Le Jātaka Sīhacamma : l’âne dans la peau du lion
SīhacammajātakaṃUn âne couvert d’une peau de lion broutait les récoltes vertes depuis longtemps, mais quand il brailla, il se …
Aṭṭhakanāgarasuttaṃ
Le maître de maison Dasama demande à Ānanda une seule chose qui mène à la délivrance. Ānanda en montre onze : les quatre jhāna, les quatre demeures divines et trois recueillements sans forme, chacun contemplé comme conditionné et impermanent. Le maître de maison compare cela à la découverte de onze portes vers l’immortel d’un seul coup.
Dans l’Aṭṭhakanāgara Sutta du Majjhima Nikāya, le maître de maison Dasama d’Aṭṭhakanagara se rend à Pāṭaliputta pour affaires, puis va délibérément trouver Ānanda à Beluvagāma, près de Vesālī. Il demande si le Bouddha a déclaré une seule chose grâce à laquelle, lorsqu’un moine demeure diligent, ardent et résolu, son esprit non encore délivré se délivre et ses influx non encore détruits sont détruits.
Ānanda répond que oui et expose onze voies : le premier, le deuxième, le troisième et le quatrième jhāna ; la délivrance de l’esprit par la bienveillance, la compassion, la joie altruiste et l’équanimité ; et la base de l’espace infini, la base de la conscience infinie et la base du néant. Dans chaque cas, le moine comprend : même cela est conditionné ; tout ce qui est conditionné est impermanent et sujet à la cessation. Ferme en cela, il atteint la destruction des influx. S’il n’y parvient pas, à cause du plaisir qu’il prend à cet état même, il devient celui qui ne revient pas.
Dasama dit qu’il cherchait une seule porte vers l’immortel et qu’en écoutant simplement, il en a trouvé onze d’un coup. Il invite ensuite le Saṅgha de Pāṭaliputta et de Vesālī à un repas, offre une pièce d’étoffe à chaque moine, présente à Ānanda un ensemble de trois robes et fait construire une demeure pour lui.
Dasama n’a pas demandé de nombreux enseignements, mais une seule chose déclarée par le Bouddha grâce à laquelle l’esprit d’un moine diligent se délivre, les influx sont détruits et l’on atteint la libération des liens. Après avoir terminé ses affaires à Pāṭaliputta, il s’est rendu tout exprès auprès d’Ānanda pour la lui demander.
Quand le Dhamma vous paraît si vaste que vous ne savez pas par où commencer, demandez à une personne compétente : « Si je ne devais pratiquer sérieusement qu’une seule chose, laquelle serait-ce ? » Une question claire obtient une réponse utilisable.
Un moine atteint le premier jhāna, avec pensée appliquée et soutenue, ravissement et bonheur nés de l’isolement, puis il comprend : même ce premier jhāna est conditionné et produit par la volition. Il en va de même pour les deuxième, troisième et quatrième jhāna — les quatre premières voies.
Ce point sert à la compréhension d’ensemble. À un niveau que chacun peut pratiquer : quand votre esprit est calme après une séance assise, sachez aussi que ce calme vient de causes, comme un sommeil suffisant ou un lieu tranquille, et qu’il ne restera pas avec vous pour toujours.
Le cœur des onze voies est la même contemplation : tout ce qui est conditionné est impermanent et sujet à la cessation. Ferme en cela, le moine atteint la destruction des influx. Les voies diffèrent par leur état de départ, mais se ressemblent en ce qu’elles voient l’impermanence de cet état.
Quand quelque chose de très bon vous arrive — un nouvel emploi, une belle relation —, appréciez-le pleinement tout en sachant intérieurement qu’il est apparu de causes et qu’il peut changer. L’esprit ne s’y agrippera pas au point de craindre de le perdre.
Un moine imprègne une direction d’un esprit de bienveillance, puis la deuxième, la troisième et la quatrième, en haut, en bas, en travers et partout, d’un esprit abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité ni malveillance, puis il contemple que même cette délivrance de l’esprit par la bienveillance est conditionnée et impermanente. Il en va de même pour la compassion, la joie altruiste et l’équanimité.
Si vous ressentez de la chaleur après avoir pratiqué la bienveillance, sachez que ce bon sentiment peut changer lui aussi. Si le lendemain vous ne ressentez rien, n’en concluez pas que vous vous y êtes mal pris.
Dépassant les perceptions de la forme, un moine entre dans la base de l’espace infini, considérant l’espace comme infini ; puis dans la base de la conscience infinie et la base du néant. Chacune est de même contemplée comme conditionnée et impermanente. Ce discours ne mentionne pas la base ni de perception ni de non-perception ; c’est ainsi que le compte arrive à onze.
Ce point sert à la compréhension d’ensemble. Le message pour tous est que même l’état le plus subtil que vous ayez jamais connu n’est pas encore la fin du chemin.
Un moine qui contemple ainsi mais n’atteint pas la destruction des influx, à cause du désir et du plaisir qu’il éprouve pour cet état même, renaît spontanément par la destruction des cinq entraves inférieures, y atteint l’extinction finale et ne revient pas de ce monde-là. Le plaisir pris à un bon état reste donc une chose subtile qu’il faudra finalement lâcher.
Même la fierté que vous tirez de votre propre bonté mérite d’être remarquée et déposée de temps en temps. Vous n’avez pas à abandonner la bonté, mais vous n’avez pas à en faire votre identité.
Dasama dit que c’est comme un homme qui cherche un trésor et en trouve onze d’un coup, et comme une maison à onze portes : quand elle prend feu, le propriétaire peut s’échapper par n’importe laquelle. De même, il peut se mettre en sûreté par n’importe laquelle de ces onze portes vers l’immortel. Il ajoute que si même les adeptes d’autres sectes cherchent des richesses pour honorer leurs maîtres, comment pourrait-il ne pas honorer Ānanda ?
Ne vous inquiétez pas que votre pratique diffère de celle des autres. Si c’est un chemin sain, la seule porte qui vous convient suffit pour sortir — à condition que vous la franchissiez vraiment.
Ce discours montre que même les états les plus paisibles et les plus beaux — une concentration profonde, une bienveillance sans limites — sont encore conditionnés et ne doivent pas être saisis comme un lieu de repos permanent. Le bonheur de la pratique est là pour être contemplé, non pour qu’on s’en enivre.
Dans la vie quotidienne, le calme qui suit la méditation ou la joie qui suit un acte généreux peut être contemplé de la même manière : il est apparu de causes et cessera quand elles prendront fin. Voir cela ne diminue pas le calme ; cela vous évite la déception quand il change.
Les jhāna et les recueillements sans forme sont avancés ; vous n’avez pas besoin de les avoir tous expérimentés pour saisir le principe. Et onze portes ne signifie pas qu’il faille les franchir toutes — Dasama lui-même dit qu’on s’échappe d’une maison en feu par n’importe quelle porte.
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