Le discours à Sela : un roi selon le Dhamma, et un brahmane qui vérifie avant de croire
Dhammarājā anuttaroSela, maître brahmane de trois cents élèves, entend le mot « Bouddha » et va voir par lui-même. Le Bouddha dit…
Khandhavibhaṅgo
Le Vibhaṅga, deuxième livre de l’Abhidhamma Piṭaka, analyse souvent un même sujet trois fois : selon la méthode du Suttanta, selon la méthode de l’Abhidhamma, et selon une méthode par questions fondée sur la matrice. Son premier chapitre, l’Analyse des agrégats, le montre clairement.
Dans l’Analyse des agrégats, premier chapitre du Vibhaṅga, deuxième livre de l’Abhidhamma Piṭaka, le sujet est constitué des cinq agrégats : la forme, la sensation, la perception, les formations mentales et la conscience. Le chapitre comporte trois parties : l’analyse selon le Suttanta (dans le style des discours), l’analyse selon l’Abhidhamma (dans le style de l’Abhidhamma), et la section des questions (qui pose des questions fondées sur la matrice).
Le Vibhaṅga compte dix-huit chapitres, comme ceux sur les agrégats, les bases, les éléments, les vérités, les facultés, la coproduction conditionnée, les fondements de l’attention, les absorptions, la connaissance, les points mineurs et le cœur du Dhamma. Beaucoup suivent cette structure en trois parties, mais pas tous ; l’Analyse des règles d’entraînement, par exemple, n’a pas d’analyse selon le Suttanta.
L’Abhidhamma Piṭaka compte sept livres : Dhammasaṅgaṇī, Vibhaṅga, Dhātukathā, Puggalapaññatti, Kathāvatthu, Yamaka et Paṭṭhāna. La tradition theravāda les tient pour l’enseignement du Bouddha, tandis que de nombreux chercheurs estiment qu’ils ont été compilés plus tard que les Suttas et le Vinaya. Cette page s’attache à la méthode, pour une compréhension d’ensemble ; la contemplation des agrégats dans la pratique se trouve dans des discours comme le Mahāpuṇṇama Sutta.
L’analyse selon le Suttanta explique que l’agrégat de la forme est toute forme, quelle qu’elle soit — passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, inférieure ou supérieure, lointaine ou proche — rassemblée en une seule masse. Les autres agrégats sont expliqués par la même formule, que l’on trouve aussi dans les discours.
Quand vous prenez votre corps ou votre sensation du moment pour vous-même, réfléchissez qu’il ne s’agit que d’une partie d’une grande masse qui inclut le passé et le futur.
Chaque mot de la formule est ensuite défini. La forme passée est la forme qui est passée, a cessé et a changé. La forme intérieure appartient à l’être lui-même ; la forme extérieure appartient à d’autres êtres. La forme grossière, ce sont les dix bases, de la base de l’œil à la base du toucher ; la forme subtile comprend la faculté de féminité, la faculté de masculinité et la faculté de vie.
Quand vous apprenez des termes du Dhamma, ne vous arrêtez pas au nom. Demandez-vous à quoi le mot renvoie dans votre expérience réelle.
La sensation grossière et la sensation subtile sont distinguées à plusieurs niveaux : la sensation malsaine est grossière, la sensation saine et indéterminée subtile ; la sensation douloureuse est grossière, la sensation agréable et neutre subtile ; la sensation de celui qui n’est pas dans un accomplissement méditatif est grossière, celle de celui qui y est, subtile. Le texte conclut que la sensation grossière et la sensation subtile doivent aussi se comprendre en comparant chaque sensation à une autre, niveau par niveau.
Une sensation qui semble raffinée aujourd’hui peut encore être grossière comparée à un autre niveau. Servez-vous-en pour ne pas vous satisfaire trop tôt.
L’analyse selon l’Abhidhamma classe chaque agrégat d’une manière, de deux manières, et ainsi de suite jusqu’à de nombreuses manières, en employant les termes de la matrice. L’agrégat de la forme considéré d’une seule manière, par exemple, c’est : toute forme n’est pas une racine, est conditionnée, est composée, est mondaine, est indéterminée, est impermanente et est vaincue par le vieillissement. Le matériau est disposé en séries : la série fondée sur les dyades, celle fondée sur les triades, celle qui s’étend dans les deux sens et la série multiple. Ce point sert à la compréhension d’ensemble.
Considérer une même chose à travers plusieurs catégories vous évite de rester bloqué sur un seul nom. Le corps est à la fois conditionné, impermanent et vaincu par le vieillissement.
La section des questions reprend la matrice élément par élément : parmi les cinq agrégats, lesquels sont sains, lesquels malsains, lesquels indéterminés ? La réponse est que l’agrégat de la forme est indéterminé, tandis que les quatre autres peuvent être sains, malsains ou indéterminés — et ainsi de suite pour toutes les triades et dyades.
Après avoir appris quelque chose, testez-vous par des questions sous plusieurs angles. Les réponses qui obligent à distinguer des cas montrent souvent que votre compréhension s’est approfondie.
De nombreuses réponses disent « on ne peut pas le dire ». Par exemple, on ne peut pas dire des deux premiers agrégats — la forme et la sensation — qu’ils sont associés à la sensation agréable, douloureuse ou neutre, tandis que les trois autres peuvent l’être à l’une quelconque des trois. Cela concorde avec la section du résumé du Dhammasaṅgaṇī, qui définit les états associés à la sensation agréable à l’exclusion de cette sensation elle-même.
Toutes les questions ne se répondent pas par oui ou par non. Reconnaître qu’une question ne convient pas à ce sur quoi elle porte est une forme d’honnêteté intellectuelle.
Les trois méthodes reviennent à apprendre une même matière de trois manières. La méthode du Suttanta donne un cadre que l’on peut contempler tout de suite ; la méthode de l’Abhidhamma classe en détail pour gagner en précision ; la méthode par questions vérifie si l’on a vraiment compris.
Quand vous apprenez quelque chose de difficile, essayez la même structure : expliquez-le d’abord simplement, décomposez-le ensuite en détail, puis posez-vous des questions de contrôle.
La leçon selon laquelle le grossier et le subtil sont relatifs nous aide à ne pas étiqueter trop vite les sensations comme des biens ou des maux figés.
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