Le Jātaka Kokālika : parler au bon moment
Vie quotidienne

Le Jātaka Kokālika : parler au bon moment

Kokālikajātakaṃ

Celui qui parle à contretemps, avant le bon moment, est abattu, comme le petit du coucou. Les paroles mal dites abattent plus vite qu’un couteau affûté ou un poison mortel ; aussi les sages gardent-ils leur parole et parlent-ils avec mesure au moment convenable.

6 points

Dans le Jātaka Kokālika du Catukkanipāta, dans le Khuddaka Nikāya, le texte canonique ne comporte que quatre stances. La première dit que quiconque parle à contretemps, avant que le moment de parler ne soit venu, est abattu et reste à terre, comme le petit du coucou. La seconde dit que ni un couteau bien affûté ni un poison mortel n’abattent aussi vite que des paroles mal dites.

La troisième enseigne aux sages à garder leur parole au bon moment comme au mauvais, et à ne pas parler à contretemps, même avec un égal. La dernière dit que celui qui réfléchit d’abord, avec discernement, et parle avec mesure au moment convenable, vient à bout de tous ses ennemis, comme le garuḷa saisit le nāga.

L’histoire du petit du coucou provient du commentaire des Jātaka. Selon le commentaire, un coucou pondit son œuf dans le nid d’un corbeau et le corbeau éleva l’oisillon, mais l’oisillon chanta trop tôt ; le corbeau comprit que ce n’était pas le sien et le frappa du bec jusqu’à ce qu’il tombe du nid. Le Bodhisatta, un ministre, se servit de cet incident pour mettre en garde un roi qui parlait trop. Le commentaire indique comme occasion le moine Kokālika. Ces détails ne figurent pas dans les stances.

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    Parler à contretemps, avant que le moment soit venu Ativelaṃ pabhāsati

    Quiconque parle à contretemps, avant que le moment de parler ne soit venu, est abattu et reste à terre. Des paroles dites trop tôt peuvent révéler ce qui devait rester caché, ou contrarier inutilement les autres.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Une bonne nouvelle qui n’est pas encore certaine, comme une offre d’emploi à venir ou un accord sur le point d’être conclu, gagne à être annoncée une fois qu’elle est réellement acquise.

  2. 2

    Le petit du coucou qui chanta trop tôt Kokilāyeva atrajo

    La stance compare celui qui parle au mauvais moment au petit du coucou. Selon le commentaire, l’oisillon du coucou élevé par un corbeau chanta avant que ses ailes ne soient fortes ; le corbeau comprit que ce n’était pas le sien et l’attaqua. S’il avait attendu de pouvoir voler, il aurait été en sécurité.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Dans un nouveau lieu de travail, passez la première période à écouter et à apprendre la culture, et proposez de grands changements une fois que vous aurez assez de compréhension et de confiance.

  3. 3

    La mauvaise parole est plus redoutable qu’un couteau ou un poison Vācā dubbhāsitā

    Ni un couteau bien affûté ni un poison mortel n’abattent aussi vite que des paroles mal dites. Une seule phrase peut détruire instantanément une réputation, une confiance ou une relation.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Avant d’envoyer un message sous le coup de la colère, demandez-vous : si l’on en faisait une capture d’écran montrée à tout le bureau, l’enverrais-je quand même ?

  4. 4

    Garder sa parole au bon moment comme au mauvais Vācaṃ rakkheyya paṇḍito

    Les sages doivent garder leur parole aussi bien au moment de parler qu’au moment de se taire. Même quand c’est le moment de parler, il faut encore veiller à ce que l’on dit et à la quantité.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand c’est votre tour en réunion, préparez deux ou trois points principaux, abordez-les, puis arrêtez-vous, sans vous éloigner du sujet.

  5. 5

    Ne pas parler à contretemps, même avec un égal Api attasamamhi vā

    La stance met en garde contre le fait de parler à contretemps, même avec quelqu’un qui est notre égal. Nos proches peuvent être blessés par les mots tout autant que n’importe qui.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Avec vos amis proches, votre partenaire ou vos frères et sœurs, faites attention à ne pas les taquiner sur des sujets sensibles, ou à ne pas les interrompre quand ils vous disent quelque chose d’important.

  6. 6

    Réfléchir d’abord, parler avec mesure, et l’emporter sans se quereller Matipubbo vicakkhaṇo

    Celui qui réfléchit d’abord, avec discernement, et parle avec mesure au moment convenable, vient à bout de tous ses ennemis, comme le garuḷa saisit le nāga. Une parole bien placée et mesurée est une force, non une faiblesse.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand on vous interpelle vivement, vous n’avez pas à répondre tout de suite. Écoutez jusqu’au bout, notez les points, et répondez brièvement et précisément une fois l’atmosphère apaisée ; cela fonctionne généralement mieux que de répliquer immédiatement.

À essayer dans la vie quotidienne

Parler au mauvais moment est un problème que nous rencontrons chaque jour : annoncer quelque chose qui n’est pas encore certain, se vanter de projets avant qu’ils ne réussissent, ou intervenir avec une opinion quand les autres ne sont pas prêts à l’entendre. Des paroles justes mais mal placées peuvent quand même faire des dégâts.

Les stances n’enseignent pas le silence en toutes circonstances. La dernière stance loue celui qui parle au moment convenable ; elle nous demande seulement de réfléchir d’abord et de parler avec mesure.

L’avertissement de ne pas parler à contretemps, même avec un égal, s’applique tout particulièrement aux amis proches et à la famille, avec qui nous parlons souvent sans retenue, en supposant qu’ils ne s’en formaliseront pas.

Sources dans le Tipiṭaka

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