Hors des murs et Le trésor : dédier aux proches, et un trésor que nul ne peut voler
Tirokuḍḍasuttaṃ · nidhikaṇḍasuttaṃLes proches défunts attendent hors des murs et aux carrefours. Les pleurs ne les aident pas, mais un don offer…
Dubbacajātiko
Channa prétendait que le Bouddha et le Dhamma étaient à lui, et que les autres moines n’avaient donc aucun droit de l’admonester. C’est l’origine de la règle sur le fait d’être difficile à reprendre, accompagnée de deux autres histoires où il esquive les questions et ignore les avertissements.
Dans le Vinaya Piṭaka, Mahāvibhaṅga, section Saṅghādisesa, se trouve l’histoire à l’origine de la douzième règle saṅghādisesa. Alors que le Bouddha séjournait au Ghositārāma à Kosambī, le Vénérable Channa se conduisait de façon inconvenante. Quand les moines l’avertirent, il répondit : croyez-vous que je sois quelqu’un que vous devriez admonester ? C’est moi qui devrais vous admonester, car le Bouddha est à nous, le Dhamma est à nous, c’est notre jeune maître qui a réalisé le Dhamma. Vous, de noms, de clans, de naissances et de familles différents, vous avez quitté le foyer ensemble comme l’herbe, les brindilles et les feuilles sèches balayées en tas par un vent violent.
Le Bouddha le blâma et établit que, lorsqu’un moine difficile à reprendre, admonesté conformément au Dhamma, se rend inadmonestable, les moines doivent lui dire : rends-toi admonestable, car la communauté du Bienheureux croît par l’admonestation mutuelle. S’il ne renonce pas, le Saṅgha doit le presser formellement jusqu’à trois fois, et c’est seulement s’il ne renonce toujours pas qu’il y a saṅghādisesa. Dans la seconde partie du Mahāvibhaṅga figurent deux autres histoires de Channa : interrogé au milieu du Saṅgha, il esquiva en parlant d’autre chose, et averti, il n’en tint pas compte et continua.
Les mots « notre jeune maître » montrent le lien personnel de Channa avec le Bouddha (le commentaire dit qu’il était Channa le cocher qui accompagna le Grand Renoncement). Son histoire montre que la proximité avec le maître n’exempte personne d’être repris. Ce sont des règles pour les moines, mais le principe consistant à laisser les autres nous reprendre vaut pour tous.
Channa répondit à l’avertissement : le Bouddha est à nous, le Dhamma est à nous, notre jeune maître a réalisé le Dhamma. Il compara les autres moines, de noms et de familles différents, ayant quitté le foyer ensemble, à l’herbe, aux brindilles et aux feuilles sèches balayées en tas par un vent violent, ou à des plantes aquatiques rassemblées par une rivière de montagne.
Si vous remarquez que vous êtes sur le point de répondre à un avertissement par « savez-vous qui je suis ? » ou « j’étais là avant vous », arrêtez-vous et demandez-vous si le contenu de l’avertissement est vrai.
La règle cite les paroles de celui qui est difficile à reprendre : ne me dites rien, ni en bien ni en mal, et je ne vous dirai rien, ni en bien ni en mal ; cessez de m’admonester. L’analyse explique qu’une telle personne est impatiente et ne reçoit pas l’instruction avec respect.
Méfiez-vous des accords tacites du genre « tu ne te mêles pas de mes affaires et je ne me mêle pas des tiennes » dans une équipe ou une famille, car ils peuvent laisser des problèmes que personne n’ose évoquer.
Les paroles que les moines doivent employer sont : rends-toi admonestable ; admoneste les moines conformément au Dhamma et ils t’admonesteront conformément au Dhamma, car la communauté du Bienheureux croît en s’admonestant mutuellement et en s’aidant mutuellement à sortir des fautes.
Convenez avec vos collègues ou votre partenaire que vous pouvez vous reprendre dans les deux sens, et dites merci quand on vous reprend, même si cela pique.
L’analyse dit que les moines qui voient ou entendent doivent admonester le moine difficile, une deuxième et une troisième fois, et que les moines qui entendent et ne disent rien commettent une faute de mauvaise conduite. S’il refuse encore d’écouter, il doit être amené au milieu du Saṅgha et admonesté, puis le Saṅgha le presse formellement. Le saṅghādisesa n’a lieu que s’il n’a pas renoncé à la fin de la troisième annonce.
Quand quelqu’un de proche fait quelque chose de nuisible, ne vous taisez pas pour votre propre confort. Parlez-lui d’abord directement, donnez-lui plusieurs chances, et seulement ensuite demandez l’aide d’aînés ou d’une réunion.
Une autre fois, interrogé sur une faute au milieu du Saṅgha, Channa répondit par des questions : qui est tombé dans une faute ? Quelle faute ? À propos de quoi ? Comment ? De qui parlez-vous ? Que dites-vous ? Le Bouddha fit imposer par le Saṅgha un acte formel pour propos évasifs à son encontre et établit une règle interdisant d’esquiver de la sorte.
Quand on vous interroge sur votre propre erreur, répondez à la question posée. Ne répondez pas par des contre-questions embrouillées et ne détournez pas l’attention vers les fautes des autres.
Dans une autre histoire, des moines dirent à Channa de ne pas faire quelque chose, mais il n’en tint pas compte et continua, et le Bouddha en fit un pācittiya. L’analyse distingue deux sortes de manque de respect : envers la personne, par exemple refuser parce que celui qui avertit a lui-même été blâmé, et envers le Dhamma, en ne souhaitant pas s’y entraîner. Mais un moine qui explique que c’est ainsi que ses maîtres ont appris et l’ont examiné ne commet aucune faute.
Si vous n’êtes pas d’accord avec un avertissement, expliquez vos raisons ou l’origine de votre point de vue, plutôt que de l’ignorer ou d’attaquer la personne comme n’étant pas meilleure que vous.
Les gens qui refusent d’être repris disent rarement franchement qu’ils n’écouteront pas. Ils usent d’excuses qui paraissent raisonnables : je suis ici depuis plus longtemps, je suis proche de la direction, vous n’avez pas le droit de me critiquer. Channa employa toutes les variantes : se prévaloir de sa proximité, rabaisser ceux qui l’avertissaient, changer de sujet et continuer malgré tout.
Le Vinaya expose un remède par étapes : ceux qui voient doivent parler, peuvent répéter l’avertissement jusqu’à trois fois, et seulement ensuite porter l’affaire devant l’assemblée, sans laisser filer ni punir d’emblée. Il en va de même dans les familles et sur les lieux de travail : parlez d’abord à la personne, puis faites remonter l’affaire ouvertement et équitablement.
Accepter d’être repris ne veut pas dire tout approuver. Dans la règle sur le manque de respect, un moine qui explique que c’est ainsi que ses maîtres le lui ont enseigné ne commet aucune faute. Ce qui est fautif, c’est de fermer la porte et de ne rien écouter du tout.
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