Dix sujets dignes d’être discutés
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Saddheyyavacasā upāsikā
À deux reprises, le vénérable Udāyī s’assit en privé avec une jeune femme mariée dans une autre famille. Visākhā le vit et l’avertit, mais il ne l’écouta pas ; elle en informa donc les moines. Il en résulta deux règles indéterminées, selon lesquelles le Saṅgha se saisit d’une affaire sur la parole d’une laïque digne de confiance et traite le moine selon ce qu’il reconnaît, ou selon ce qu’elle dit.
La section Aniyata du Mahāvibhaṅga, volume 1 du Vinaya Piṭaka, ne compte que deux règles, et toutes deux sont nées du vénérable Udāyī, un moine qui fréquentait les familles de Sāvatthī. Une jeune femme d’une famille qui le soutenait avait été donnée en mariage par ses parents à un jeune homme d’une autre famille. Udāyī alla la voir dans sa nouvelle demeure et s’assit avec elle, seul à seule, en privé, sur un siège dissimulé, bavardant et parlant du Dhamma selon l’occasion.
Visākhā, la mère de Migāra, avait été invitée dans cette maison. Voyant cela, elle l’avertit que c’était inconvenant et déplacé : même s’il n’avait aucun intérêt pour cela, les gens sans foi seraient difficiles à convaincre. Udāyī ne l’écouta pas ; elle en informa donc les moines. Cela se reproduisit une seconde fois, dans un lieu sans écran mais tout de même privé, et Visākhā l’avertit de nouveau et le signala.
Aniyata signifie « indéterminé », car la faute peut être un pārājika, un saṅghādisesa ou un pācittiya (dans la règle 2, un saṅghādisesa ou un pācittiya), selon ce qui s’est réellement passé. La règle confie à une laïque dont la parole est digne de confiance le soin de soulever l’affaire, et le moine est traité selon ce qu’il reconnaît, ou selon ce qu’elle dit. Cette page ne donne que l’essentiel des faits, sans décrire aucune conduite.
Il s’agit d’une règle pour les moines. Celui dont la faute est examinée est le moine, non la jeune femme, et ce n’est pas une règle pour les laïcs.
Udāyī s’assit seul à seule avec la jeune femme sur un siège dissimulé. L’analyse explique qu’il s’agit d’un lieu « propice à l’acte », c’est-à-dire un lieu où une union sexuelle pourrait avoir lieu. Le texte dit seulement qu’il bavardait et parlait du Dhamma ; il ne dit pas qu’il se soit passé autre chose. La règle vise donc la situation plutôt que d’attendre la faute.
Certaines situations sont risquées en elles-mêmes, même quand les intentions sont bonnes. Choisir un lieu ouvert pour se rencontrer est la protection la plus simple.
Visākhā l’avertit qu’être assis ainsi était inconvenant et déplacé, même s’il n’avait aucun intérêt pour cela ; les gens sans foi seraient difficiles à convaincre. Elle ne l’accusa pas de faute, mais fit remarquer qu’une telle situation nuit à la confiance envers la communauté.
Quand vous devez avertir quelqu’un, parlez de la situation et de son effet sur les autres plutôt que de supposer ses intentions. Il l’entendra plus facilement.
Udāyī ne l’écouta pas ; Visākhā en informa donc les moines. Les moines attachés à l’entraînement le rapportèrent au Bouddha, qui réunit le Saṅgha et interrogea Udāyī ; celui-ci le reconnut, et la règle fut établie. Une affaire partie de la parole d’une seule laïque remonta jusqu’à une assemblée du Saṅgha.
Si un avertissement n’a pas suffi, informer les responsables n’est ni de la délation ni une trahison. C’est permettre au système de faire son travail.
L’analyse définit la laïque dont la parole est digne de confiance comme celle qui a atteint le fruit, pénétré le Dhamma et compris l’enseignement, et qui a pris refuge dans le Triple Joyau. La règle fait de sa parole le point de départ que le Saṅgha doit examiner, et permet de traiter le moine selon ce qu’elle dit.
Quand une personne crédible signale quelque chose d’inquiétant, n’écartez pas son signalement simplement parce que la personne concernée occupe une position plus élevée.
La règle dit qu’un moine qui reconnaît s’être assis doit être traité pour l’une des fautes, ou selon ce que dit la laïque. L’analyse passe en revue les cas : si le moine reconnaît à la fois s’être assis et la faute, il est traité pour cette faute ; s’il reconnaît seulement s’être assis ou allongé, il est traité pour s’être assis ou allongé ; s’il ne reconnaît ni l’un ni l’autre, il n’est pas traité. Ce point est donné pour la compréhension d’ensemble.
Une procédure équitable entend à la fois la personne qui signale et la personne concernée, et distingue ce qui peut être confirmé de ce qui reste incertain.
L’analyse explique que « privé pour l’œil » désigne un lieu où personne ne pourrait voir un clin d’œil, un haussement de sourcils ou un signe de tête ; « privé pour l’oreille », un lieu où personne ne pourrait entendre une conversation ordinaire. Un siège dissimulé est un siège caché par un mur, une porte, une natte, un rideau, un arbre, un pilier ou un grenier. Une femme désigne ici une personne de sexe féminin de tout âge, même une fille née le jour même.
Le critère « les autres peuvent-ils voir et entendre ? » est utile quand vous devez rencontrer quelqu’un seul à seul dans un rôle d’accompagnement, surtout quand l’autre personne est un enfant.
La seconde fois, Udāyī pensa que le Bouddha n’avait interdit que les lieux dissimulés ; il s’assit donc avec la même femme dans un lieu sans écran mais tout de même privé, où l’on pouvait lui adresser des paroles grivoises. Visākhā le vit et le signala de nouveau, et la règle 2 fut établie, selon laquelle la faute possible est un saṅghādisesa ou un pācittiya.
Si vous vous surprenez à chercher une faille dans une règle pour pouvoir continuer à faire la même chose, revenez en arrière et demandez-vous qui la règle est censée protéger.
Visākhā a fait trois choses que chacun peut faire dans une communauté : elle l’a averti directement en donnant sa raison ; quand cela a échoué, elle ne s’est pas tue ; et elle a porté l’affaire devant les responsables, plutôt que de l’accuser elle-même publiquement.
Son avertissement contient une phrase pour quiconque occupe une position de confiance : même si nous n’y mettons rien de mal, les autres peuvent ne pas le croire. Les enseignants, entraîneurs, médecins ou responsables religieux qui doivent rencontrer quelqu’un seul à seul devraient choisir un lieu où d’autres peuvent voir, laisser la porte ouverte ou faire venir une tierce personne, pour protéger à la fois l’autre personne et eux-mêmes.
Si vous voyez quelque chose qui semble dangereux dans un temple, une école ou un lieu de travail, le signaler aux responsables est la bonne chose à faire, et une bonne organisation doit prendre au sérieux la personne qui signale, comme le Saṅgha a pris Visākhā au sérieux.
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