Dix choses sur lesquelles un renonçant doit souvent réfléchir
Pratique

Dix choses sur lesquelles un renonçant doit souvent réfléchir

Dasayime bhikkhave dhammā pabbajitena abhiṇhaṃ paccavekkhitabbā

Dix choses sur lesquelles celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir : je ne suis plus comme un maître de maison, ma vie dépend des autres, ma conduite est-elle blâmable, que suis-je en train de faire tandis que passent les jours et les nuits, et ai-je atteint quelque chose dont je n’aurai pas honte si l’on m’interroge plus tard ?

10 points

Dans ce discours de l’Aṅguttara Nikāya, Livre des Dix, le Bouddha dit qu’il y a dix choses sur lesquelles celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir. Ce sont de courtes questions et de brefs rappels portant sur son statut, ses moyens d’existence, sa tenue, sa vertu, la séparation, le kamma, l’usage de son temps, le goût de la solitude et le fruit de la pratique.

Les points six et sept correspondent aux sujets de réflexion fréquente enseignés ailleurs aux gens en général, mais les huit autres concernent spécifiquement ceux qui ont quitté le foyer.

Le discours s’adresse aux moines et moniales, mais bien des points peuvent s’appliquer à la vie laïque, en remplaçant la question « comment un renonçant doit-il être ? » par « comment doit être quelqu’un qui entend vivre selon des principes ? »

  1. 1

    Je ne suis plus comme un maître de maison Vevaṇṇiyamhi ajjhūpagato

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir qu’il est entré dans un état différent de celui d’un maître de maison.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Lorsque vous endossez un nouveau rôle — parent, responsable ou enseignant —, rappelez-vous qu’il demande une manière d’être différente d’avant.

  2. 2

    Ma subsistance dépend des autres Parapaṭibaddhā me jīvikā

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir que sa vie est liée aux autres, qui lui fournissent ses objets de première nécessité.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Pensez aux personnes qui rendent possibles vos revenus et votre vie, et travaillez d’une manière qui honore leur confiance.

  3. 3

    Je dois me comporter autrement Añño me ākappo karaṇīyo

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir qu’il y a une tenue différente qu’il doit adopter, et non les anciennes manières auxquelles il était habitué.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Au travail ou dans un rôle que les gens respectent, vérifiez si votre attitude, votre ton et votre tenue conviennent à la fonction.

  4. 4

    Puis-je me reprocher quelque chose sur le plan de la vertu ? Kacci nu kho me attā sīlato

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : en regardant ma propre conduite, y a-t-il quelque chose que je pourrais moi-même me reprocher ?

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Demandez-vous le soir si vous avez fait aujourd’hui quelque chose qui vous laisse encore mal à l’aise quand vous y repensez.

  5. 5

    Les sages, après examen, me le reprocheraient-ils ? Anuvicca viññū sabrahmacārī sīlato

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : des compagnons sensés dans la vie spirituelle, après m’avoir examiné, me feraient-ils des reproches sur le plan de la vertu ?

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    La question n’est pas de savoir si quelqu’un va jaser sur vous, mais si une personne raisonnable connaissant tous les faits trouverait que vous avez agi justement.

  6. 6

    Je serai séparé de tout ce que j’aime Sabbehi me piyehi manāpehi nānābhāvo vinābhāvo

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir qu’il sera séparé et éloigné de tout ce qui lui est cher et agréable.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Appliquez-le aujourd’hui aux personnes que vous aimez : parlez-leur avec douceur tant que vous êtes encore ensemble, plutôt que d’attendre que l’occasion soit passée.

  7. 7

    Je suis le propriétaire de mes actes Kammassakomhi kammadāyādo

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir : je suis le propriétaire de mes actes et l’héritier de mes actes, né de mes actes, lié à mes actes, et mes actes sont mon refuge. Quoi que je fasse, en bien ou en mal, j’en recevrai le résultat.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand on vous pousse à mal faire parce que « tout le monde le fait », rappelez-vous que les résultats retombent sur vous, et non sur celui qui vous y a poussé.

  8. 8

    Tandis que passent les jours et les nuits, que suis-je en train de devenir ? Kathambhūtassa me rattindivā

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : les jours et les nuits passent — que suis-je en train de faire maintenant ? Le pāli demande littéralement : quel genre de personne suis-je tandis que passent mes jours et mes nuits ?

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Faites-en une question à revoir avant de dormir : à quoi ai-je consacré cette journée, et cela me mène-t-il là où je veux aller ?

  9. 9

    Est-ce que je me plais dans la solitude ? Kacci nu khohaṃ suññāgāre

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : est-ce que je me plais dans une demeure vide, dans l’isolement ?

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Essayez de rester assis tranquillement sans écran pendant quinze minutes et voyez si c’est agréable ou insupportable.

  10. 10

    Ai-je atteint quelque chose dont je n’aurai pas honte ? Alamariyañāṇadassanaviseso adhigato

    Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : ai-je atteint un état surhumain, une distinction dans la connaissance et la vision digne des êtres nobles, de sorte que je n’aurai pas honte lorsque mes compagnons dans la vie spirituelle m’interrogeront plus tard ?

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Demandez-vous : si quelqu’un vous demandait l’an prochain comment vous avez grandi intérieurement, auriez-vous une réponse sincère ?

À essayer dans la vie quotidienne

La force de ce discours est qu’il se compose de questions à se poser à soi-même, et non de règles pour surveiller les autres. Chaque point vous invite à faire une pause de temps à autre pour voir où vous en êtes dans la vie.

Pour les personnes qui travaillent, « ma subsistance dépend des autres » s’applique directement. Votre salaire vient de clients, de contribuables ou de personnes qui vous font confiance, et vous en souvenir vous aide à travailler de façon responsable. « Les jours et les nuits passent — que suis-je en train de faire maintenant ? » est une bonne question à se poser à la fin de chaque journée.

Le dernier point, sur l’accomplissement surhumain, concerne directement ceux qui pratiquent en vue de la délivrance. Les laïcs peuvent le lire de façon large : si quelqu’un vous demandait comment vous avez grandi intérieurement ces dernières années, pourriez-vous répondre sans embarras ?

Sources dans le Tipiṭaka

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