La désignation des personnes : sept sortes qui voyagent différemment vers le même lieu
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Mahāsamayasuttaṃ
Des devas des dix systèmes de mondes se rassemblent pour voir le Bouddha et cinq cents arahants dans la Grande Forêt. Des devas des Demeures pures louent les moines qui gardent l’esprit droit comme un conducteur de char qui tient les rênes ; les moines font un effort et parviennent à voir les armées de devas ; et quand l’armée de Māra vient pour lier chacun par la passion, elle ne peut faire frémir ne serait-ce qu’un seul de leurs poils.
Dans le Mahāsamaya Sutta du Grand Chapitre du Dīgha Nikāya, le Bouddha séjourne dans la Grande Forêt près de Kapilavatthu, au pays des Sakya, avec environ cinq cents moines, tous arahants. Des devas des dix systèmes de mondes se sont rassemblés en grand nombre pour voir le Bouddha et le Saṅgha des moines. Quatre devas des Demeures pures descendent aussi pour rendre hommage, et chacun prononce une stance.
Le Bouddha dit alors aux moines que les devas se sont rassemblés, et récite une longue stance qui nomme les armées de devas groupe par groupe : depuis les esprits qui vivent à Kapilavatthu et sur les montagnes, les quatre grands rois des directions, et de nombreux groupes de devas nommés dix par dix, jusqu’aux Brahmās. Cette longue liste de noms n’est pas reprise en entier sur cette page.
À la fin, l’armée de Māra vient aussi. Māra ordonne que tous soient saisis et liés par la passion, frappe la terre et pousse un rugissement terrifiant comme un nuage de pluie chargé d’éclairs, mais ne peut soumettre personne à son pouvoir, et s’en va en colère.
La stance du premier deva dit : il y a un grand rassemblement dans la grande forêt ; les armées de devas se sont assemblées. Nous sommes venus à ce rassemblement du Dhamma pour voir le Saṅgha invaincu.
Avant d’accepter de participer à un événement ou de rejoindre un groupe, demandez-vous si y aller laissera votre esprit en meilleur ou en moins bon état, et donnez votre temps aux groupes qui vous donnent envie d’être une meilleure personne.
Le deuxième deva dit : les moines qui sont là ont rendu leur esprit stable et droit. Les sages gardent leurs sens comme un conducteur de char tient les rênes.
Les yeux, les oreilles et la main qui tient votre téléphone sont des chevaux qui s’emballent facilement d’eux-mêmes. Tenez les rênes : par exemple, fixez des moments précis pour ouvrir les applications et remarquez chaque fois que vous prenez le téléphone en main.
Le troisième deva dit : ces moines ont coupé le pieu, coupé la barre et déraciné le poteau ; inébranlables, purs et sans tache, ils vont comme de jeunes éléphants bien domptés par Celui qui a la vision.
Remarquez ce qui, dans votre esprit, vous cloue sur place, comme une vieille rancune ou la conviction que vous n’êtes pas capable de faire quelque chose, et choisissez de les arracher un par un. Inutile de tout arracher en un seul jour.
Le quatrième deva dit : ceux qui ont pris refuge dans le Bouddha n’iront pas dans un monde inférieur ; ayant quitté le corps humain, ils rempliront les armées de devas. C’est la déclaration du deva dans le discours ; ce que l’on peut en appliquer, c’est que prendre refuge signifie avoir un refuge clair pour l’esprit.
Quand la vie est confuse, revenez à la question de savoir sur quoi vous vous appuyez. Si la réponse est la vérité et le bien, votre esprit a une ancre plus solide que s’il s’appuyait sur la chance ou sur l’opinion des autres.
Le Bouddha dit que, pour les Bouddhas du passé aussi, des devas se sont rassemblés en nombre aussi grand au plus, et que pour les Bouddhas de l’avenir ils se rassembleront en nombre aussi grand, tout comme ils se rassemblent maintenant pour le voir. Puis il nomme ces armées de devas.
Le bien que vous voyez aujourd’hui n’arrive ni pour la première fois, ni pour la dernière. Savoir que vous faites partie d’une longue lignée vous aide à faire votre part sans tout porter seul.
Le Bouddha dit aux moines : les armées de devas sont venues ; connaissez-les. En entendant cela, les moines firent un effort, et la connaissance qui voit les êtres non humains apparut. Certains en virent cent, d’autres mille, d’autres soixante-dix mille, d’autres cent mille, et d’autres des êtres innombrables dans toutes les directions.
Des personnes à l’entraînement différent ne peuvent pas voir la même chose de la même façon. Au lieu de vous comparer aux autres, demandez-vous ce que vous voyez plus clairement aujourd’hui qu’hier.
Māra ordonne à son armée : saisissez-les, liez-les tous par la passion, encerclez-les et ne laissez personne s’échapper. Il frappe la terre et pousse un rugissement terrifiant, mais ne peut soumettre personne à son pouvoir. Le Bouddha dit aux moines : l’armée de Māra est venue ; connaissez-la. Les moines font un effort, et l’armée de Māra se retire, incapable de faire frémir ne serait-ce qu’un poil de ceux qui sont libres de passion. La stance finale dit qu’ils ont tous gagné la bataille et sont allés au-delà de la peur.
Quand il y a une pression pour acheter, pour se mettre en colère ou pour suivre une mode, faites ce qu’ont fait les moines du discours : reconnaissez-la d’abord comme une attraction, puis gardez l’esprit stable. Si forte que soit la voix, vous n’avez pas à bouger avec elle.
Ce discours nous invite à nous demander pourquoi nous nous rassemblons. Les nombreux devas ne sont pas venus pour se divertir ; ils sont venus voir une communauté de personnes qui avaient bien entraîné leur esprit. Choisir d’être là où se rassemblent des personnes de bien est une manière de prendre soin de l’esprit.
Le passage où les moines voient des nombres différents de devas, les uns cent et les autres cent mille, dit que ce que chacun peut percevoir dépend de son propre entraînement. Inutile de comparer qui voit le plus.
Quant à l’armée de Māra qui crie de lier chacun par la passion, elle ressemble aux pressions qui nous entourent chaque jour : la publicité, les opinions en ligne et l’insistance des gens proches. Un esprit bien entraîné entend ces voix mais n’a pas à les suivre.
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