Le discours au fils de Samaṇamuṇḍikā : ne pas faire le mal ne suffit pas
SamaṇamuṇḍikasuttaṃL’errant Uggāhamāna affirme que celui qui ne fait aucun mal par le corps, la parole, la pensée ou les moyens d…
Ānisaṃsakathā
Deux controverses qui ouvrent le chapitre 9. L’un des camps soutient que celui qui voit le bienfait du Nibbāna abandonne les entraves ; le Theravādin fait remarquer que les entraves s’abandonnent en considérant les formations comme impermanentes, souffrance et non-soi, et qu’un même esprit ne peut faire les deux à la fois. La seconde controverse demande si les entraves peuvent avoir l’immortel pour objet, et l’autre camp cite un discours selon lequel une personne ordinaire peut encore concevoir le Nibbāna et s’y complaire.
Dans l’Ānisaṃsa Kathā du Kathāvatthu, Abhidhamma Piṭaka, volume 37 du Tipiṭaka, chapitre 9, l’opposant (paravādī) avance que celui qui voit le bienfait du Nibbāna abandonne les entraves. Le Theravādin (sakavādī) lui demande en retour : celui qui considère les formations comme impermanentes, comme souffrance, comme une maladie, un abcès, une flèche, et ainsi de suite jusqu’à « sujettes au changement », n’abandonne-t-il pas les entraves ? Quand l’opposant l’admet, il demande encore si l’on peut considérer les formations comme impermanentes et voir le bienfait du Nibbāna au même instant. Si c’était le cas, il y aurait rencontre de deux contacts et de deux esprits, ce que l’opposant rejette.
L’opposant cite le discours où un moine demeure en contemplant le Nibbāna comme bonheur, en le percevant comme bonheur, en s’y résolvant constamment et en y plongeant avec sagesse, et soutient ainsi que voir le bienfait du Nibbāna abandonne bien les entraves.
La controverse suivante, l’Amatārammaṇa Kathā, demande si les entraves ont l’immortel (le Nibbāna) pour objet. Le Theravādin demande si l’immortel est une base pour la passion, la haine et l’illusion, comme l’est la forme. L’opposant répond que non, mais cite les paroles du Bouddha dans le Mūlapariyāya Sutta : une personne ordinaire perçoit le Nibbāna comme Nibbāna, puis conçoit le Nibbāna, le conçoit comme sien, et se complaît dans le Nibbāna. Le texte s’achève sur cette affirmation sans la trancher davantage.
L’opposant admet que celui qui voit le bienfait du Nibbāna abandonne les entraves — c’est-à-dire que voir la valeur de la fin de la souffrance est en soi ce qui tranche les liens.
Après avoir lu ou entendu parler de la paix et vous être senti bien, demandez-vous : ce sentiment a-t-il réellement changé l’une de mes vieilles habitudes ?
Le Theravādin demande : celui qui considère les formations comme impermanentes n’abandonne-t-il pas les entraves ? L’opposant l’admet ; le Theravādin fait donc remarquer que, l’ayant admis, on ne devrait pas dire que c’est le fait de voir le bienfait qui abandonne les entraves.
Quand vous êtes attaché à quelque chose, observez-le pendant qu’il change — une émotion qui était forte et qui s’estompe lentement — plutôt que de penser à un idéal lointain.
Le texte énumère de nombreuses façons de considérer les formations : comme souffrance, une maladie, un abcès, une flèche, un danger, instables, sans durée, sans refuge, vides, non-soi et sujettes au changement. Chacune d’elles mène à l’abandon des entraves.
Choisissez l’aspect qui correspond à ce sur quoi vous butez : un désir qui pique, voyez-le comme une flèche ; une chose que vous espérez voir durer toujours, voyez-la comme sans durée.
Le Theravādin demande si considérer les formations comme impermanentes et voir le bienfait du Nibbāna peuvent apparaître ensemble. Si c’était le cas, deux contacts et deux esprits se rencontreraient en un seul instant, ce que l’opposant rejette. Ce point sert à la compréhension d’ensemble.
Quand vous croyez faire deux choses à la fois, l’esprit passe en réalité de l’une à l’autre, une à la fois. Sachez donc ce que fait l’esprit en ce moment même.
L’opposant cite le discours selon lequel un moine contemple le Nibbāna comme bonheur, le perçoit comme bonheur, l’éprouve comme bonheur, s’y résout constamment et fermement sans distraction, et plonge dans le Nibbāna avec sagesse. Le Theravādin reconnaît que ce discours existe.
Se rappeler la valeur de la paix est un bon encouragement. Les jours où vous êtes las de pratiquer, souvenez-vous de ce vers quoi vous marchez.
Le Theravādin demande si l’immortel est un objet des entraves, des liens, des flots, des obstacles, de l’attachement et des souillures, et si la passion, la haine et l’illusion peuvent apparaître avec l’immortel pour objet comme elles le font avec la forme. L’opposant répond que non, car l’immortel n’est pas une base pour la passion, la colère ou l’illusion, mais soutient la sagesse et mène au Nibbāna.
Si votre pratique vous rend plus irritable, plus vantard ou plus confus, ce que l’esprit tient n’est pas la paix elle-même mais vos idées sur la paix.
L’opposant cite le Bouddha : une personne ordinaire perçoit le Nibbāna comme Nibbāna, puis conçoit le Nibbāna, conçoit dans le Nibbāna, conçoit à partir du Nibbāna, conçoit le Nibbāna comme sien, et se complaît dans le Nibbāna. Il soutient donc que les entraves peuvent avoir l’immortel pour objet. Le texte s’achève sur cette affirmation.
Gardez-vous de porter les mots du Dhamma comme des ornements, par exemple en parlant avec fierté du lâcher-prise. Un esprit qui s’attache reste un esprit qui s’attache, même quand ce à quoi il s’attache est un beau mot.
Ces deux controverses nous invitent à distinguer l’inspiration de l’outil. Se rappeler la paix de la délivrance donne du courage, mais le Theravādin fait remarquer que ce qui déracine réellement les entraves, c’est de voir ce qui apparaît et disparaît juste devant nous comme impermanent, souffrance et non-soi.
La seconde controverse avertit que même le but le plus élevé peut devenir un objet d’attachement dans la pensée d’une personne ordinaire — par exemple, être fier de viser le Nibbāna, ou traiter sa propre compréhension du Nibbāna comme une possession. Cela vaut pour tout idéal : la bonté, le calme, le fait d’être une personne du Dhamma.
Les deux camps citent les paroles du Bouddha. La controverse ne dit donc pas que quelqu’un a mal lu un discours ; elle nous aide à voir que les mêmes mots peuvent se rapporter à des moments d’esprit différents.
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