Les neuf demeures progressives
Nava anupubbavihārāL’échelle complète du calme en neuf échelons — les quatre jhāna, puis les quatre accomplissements sans forme, …
Satta visuddhiyo
Sept étapes de purification transmises comme sept chars de relais — chacune existe pour la suivante, aucune n’est le but en soi.
Dans le Rathavinīta Sutta, Sāriputta demande à Puṇṇa Mantāniputta si la vie sainte est vécue pour la purification de la vertu, pour la purification de l’esprit, et ainsi de suite pour les sept. À chaque fois, Puṇṇa répond « non » : elle est vécue pour le Nibbāna final sans attachement.
Il s’explique par la comparaison des sept chars de relais. Un roi qui se rend de Sāvatthī à Sāketa change sept fois de char : le premier le conduit au deuxième, le deuxième au troisième, jusqu’à ce que le dernier arrive à Sāketa. Aucun char n’y parvient seul, et aucun ne peut être sauté.
Une conduite pure du corps et de la parole, sans rien à craindre ni à regretter ensuite — le premier char, qui ne laisse à l’esprit rien qu’il doive continuer à cacher.
Remarquez ce qui surgit pour vous troubler lorsque vous vous asseyez pour méditer. Si c’est quelque chose que vous avez mal fait, c’est que vous n’êtes pas encore vraiment monté dans le premier char.
Un esprit stabilisé et libre des obstacles grâce à la concentration. Quand la vertu ne laisse aucun sujet d’inquiétude, l’esprit se rassemble facilement et est prêt à voir les choses telles qu’elles sont.
Vous n’avez pas besoin de viser le jhāna. Une période quotidienne où l’esprit reste sur une seule chose assez longtemps pour voir comment il se pose, c’est déjà entraîner le deuxième char.
La vue juste selon laquelle ce que nous appelons « moi-même » n’est qu’un assemblage de mentalité et de matérialité, sans soi permanent caché derrière.
Essayez une fois de transformer « je suis en colère » en « la colère a surgi ». Remarquez le petit espace que cela ouvre — c’est là que commence cette étape.
Quand les conditions de l’esprit et de la matière sont vues clairement, le doute sur d’où nous venons, où nous allons ou ce que nous sommes réellement tombe, car on voit que tout naît de causes.
Quand vous ne comprenez pas pourquoi la vie est comme elle est, remontez d’abord aux causes proches que vous pouvez réellement voir. Le doute qui ne trouve pas de cause vient généralement de ce que l’on regarde trop loin.
La purification par la distinction entre la voie et ce qui n’est pas la voie — en particulier les expériences agréables de la méditation, comme la lumière, le ravissement et le calme, qui incitent à croire que l’on est arrivé.
Quand la méditation est particulièrement agréable, que cela reste une chose connue, et non une chose à poursuivre la fois suivante. C’est le piège dans lequel tombent le plus les pratiquants sérieux.
Une fois la voie connue, on la parcourt en voyant sans cesse l’apparition et la disparition de toutes choses, jusqu’à ce que l’attachement se desserre de plus en plus.
Au sens large : une fois que vous savez ce qui est bon pour l’esprit, répétez-le avec constance au lieu de chercher sans cesse de nouvelles méthodes.
La connaissance de la noble voie qui tranche réellement les souillures — le dernier char, qui mène au Nibbāna final sans attachement. Pourtant le discours souligne que même celle-ci n’est pas la destination elle-même.
Le point final du discours : même la meilleure connaissance est un véhicule, et non une chose à laquelle s’accrocher. Ne laissez pas le fait de « comprendre le Dhamma » devenir une nouvelle identité.
Le discours enseigne deux leçons pratiques. D’abord, ne sautez pas de relais. Vouloir la sagesse sans la vertu, ou vouloir la concentration alors que vos propres actes maintiennent votre vie dans la tourmente, c’est comme essayer de monter dans le troisième char sans jamais être monté dans le premier.
La seconde compte tout autant : ne restez pas assis dans le même char. Celui dont la vertu stricte s’est muée en orgueil, ou qui est si attaché au calme méditatif qu’il ne va pas plus loin, est descendu à la mauvaise station. Demandez-vous de temps en temps si ce que vous faites vous fait avancer, ou si c’est devenu un lieu de repos.
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