Cinq qualités d’un disciple laïc qui est un joyau
Pañca upāsakaratanadhammāCinq qualités d’un bouddhiste qui est un « joyau » plutôt qu’un « paria » parmi les disciples laïcs — la foi, …
Yodhājīvasuttaṃ
Un chef de village, guerrier de métier, interroge le Bouddha sur l’affirmation de ses maîtres selon laquelle un guerrier tué au combat renaît parmi les devas Sarajita. Le Bouddha lui demande de laisser la question de côté, mais il la pose trois fois. Le Bouddha dit alors qu’un esprit tendu vers « que ces êtres soient tués » mène à l’enfer. Le guerrier pleure d’avoir été si longtemps trompé. Un guerrier monté sur éléphant et un cavalier posent la même question.
Dans le Yodhājīva Sutta du Gāmaṇi Saṃyutta, Saṃyutta Nikāya, un chef de village, guerrier de métier, dit au Bouddha avoir entendu les maîtres des guerriers d’autrefois, et les maîtres de leurs maîtres, affirmer qu’un guerrier qui lutte et se dépense au combat et qui est tué par l’ennemi renaît en compagnie des devas appelés Sarajita ; il demande ce qu’en dit le Bouddha. Le Bouddha répond : « Assez, chef, laisse cela. Ne me demande pas cela. » Le guerrier demande une deuxième puis une troisième fois.
Le Bouddha dit alors qu’un guerrier qui lutte au combat a un esprit déjà saisi, avili et mal dirigé par la pensée : « Que ces êtres soient tués, soient détruits, soient anéantis, qu’ils périssent ou qu’ils n’existent plus. » S’il est tué par l’ennemi, il renaît dans l’enfer appelé Sarajita. Et s’il tient la vue qu’il renaîtra parmi les devas Sarajita, c’est une vue fausse, et pour celui qui a une vue fausse, le Bouddha déclare l’une de deux destinations : l’enfer ou le règne animal.
Le chef de village pleure — non à cause de la réponse, mais parce qu’il a été si longtemps trompé par les guerriers d’autrefois — et se déclare disciple laïc. Le Hatthāroha Sutta (un guerrier monté sur éléphant) et l’Assāroha Sutta (un cavalier) qui suivent ont le même contenu. Dans le Tālaputa Sutta, juste avant, Tālaputa, chef d’une troupe d’acteurs, s’interroge sur une croyance liée à sa propre profession et reçoit une réponse du même ordre.
Le chef de village dit avoir entendu des maîtres des guerriers d’autrefois, et des maîtres de leurs maîtres, qu’un guerrier qui lutte au combat et qui est tué par l’ennemi renaît en compagnie des devas Sarajita. Il ne l’a pas imaginé lui-même ; cela lui a été transmis.
Notez les croyances de votre domaine ou de votre lieu de travail que « tout le monde dit », et demandez-vous si vous les avez jamais vraiment vérifiées.
Le Bouddha dit : « Assez, chef, laisse cela. Ne me demande pas cela. » Mais quand il a demandé trois fois, le Bouddha dit qu’il ne peut plus le retenir, et répond.
Si vous devez dire une vérité difficile, laissez d’abord à l’autre la possibilité de choisir s’il est prêt à l’entendre. S’il insiste, parlez franchement.
Le Bouddha dit qu’un guerrier qui lutte au combat a un esprit déjà saisi, avili et mal dirigé. Ce qu’il désigne, c’est l’esprit orienté au préalable, et non le simple fait de mourir sur le champ de bataille.
Dans une compétition ou une négociation, remarquez si votre intention est « de faire de mon mieux » ou « de faire échouer l’autre partie ». Les deux agissent très différemment sur l’esprit.
Cet esprit, c’est la pensée : que ces êtres soient tués, soient détruits, soient anéantis, qu’ils périssent ou qu’ils n’existent plus. Celui qui a un tel esprit et qui est tué par l’ennemi renaît dans l’enfer appelé Sarajita, et non parmi les devas Sarajita comme on le croyait.
Quand vous êtes si en colère que vous pensez secrètement « qu’ils soient ruinés », reconnaissez-y une petite graine de la même espèce, et déposez-la avant de parler ou d’agir.
S’il tient la vue qu’être tué au combat mène à renaître parmi les devas Sarajita, c’est une vue fausse. Le Bouddha dit que pour celui qui a une vue fausse, il y a l’une de deux destinations : l’enfer ou le règne animal.
Une croyance qui rend agréable le fait de nuire aux autres est plus dangereuse que de mal agir en sachant que c’est mal, car elle ferme le chemin du retour.
Le chef de village pleure, et dit qu’il ne pleure pas à cause de ce qu’a dit le Bouddha, mais parce qu’il a longtemps été dupé, trompé et égaré par les guerriers d’autrefois. Il prend alors refuge dans le Bouddha, le Dhamma et le Saṅgha pour la vie.
Quand vous découvrez qu’une chose longtemps crue est fausse, autorisez-vous à en éprouver du chagrin, mais ne vous arrêtez pas au chagrin. Faites-en le point de départ d’un nouveau chemin.
Un guerrier monté sur éléphant et un cavalier interrogent sur la même croyance et reçoivent la même réponse. Dans le Tālaputa Sutta, le chef d’une troupe d’acteurs demande si un acteur qui fait rire les gens par des vérités et des mensonges renaît parmi les devas du rire. Le Bouddha dit qu’un tel acteur accumule chez son public ce qui provoque l’avidité, la haine et l’illusion, qu’il est lui-même enivré et négligent, et que cette vue est une vue fausse.
Chaque profession a des histoires qu’elle se raconte pour se rassurer. Demandez-vous si votre travail rend les autres plus avides, plus coléreux et plus aveuglés, ou s’il les aide à devenir meilleurs.
Ce discours n’est pas une prise de position sur la politique militaire ou la défense nationale modernes. Ce que le Bouddha désigne, c’est l’état d’esprit au moment d’agir. Un esprit tendu vers la mort et la destruction d’autrui ne devient pas mérite simplement parce que la tradition appelle cela une mort honorable.
Dans la vie ordinaire, bien des professions ont des adages transmis qui font paraître justifié de nuire aux autres, comme « les affaires exigent d’être impitoyable » ou « dans ce milieu, il faut écraser les autres pour survivre ». Ce discours nous invite à examiner de telles croyances en nous demandant : quand je travaille, comment mon esprit est-il orienté ?
Une autre leçon est la persévérance du chef de village, qui a insisté jusqu’à obtenir une réponse, et son honnêteté lorsqu’il pleure et reconnaît avoir été trompé. La vérité peut faire mal, mais cela vaut mieux que de vivre pour toujours avec une croyance fausse.
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