Le Jātaka de celui qui nourrit sa mère : l’éléphant qui ne pouvait manger tant que sa mère souffrait
Vie quotidienne

Le Jātaka de celui qui nourrit sa mère : l’éléphant qui ne pouvait manger tant que sa mère souffrait

Mātuposakajātakaṃ

Un éléphant qui prend soin de sa mère aveugle est capturé pour devenir éléphant royal, mais refuse toute nourriture parce qu’il s’inquiète pour sa mère, qui n’a personne pour la guider. Quand le roi de Kāsi en apprend la raison, il ordonne de le libérer. Les stances enseignent la gratitude envers ceux qui dépendent de nous, et l’usage du pouvoir avec bonté.

6 points

Dans le Mātuposaka Jātaka du Livre des Onze des Jātaka, Khuddaka Nikāya, les stances s’ouvrent sur une lamentation : maintenant que le grand éléphant est parti, les arbres et les herbes qu’il mangeait poussent librement ; quelque part, sans doute, de nobles gens parés d’or le nourrissent de boulettes de riz pour qu’un roi ou un prince le monte au combat.

Le roi presse alors l’éléphant de prendre une bouchée et de ne pas dépérir, car il y a beaucoup de travail royal à faire. L’éléphant répond qu’une éléphante aveugle et délaissée, sans personne pour la guider, doit trébucher contre les souches d’arbres au mont Caṇḍoraṇa. Quand le roi demande ce qu’elle est pour lui, l’éléphant répond qu’elle est sa mère. Le roi ordonne de le libérer. L’éléphant se rend à l’étang de lotus qu’il connaissait, aspire de l’eau avec sa trompe et en asperge sa mère. Elle se plaint de la pluie qui tombe hors saison maintenant que le fils qui prenait soin d’elle est parti, et il lui dit : lève-toi, mère, ton fils est revenu. La mère bénit alors d’une longue vie le roi qui a libéré son fils.

Dans le Tipiṭaka, les Jātaka ne se composent que de stances. Le récit ci-dessus provient des stances ; d’autres détails proviennent du commentaire : que les deux premières stances sont la lamentation de la mère ; que le Bouddha raconta cette histoire au sujet d’un moine qui subvenait aux besoins de sa mère ; que l’éléphant avait un jour guidé hors de la forêt un forestier égaré, lequel indiqua ensuite au roi où le capturer ; que l’éléphant était assez fort pour se battre mais choisit de ne pas se mettre en colère ; et qu’il refusa la nourriture dans l’écurie royale pendant plusieurs jours.

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    Si bonne que soit la nourriture, on ne peut manger quand un être cher est en difficulté Gaṇhāhi nāga kabalaṃ

    Le roi presse l’éléphant de prendre une bouchée et de ne pas dépérir, car il y a beaucoup de travail royal à faire, mais l’éléphant répond par son inquiétude pour sa mère aveugle. (Le commentaire dit qu’il avait résolu de ne pas accepter de nourriture parce que sa mère n’avait personne pour la nourrir.)

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand une belle occasion se présente, comme un emploi mieux payé dans une autre ville, prévoyez d’abord qui prendra soin de ceux qui dépendent de vous.

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    Penser à celle qui n’a pas de guide Andhā aparināyikā

    L’éléphant la décrit : délaissée, aveugle, sans personne pour la guider, trébuchant sûrement contre les souches au mont Caṇḍoraṇa. Ce qu’il imagine n’est pas sa propre épreuve, mais l’épreuve de celle dont il prenait soin.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Appelez régulièrement vos parents ou vos proches âgés qui vivent seuls, et interrogez-les sur les petites choses : prennent-ils bien tous leurs médicaments, reste-t-il de quoi manger à la maison ?

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    Dire clairement qui compte Mātā me sā mahārāja

    Quand le roi demande ce que l’éléphante aveugle est pour lui, l’éléphant répond : grand roi, elle est ma mère. C’est cette courte réponse qui change la décision du roi.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Si vous avez besoin d’un congé ou d’horaires aménagés pour vous occuper de vos parents, dites-le à votre supérieur honnêtement et clairement. Les gens sont souvent prêts à aider une fois qu’ils comprennent la raison.

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    Le puissant qui sait laisser partir Muñcathetaṃ mahānāgaṃ

    Le roi dit : libérez ce grand éléphant qui subvient aux besoins de sa mère ; qu’il soit avec sa mère et tous les siens. Il renonce à un éléphant précieux parce qu’il voit sa vertu.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Si vous encadrez des personnes, quand quelqu’un de votre équipe a des obligations familiales de soin, demandez-vous quelle souplesse vous pouvez offrir plutôt que d’appliquer chaque règle à la lettre.

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    La gratitude en actes Mātaraṃ abhisiñcatha

    Dès qu’il est libéré, l’éléphant ne se repose qu’un instant, puis se rend à l’étang de lotus qu’il connaissait, aspire de l’eau avec sa trompe et en asperge sa mère, en disant : lève-toi, mère, ton fils est revenu. La première chose qu’il fait de sa liberté est de prendre soin de sa mère.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    La gratitude n’a pas besoin d’attendre une grande occasion. En rentrant chez vous, aidez vos parents pour ce qui leur est difficile, comme atteindre les étagères hautes ou soulever des choses lourdes.

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    L’humilité d’un enfant attire des bénédictions sur ceux qui aident Yo me puttaṃ pamocesi

    La mère bénit le roi d’une longue vie et d’un royaume de Kāsi prospère, parce qu’il a libéré son fils, qui honorait toujours ses aînés. La bonté du fils attire aussi des bénédictions sur celui qui l’a aidé.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand quelqu’un vous permet de prendre soin de votre famille, comme un collègue qui vous remplace au travail, remerciez-le sincèrement et cherchez une occasion de lui rendre la pareille.

À essayer dans la vie quotidienne

Ce récit est court mais saisissant. Un fils à qui l’on donne la meilleure nourriture du palais ne peut pas manger, parce qu’il sait que celle qui dépend de lui souffre. La gratitude n’est pas ici de simples mots ; c’est un choix sur ce qui compte plus que son propre confort.

Dans la vie réelle, beaucoup de gens travaillent loin de chez eux et laissent derrière eux des parents vieillissants. Le récit ne dit pas de démissionner sur-le-champ, mais il invite à se demander : qui les « guide » aujourd’hui, et nous sommes-nous assurés qu’on prend soin d’eux ?

Le refus de manger relève du langage du conte, ce n’est pas un exemple à imiter. Prendre soin de ses parents sur la durée demande aussi de prendre soin de sa propre santé, et il n’y a rien de mal à demander de l’aide à ses frères et sœurs ou à des services d’aide aux personnes âgées, sans culpabiliser.

Sources dans le Tipiṭaka

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