Les neuf demeures progressives
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Les neuf demeures progressives

Nava anupubbavihārā

L’échelle complète du calme en neuf échelons — les quatre jhāna, puis les quatre accomplissements sans forme, pour aboutir à la cessation de la perception et de la sensation.

9 points

Les demeures progressives sont des états où l’on demeure et qui deviennent de plus en plus subtils : les quatre jhāna de la forme, les quatre accomplissements sans forme, et enfin la cessation de la perception et de la sensation.

Cette page en est la carte d’ensemble. Pour le détail des quatre premiers, voyez la page sur les quatre jhāna. Les quatre du milieu sont sans forme, raffinés au point que la forme n’est plus l’objet, et le dernier est un état où même la perception et la sensation cessent — accessible seulement à ceux qui ne reviennent pas et aux arahants qui maîtrisent les accomplissements.

  1. 1

    Premier jhāna Paṭhamaṃ jhānaṃ

    Retiré des plaisirs des sens et des états malsains, le premier calme, encore accompagné de la pensée appliquée et soutenue, ainsi que du ravissement et du bonheur nés du retrait.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    C’est le calme qu’atteint une assise régulière. Voyez la page sur les quatre jhāna pour le détail.

  2. 2

    Deuxième jhāna Dutiyaṃ jhānaṃ

    La pensée appliquée et soutenue s’apaise ; l’esprit est clair et unifié de l’intérieur, avec le ravissement et le bonheur nés de la concentration.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Remarquez les moments de travail absorbé où vous n’avez plus à diriger sans cesse l’esprit ; ils indiquent la direction.

  3. 3

    Troisième jhāna Tatiyaṃ jhānaṃ

    Le ravissement s’estompe, laissant un bonheur plus subtil accompagné d’une attention claire et d’une lucidité complète.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    La leçon : même les bonnes sensations doivent être déposées. Le calme plus profond est plus silencieux qu’on ne l’imagine.

  4. 4

    Quatrième jhāna Catutthaṃ jhānaṃ

    Le plaisir et la douleur s’apaisent, laissant une équanimité pure et une attention lumineuse — la base pour voir les choses telles qu’elles sont.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Souvenez-vous que la destination de la concentration est un esprit assez calme pour voir vraiment, et non le plaisir rencontré en chemin.

  5. 5

    La base de l’espace infini Ākāsānañcāyatanaṃ

    Dépassant les perceptions de la forme, on prend l’espace infini pour objet — le premier accomplissement sans forme.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Pour le lecteur ordinaire, cela signifie qu’un calme plus profond vient du fait de lâcher ce que l’on tenait pour un sol, et non de trouver quelque chose de nouveau à quoi se tenir.

  6. 6

    La base de la conscience infinie Viññāṇañcāyatanaṃ

    Dépassant l’espace, on prend la conscience infinie pour objet — un degré plus subtil encore.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Cela montre que chaque fois que l’on lâche quelque chose de grossier, quelque chose de plus subtil apparaît de soi-même, sans être fabriqué.

  7. 7

    La base du néant Ākiñcaññāyatanaṃ

    Dépassant la conscience, on prend « il n’y a rien » pour objet — lâchant même le connaître auquel on se tenait.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Un miroir utile : l’esprit peut demeurer sans rien à quoi se tenir, ce qui contredit l’idée répandue qu’il doit toujours y avoir quelque chose.

  8. 8

    La base ni de perception ni de non-perception Nevasaññānāsaññāyatanaṃ

    Le plus élevé des accomplissements sans forme, si raffiné qu’on ne peut l’appeler ni perception ni absence de perception.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Un rappel que le langage et la pensée ont des limites, et que certaines choses ne se connaissent que par la pratique — ne les tranchez donc pas par la seule argumentation.

  9. 9

    La cessation de la perception et de la sensation Saññāvedayitanirodho

    Un état où même la reconnaissance et la sensation cessent temporairement — l’ultime échelon, où n’entrent que ceux qui ont abandonné les entraves inférieures et maîtrisent les accomplissements.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Pour le lecteur ordinaire, il figure ici pour montrer qu’un aboutissement du calme existe vraiment, et qu’il est le fruit du lâcher-prise plutôt que de l’accumulation.

À essayer dans la vie quotidienne

Le pratiquant ordinaire n’a pas besoin de viser si haut, mais connaître la carte a deux usages : d’abord, comprendre que le calme a des niveaux, afin de ne pas prendre un petit calme pour le bout du chemin ; ensuite, voir que chaque échelon vient du fait de déposer quelque chose de plus grossier, et non d’un surcroît d’effort.

C’est ce principe qu’il faut retenir — quand l’esprit refuse de se poser, demandez-vous ce que vous refusez encore de déposer, plutôt que de vous demander combien plus fort il faut pousser.

Sources dans le Tipiṭaka

Touchez pour lire le passage sur la page citée.

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