Le Jātaka Saṅkicca : le Dhamma est la route, l’adhamma la mauvaise voie
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Anuruddhattheragāthā
Les stances d’Anuruddha, un Sakya autrefois réveillé matin et soir par la danse et le chant, qui y renonça pour méditer, chercha et teignit lui-même ses robes de chiffons, reçut la visite du Bouddha qui lui enseigna la non-prolifération (nippapañca), et observa pendant cinquante-cinq ans la pratique de ne pas s’allonger.
Dans la Theragāthā du Khuddaka Nikāya, le Livre des Vingt (Vīsatinipāta) contient les stances d’Anuruddha. Il raconte comment il naquit dans le clan des Sakya et était éveillé à la gaieté chaque matin et chaque soir par la danse, le chant et la musique, mais renonça à ses parents, à ses proches et aux plaisirs sensuels, et quitta le foyer après avoir vu le Bouddha. Il se souvient aussi d’une vie passée où il était un pauvre homme nommé Annabhāra, travaillant à gages, qui donna de la nourriture à un paccekabuddha.
Il rapporte que le Bouddha connut ses pensées et vint à lui avec un corps créé par l’esprit, puis enseigna le Dhamma de la non-prolifération. L’Anuruddha Sutta de l’Aṅguttara Nikāya, Livre des Huit, en donne les détails : Anuruddha avait réfléchi à sept pensées d’un grand homme, telles que « ce Dhamma est pour celui qui a peu de désirs, qui est content, qui vit retiré », et le Bouddha ajouta la huitième : « ce Dhamma est pour celui qui se plaît dans la non-prolifération ».
Les stances mentionnent aussi son atteinte des trois connaissances, de l’œil divin et de la remémoration des vies passées, le jour de l’extinction finale du Bouddha où il dit aux moines que le Bouddha n’était pas encore mort, et, à la fin, qu’il atteindra l’extinction finale dans un bosquet de bambous près du village de Veḷuva, au pays des Vajji.
Anuruddha a renoncé à ses parents, à ses proches et aux cinq sortes de plaisirs sensuels, et il médite. Celui qui est éveillé à la gaieté chaque matin et chaque soir par la danse, le chant et la musique n’atteint pas la pureté par eux, car il se plaît encore dans les plaisirs sensuels, le domaine de Māra.
Essayez une matinée sans musique, vidéos ni réseaux sociaux pendant la première heure, et remarquez l’état de votre esprit quand rien ne le stimule.
Anuruddha, sans compagnon, revient de sa tournée d’aumônes et part à la recherche de chiffons pour ses robes. Les ayant trouvés, il les lave et les teint lui-même, puis les porte.
Faites de vos propres mains certaines de vos petites tâches, comme raccommoder, laver ou cuisiner. L’autonomie dans les choses simples allège l’esprit et enseigne la valeur des choses.
Des états mauvais et souillants surgissent chez le moine qui a beaucoup de désirs, qui est mécontent, qui se mêle à la compagnie et qui est agité. Le moine attentif, qui a peu de désirs, qui est content, se plaît dans la solitude et est toujours énergique possède les états qui mènent à l’Éveil.
Avant d’acheter quelque chose ou d’accepter un rendez-vous de plus, demandez-vous si cela ajoute du calme ou de l’agitation, et choisissez le côté qui stabilise votre esprit.
Le Maître connut ses pensées et vint à lui avec un corps créé par l’esprit, puis enseigna au-delà de ce qu’il avait pensé. Le Bouddha, qui se plaît dans la non-prolifération, enseigna la non-prolifération ; l’ayant comprise, se réjouissant de l’enseignement, il atteignit les trois connaissances. L’Anuruddha Sutta explique que l’esprit de celui qui se plaît dans la non-prolifération s’élance, se pose et s’établit dans la cessation de la prolifération.
Quand vous vous surprenez à tisser une histoire dans votre tête, comme « ils doivent penser que je suis… », arrêtez-vous et revenez au seul fait dont vous êtes sûr.
Il dit avoir observé la pratique de ne pas s’allonger pendant cinquante-cinq ans et avoir déraciné la torpeur et la somnolence depuis vingt-cinq ans. Ne pas s’allonger (nesajjikaṅga) est l’une des pratiques ascétiques des moines.
Ne vous privez pas de sommeil, mais faites que vos heures de veille soient vraiment éveillées. Quand vous commencez à vous sentir somnolent en méditation ou dans un travail important, levez-vous et marchez, lavez-vous le visage ou changez de posture au lieu de laisser votre esprit sombrer.
Il raconte qu’il fut autrefois un pauvre homme nommé Annabhāra, qui gagnait sa vie en travaillant à gages et donna de la nourriture au paccekabuddha Upariṭṭha. Grâce à ce mérite, il renaquit dans le clan des Sakya.
N’attendez pas d’avoir beaucoup pour partager. Une petite bonté offerte de tout cœur, un jour où vous avez peu, a de la valeur en elle-même.
Quand le Bienheureux était sur le point d’atteindre l’extinction finale, les moines demandèrent s’il était mort. Anuruddha répondit qu’il n’y avait plus d’inspiration ni d’expiration chez celui à l’esprit stable, mais qu’il n’était pas encore mort. Le Bouddha endura la douleur avec un cœur lumineux, puis atteignit l’extinction finale.
Dans une crise ou un moment de perte, une seule personne assez calme pour dire ce qui se passe réellement aide tout son entourage. Entraînez-vous à être cette personne en remarquant vos propres émotions dans les petites choses.
Anuruddha est l’exemple de quelqu’un entouré de divertissements matin et soir, qui découvrit qu’ils ne purifiaient pas l’esprit. La question qu’il nous invite à nous poser est : pourquoi remplissons-nous notre vie de sons et d’images toute la journée ?
Le Dhamma sans prolifération signifie ne pas laisser l’esprit se ramifier en longues histoires. Dans la vie quotidienne, la prolifération se manifeste quand nous tournons en rond autour de la même affaire, quand nous inventons des histoires sur ce que les autres pensent de nous, ou quand nous empilons projet sur projet sans jamais agir.
Ne pas s’allonger pendant cinquante-cinq ans est une pratique ascétique pour des moines dévoués, non un conseil invitant les laïcs à se priver de sommeil. Un sommeil suffisant est important pour la santé physique et mentale. Ce que nous pouvons en retenir, c’est un réel engagement et le refus de céder à la torpeur quand nous devrions être alertes.
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