Soṇa Kuṭikaṇṇa : trois ans d’attente et une requête pour les régions lointaines
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Dasayime bhikkhave dhammā pabbajitena abhiṇhaṃ paccavekkhitabbā
Dix choses sur lesquelles celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir : je ne suis plus comme un maître de maison, ma vie dépend des autres, ma conduite est-elle blâmable, que suis-je en train de faire tandis que passent les jours et les nuits, et ai-je atteint quelque chose dont je n’aurai pas honte si l’on m’interroge plus tard ?
Dans ce discours de l’Aṅguttara Nikāya, Livre des Dix, le Bouddha dit qu’il y a dix choses sur lesquelles celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir. Ce sont de courtes questions et de brefs rappels portant sur son statut, ses moyens d’existence, sa tenue, sa vertu, la séparation, le kamma, l’usage de son temps, le goût de la solitude et le fruit de la pratique.
Les points six et sept correspondent aux sujets de réflexion fréquente enseignés ailleurs aux gens en général, mais les huit autres concernent spécifiquement ceux qui ont quitté le foyer.
Le discours s’adresse aux moines et moniales, mais bien des points peuvent s’appliquer à la vie laïque, en remplaçant la question « comment un renonçant doit-il être ? » par « comment doit être quelqu’un qui entend vivre selon des principes ? »
Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir qu’il est entré dans un état différent de celui d’un maître de maison.
Lorsque vous endossez un nouveau rôle — parent, responsable ou enseignant —, rappelez-vous qu’il demande une manière d’être différente d’avant.
Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir que sa vie est liée aux autres, qui lui fournissent ses objets de première nécessité.
Pensez aux personnes qui rendent possibles vos revenus et votre vie, et travaillez d’une manière qui honore leur confiance.
Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir qu’il y a une tenue différente qu’il doit adopter, et non les anciennes manières auxquelles il était habitué.
Au travail ou dans un rôle que les gens respectent, vérifiez si votre attitude, votre ton et votre tenue conviennent à la fonction.
Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : en regardant ma propre conduite, y a-t-il quelque chose que je pourrais moi-même me reprocher ?
Demandez-vous le soir si vous avez fait aujourd’hui quelque chose qui vous laisse encore mal à l’aise quand vous y repensez.
Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : des compagnons sensés dans la vie spirituelle, après m’avoir examiné, me feraient-ils des reproches sur le plan de la vertu ?
La question n’est pas de savoir si quelqu’un va jaser sur vous, mais si une personne raisonnable connaissant tous les faits trouverait que vous avez agi justement.
Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir qu’il sera séparé et éloigné de tout ce qui lui est cher et agréable.
Appliquez-le aujourd’hui aux personnes que vous aimez : parlez-leur avec douceur tant que vous êtes encore ensemble, plutôt que d’attendre que l’occasion soit passée.
Celui qui a quitté le foyer doit souvent réfléchir : je suis le propriétaire de mes actes et l’héritier de mes actes, né de mes actes, lié à mes actes, et mes actes sont mon refuge. Quoi que je fasse, en bien ou en mal, j’en recevrai le résultat.
Quand on vous pousse à mal faire parce que « tout le monde le fait », rappelez-vous que les résultats retombent sur vous, et non sur celui qui vous y a poussé.
Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : les jours et les nuits passent — que suis-je en train de faire maintenant ? Le pāli demande littéralement : quel genre de personne suis-je tandis que passent mes jours et mes nuits ?
Faites-en une question à revoir avant de dormir : à quoi ai-je consacré cette journée, et cela me mène-t-il là où je veux aller ?
Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : est-ce que je me plais dans une demeure vide, dans l’isolement ?
Essayez de rester assis tranquillement sans écran pendant quinze minutes et voyez si c’est agréable ou insupportable.
Celui qui a quitté le foyer doit souvent se demander : ai-je atteint un état surhumain, une distinction dans la connaissance et la vision digne des êtres nobles, de sorte que je n’aurai pas honte lorsque mes compagnons dans la vie spirituelle m’interrogeront plus tard ?
Demandez-vous : si quelqu’un vous demandait l’an prochain comment vous avez grandi intérieurement, auriez-vous une réponse sincère ?
La force de ce discours est qu’il se compose de questions à se poser à soi-même, et non de règles pour surveiller les autres. Chaque point vous invite à faire une pause de temps à autre pour voir où vous en êtes dans la vie.
Pour les personnes qui travaillent, « ma subsistance dépend des autres » s’applique directement. Votre salaire vient de clients, de contribuables ou de personnes qui vous font confiance, et vous en souvenir vous aide à travailler de façon responsable. « Les jours et les nuits passent — que suis-je en train de faire maintenant ? » est une bonne question à se poser à la fin de chaque journée.
Le dernier point, sur l’accomplissement surhumain, concerne directement ceux qui pratiquent en vue de la délivrance. Les laïcs peuvent le lire de façon large : si quelqu’un vous demandait comment vous avez grandi intérieurement ces dernières années, pourriez-vous répondre sans embarras ?
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