Dhammasaṅgaṇī : le premier esprit sain — de nombreux états en un seul instant
Somanassasahagataṃ ñāṇasampayuttaṃLa section des états d’esprit commence par l’esprit sain de la sphère sensorielle accompagné de joie et associ…
Sārīputto ca rāhulo
Deux discours côte à côte. Le premier explique pourquoi quelqu’un n’a pas pu continuer et a abandonné l’entraînement ; le second raconte comment le Bouddha attendit que les états qui mûrissent en délivrance aient atteint leur maturité chez Rāhula, et seulement alors l’emmena dans la forêt pour l’enseigner.
Dans le Lokakāmaguṇa-vagga du Saḷāyatana Saṃyutta, Saṃyutta Nikāya, deux discours se suivent : le Sāriputta Sutta et le Rāhula Sutta.
Le Sāriputta Sutta commence par un moine qui annonce au Vénérable Sāriputta que son élève a abandonné l’entraînement et est retourné à la vie laïque. Sāriputta répond brièvement : il en est ainsi, ami, pour celui qui ne garde pas ses facultés sensorielles, qui est immodéré dans sa nourriture et qui ne s’adonne pas à la vigilance. Il est impossible, dit-il, qu’un tel moine mène la vie sainte complète et pure aussi longtemps que dure sa vie. Il explique ensuite chacun des trois points.
Le Rāhula Sutta raconte comment le Bouddha, alors qu’il était retiré à l’écart, eut cette pensée : les états qui mûrissent en délivrance ont atteint leur maturité chez Rāhula ; conduisons-le plus loin, jusqu’à la destruction des influx. Le matin, il alla quêter sa nourriture, et après le repas il appela le Vénérable Rāhula pour qu’il prenne un tissu pour s’asseoir et l’accompagne au Bosquet des Aveugles. Le discours dit que plusieurs milliers de divinités les suivirent, sachant ce qui allait se produire.
L’enseignement dans la forêt n’est pas une série d’instructions, mais la même suite de questions qu’il employait toujours, sur l’impermanence des six bases sensorielles. À la fin, l’esprit de Rāhula fut délivré des influx par le non-attachement, et plusieurs milliers de divinités obtinrent l’œil du Dhamma.
Un moine vient annoncer au Vénérable Sāriputta que son élève a abandonné l’entraînement et est retourné à la vie laïque. Sāriputta ne critique pas la personne ; il nomme les causes, disant que c’est ce qui arrive à celui à qui manquent ces trois choses.
Quand quelqu’un quitte une équipe ou abandonne ce qu’il avait entrepris, cherchez les causes dans les conditions avant de conclure qu’il n’était pas sérieux.
Sāriputta en nomme trois : ne pas garder ses facultés sensorielles, être immodéré dans sa nourriture, ne pas s’adonner à la vigilance. Il dit qu’il est impossible pour un tel moine de maintenir la vie sainte complète et pure toute sa vie, et possible pour celui qui possède les trois.
Avant d’accuser votre propre motivation, vérifiez trois choses : ce que vous absorbez par les yeux, ce que vous mangez et combien vous dormez. Ces trois choses minent la volonté sans bruit.
Voyant une forme avec l’œil, on ne saisit ni ses signes ni ses détails, mais on pratique la retenue de la faculté de l’œil, car, laissée sans retenue, elle permet à la convoitise et au chagrin d’envahir l’esprit. Il en va de même pour l’oreille, le nez, la langue, le corps et l’esprit.
Quand vous faites défiler votre écran et que vous commencez à vous fixer sur de petits détails d’une image ou d’une phrase jusqu’à ce que votre humeur change, reconnaissez là une saisie des détails, et posez le téléphone.
On réfléchit avec sagesse avant de manger : non pour s’amuser, non pour s’enivrer, non pour s’embellir, non pour se parer, mais seulement pour entretenir ce corps, pour dissiper l’ancienne sensation sans en susciter de nouvelle, pour la santé, l’irréprochabilité et une vie aisée.
Avant votre prochain repas, posez-vous une seule question : est-ce que je mange parce que j’ai faim, ou parce que je m’ennuie, que je suis triste, ou simplement parce que c’est devant moi ?
On purifie l’esprit des obstructions en marchant et en restant assis pendant la journée et la première veille de la nuit ; pendant la veille du milieu, on se couche sur le côté droit, attentif et avec claire compréhension, l’esprit tourné vers la perception du lever ; pendant la dernière veille, on se lève et on poursuit. C’est une observance monastique ; les laïcs en retiennent le principe, non l’horaire.
Gardez chaque jour un moment de pleine vigilance, par exemple les dix premières minutes après le réveil avant de toucher votre téléphone, et décidez la veille au soir de l’heure à laquelle vous vous lèverez.
Retiré à l’écart, le Bouddha eut cette pensée : les états qui mûrissent en délivrance ont atteint leur maturité chez Rāhula ; conduisons-le plus loin, jusqu’à la destruction des influx. Cet enseignement est né d’une évaluation de la disposition de Rāhula, non d’un calendrier.
Pour la chose importante que vous voulez dire à un enfant ou à un collègue, attendez qu’il commence à poser des questions. Les mêmes mots, dits au bon moment, sont reçus tout autrement.
Après le repas, il appela le Vénérable Rāhula : prends un tissu pour t’asseoir, nous irons au Bosquet des Aveugles pour y passer la journée. Il s’assit au pied d’un arbre, sur le siège que Rāhula avait préparé. La conversation décisive eut lieu dans un endroit calme, non au milieu du groupe.
Pour une conversation qui compte vraiment, choisissez le lieu et le moment : allez marcher, ou trouvez un coin tranquille, plutôt que de parler par-dessus d’autres tâches ou devant d’autres personnes.
À la fin du discours, l’esprit de Rāhula fut délivré des influx par le non-attachement, et les plusieurs milliers de divinités qui avaient suivi obtinrent l’œil du Dhamma, sans poussière et sans tache : tout ce qui est sujet à l’apparition est sujet à la cessation.
Quand quelque chose est enseigné ou partagé au bon moment, ceux qui en bénéficient ne sont souvent pas seulement la personne à qui vous vouliez parler.
Les deux discours se lisent bien ensemble, car ils décrivent les deux extrémités d’une même ligne : quelqu’un qui s’épuise peu à peu et s’arrête à mi-chemin, et quelqu’un qui parvient au but parce que les conditions ont mûri.
La réponse de Sāriputta frappe en ce qu’elle ne reproche à l’élève ni une faible résolution ni un manque de mérite. Elle désigne trois choses très élémentaires : ce qui entre par les sens, la quantité que l’on mange et la manière dont on organise ses heures de veille. Toutes trois se transposent directement dans la vie moderne : temps d’écran, alimentation et sommeil.
Le Rāhula Sutta rappelle aux enseignants que le moment compte autant que le contenu. Le Bouddha n’a pas donné cet enseignement à Rāhula dès le premier jour ; il a attendu que ce soit le moment. Les parents, les enseignants et les responsables qui imposent leurs conseils à quelqu’un qui n’est pas encore prêt obtiennent généralement moins que ceux qui savent attendre.
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