion utile de faire le bien, comme une collecte de sang ou une action de secours dans la communauté, transmettez-la aux personnes qui pourraient vouloir y participer.
Cinquièmement, il mange lui-même la nourriture que les maîtres de maison lui donnent, qu’elle soit grossière ou raffinée, sans rejeter ce qu’ils ont offert avec une bonne intention.
Quand quelqu’un a cuisiné pour vous ou vous a donné quelque chose, même si ce n’est pas tout à fait à votre goût, recevez-le en respectant sa bonne volonté, sans le critiquer devant lui ni le jeter.
Cela va avec la cinquième qualité : il ne laisse pas se perdre ce qui est donné avec foi.
Les dons ou les fonds communs que d’autres vous confient devraient être employés à l’usage prévu, et vous devriez pouvoir dire comment ils ont été utilisés.
Dans le Bahupakāra Sutta, un moine résident très utile au monastère répare les demeures cassées et endommagées, en plus d’être vertueux et instruit, d’informer les maîtres de maison quand un grand Saṅgha arrive, et d’atteindre les quatre jhāna.
Dans un lieu dont vous vous occupez, n’attendez pas que les choses communes tombent complètement en panne. Réparez le robinet, la lumière du couloir ou la chaise bancale dès la première fois que vous le remarquez.
Pour les laïcs, ce discours est l’image d’une bonne relation entre un temple et sa communauté. Le moine ne fait pas que recevoir des offrandes ; il donne la vertu et le Dhamma, rend visite aux malades, et utilise ce qu’il reçoit sans faire le difficile ni gaspiller. La bonté circule dans les deux sens.
Ceux qui s’occupent de quelque chose de commun, comme un responsable de quartier, un gérant de foyer, un professeur principal ou un chef d’équipe, peuvent employer ce principe : aider réellement les personnes dont ils ont la charge à progresser, leur rendre visite quand elles sont malades, transmettre les nouvelles utiles, réparer ce qui est cassé, et accorder du prix aux ressources que d’autres leur confient.
Il vaut mieux se servir de ce discours comme d’un guide pour soutenir un temple et travailler avec lui pour le bien de la communauté que comme d’un outil pour trouver à redire aux moines.
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