Le discours à Bhaddāli : quand on ne veut pas suivre l’entraînement
BhaddālisuttaṃBhaddāli refusa une pratique d’entraînement et évita le Bouddha pendant toute la retraite des pluies avant de …
Jānaṃ saṅghikaṃ lābhaṃ pariṇataṃ attano pariṇāmeyya
Un groupe de laïcs préparait chaque année un repas accompagné de robes pour le Saṅgha. Le groupe des six moines fit pression sur eux jusqu’à ce qu’ils leur remettent toutes les robes, si bien que le Saṅgha ne reçut que le repas. C’est l’origine de la règle qui interdit à un moine de détourner sciemment à son profit des gains destinés au Saṅgha.
Dans le Vinaya Piṭaka, Mahāvibhaṅga partie 2, section Nissaggiya, chapitre Patta, la règle d’entraînement 10 raconte qu’à Sāvatthī, un groupe de laïcs avait préparé pour le Saṅgha un repas accompagné de robes, avec l’intention de nourrir les moines puis de leur offrir des robes en même temps. Le groupe des six moines alla les trouver et leur demanda les robes. Les laïcs répondirent qu’ils ne le pouvaient pas, car chaque année ils faisaient au Saṅgha une aumône accompagnée de robes.
Le groupe des six dit : « Le Saṅgha a beaucoup de donateurs et beaucoup de repas. Nous vivons ici en dépendant de vous et en comptant sur vous. Si vous ne nous donnez pas, qui le fera ? » Ainsi pressés, les laïcs donnèrent toutes les robes au groupe des six et ne servirent au Saṅgha que le repas. Des moines qui savaient que des robes avaient été préparées, mais non qu’elles avaient été données, demandèrent aux donateurs de présenter les robes au Saṅgha, et s’entendirent répondre qu’il n’en restait aucune, car le groupe des six les avait détournées à son profit.
Le Bouddha établit que si un moine détourne sciemment à son profit un gain destiné au Saṅgha, c’est une faute nissaggiya pācittiya. C’est une discipline monastique, mais le principe selon lequel ce qu’un donateur destinait à tous ne doit pas être tiré vers une seule personne s’applique aux fonds, aux dons et aux ressources partagées de toute sorte.
Les laïcs dirent d’emblée au groupe des six qu’ils faisaient chaque année au Saṅgha une aumône accompagnée de robes. L’analyse des termes explique « destiné » comme le fait d’avoir prononcé les mots « nous donnerons, nous ferons ». C’est cette intention déclarée qu’un moine ne doit pas réorienter.
Quand vous savez que quelqu’un a l’intention de donner quelque chose au groupe ou à une autre personne, n’essayez pas de le persuader de vous le donner à la place.
Le groupe des six fit valoir que le Saṅgha avait beaucoup de donateurs et beaucoup de repas, tandis qu’eux ne dépendaient que de ce groupe : si vous ne donnez pas, qui le fera ? Le texte dit que les laïcs ne donnèrent que parce qu’on les avait pressés.
Méfiez-vous des phrases comme « les autres ont bien assez, mais nous, nous n’avons que vous », qui se servent de la compassion pour pousser les gens à changer d’avis.
Des moines qui savaient que des robes avaient été préparées pour le Saṅgha, mais non qu’elles avaient été prises, demandèrent aux donateurs de les présenter, et apprirent qu’il n’en restait aucune. Le tort causé par le détournement des gains retombe sur ceux qui ne prenaient pas part à la conversation.
Quand des biens communs passent entre vos mains, pensez aussi à ceux qui ne sont pas là, car ils n’ont aucune occasion de protester.
L’analyse des termes explique « sciemment » comme le fait de savoir par soi-même, d’en être informé par d’autres ou d’en être informé par le donateur. Les « gains » comprennent les robes, la nourriture d’aumône, le logement et les remèdes, jusqu’aux plus petites choses. Détourner à son profit est une faute de mauvaise conduite (dukkaṭa) lors de la tentative, et sujet à abandon une fois obtenu.
Dès que vous savez qu’une chose appartient à tous, même une petite chose comme des en-cas envoyés à tout le service, ne la rapportez pas chez vous comme si c’était la vôtre.
L’analyse des cas dit que si une chose destinée au Saṅgha est détournée vers un autre Saṅgha ou vers un sanctuaire, c’est une faute de mauvaise conduite, et de même pour les choses destinées à un sanctuaire ou à une personne et détournées ailleurs. Même quand la destination n’est pas soi-même, changer la direction fixée par le donateur reste une faute.
L’argent donné pour un but doit aller à ce but. Si un changement est nécessaire, demandez d’abord au donateur, même si vous pensez que l’autre cause compte davantage.
Les cas de non-faute disent que lorsque des donateurs demandent où donner, un moine peut conseiller : donnez là où votre don sera utilisé, entretenu ou durera longtemps, ou là où votre esprit a foi. Le bon conseil désigne le bienfait et la foi du donateur, et non celui qui conseille.
Si quelqu’un vous demande où faire un don, recommandez l’endroit où il aidera vraiment et respectez sa foi, même si ce n’est pas votre organisation.
Ce n’était pas un vol : les laïcs donnèrent de leur plein gré, mais seulement parce qu’on les avait pressés avec des paroles qui les culpabilisaient. Cela lésa à la fois les donateurs, qui durent changer leur intention, et tout le Saṅgha, qui aurait dû recevoir.
Le même schéma se retrouve dans les collectes caritatives où l’intermédiaire choisit d’abord les meilleurs articles, dans les cadeaux qu’un client envoie à toute l’équipe et qui restent sur le bureau d’une seule personne, ou dans l’argent donné pour un projet et affecté à autre chose. Même quand la nouvelle destination est bonne, le texte considère que réorienter du Saṅgha vers un sanctuaire, ou d’un sanctuaire vers le Saṅgha, n’est toujours pas convenable.
L’exception à la fin de la règle montre le juste rôle. Quand quelqu’un demande où donner, conseillez-lui l’endroit où le don sera utilisé, entretenu ou durera longtemps, ou celui où il a foi, au lieu de vous désigner vous-même.
Touchez pour lire le passage sur la page citée.
Bhaddāli refusa une pratique d’entraînement et évita le Bouddha pendant toute la retraite des pluies avant de …
L’une des séries de stances les plus connues du Sutta Nipāta — si vous trouvez un bon compagnon, marchez ensem…
La section des états d’esprit expose la conscience saine de jhāna qui mène au monde de la forme : deux façons …
Plusieurs sections du Yamaka se terminent par une section de la pleine compréhension qui demande qui comprend …