Quand ils étaient oiseaux, singes et éléphant : les Apadāna de ceux qui naquirent autrefois animaux
Vie quotidienne

Quand ils étaient oiseaux, singes et éléphant : les Apadāna de ceux qui naquirent autrefois animaux

Vihaṅgamena santena subījaṃ ropitaṃ mayā

Dans plusieurs récits de l’Apadāna, des anciens racontent qu’en une vie ils furent un tadorne casarca, un roi des garuḍas, un singe ou un éléphant. En voyant un Bouddha ou des paccekabuddhas, leur esprit s’illumina de foi, et ils offrirent ce que la forêt leur donnait. Les leçons : un bon cœur ne dépend ni de la forme ni du rang, et une seule bonne action n’efface pas tout autre kamma.

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Dans l’Apadāna du Khuddaka Nikāya, de nombreux anciens racontent leurs vies passées en vers. Certains disent qu’en cette vie-là ils n’étaient pas du tout humains : l’Ancien Paccāgamaniya était un tadorne casarca sur la rive du fleuve Sindhu, l’Ancien Vatthadāyaka un roi des garuḍas, les Anciens Ambadāyaka et Tindukadāyaka des singes, et l’Ancien Padumakesariya un éléphant mâle.

Tous ces récits ont la même forme : voyant un Bouddha ou des paccekabuddhas, l’esprit s’illumine de foi, et l’être offre ce qu’il a sous la main — une fleur tenue dans le bec, une seule pièce d’étoffe, une mangue avec du miel, des fruits de tinduka ou du pollen de lotus. Chacun dit ensuite qu’en raison de cet acte il n’a pas connu de mauvaise destinée, et termine en disant qu’il a atteint le Dhamma et accompli l’enseignement du Bouddha.

Les résultats décrits relèvent de la présentation propre à l’Apadāna. Cette page ne les présente pas comme une promesse que quiconque recevra de tels résultats, mais regarde l’acte et l’esprit qui le sous-tend pour ce qu’ils peuvent nous enseigner.

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    Un oiseau retenu envers les êtres vivants Pāṇesu ca susaññato

    L’Ancien Paccāgamaniya raconte qu’il était un tadorne casarca sur la rive du fleuve Sindhu, ne mangeant que des plantes aquatiques et bien retenu envers les êtres vivants. Voyant le Bouddha Vipassī voyager à travers le ciel, il prit une fleur dans son bec et la lui offrit.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    La retenue commence par le fait de manger et de vivre sans nuire à qui que ce soit plus que nécessaire. Choisissez cette semaine un aliment ou un produit qui cause moins de tort.

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    Planter une bonne graine même sous forme d’oiseau Vihaṅgamena santena subījaṃ ropitaṃ mayā

    Le tadorne dit que quiconque a une foi inébranlable et bien établie dans le Tathāgata n’ira pas vers une mauvaise destinée ; sa venue en présence du Bouddha fut vraiment une bonne venue, et même sous forme d’oiseau il planta une bonne graine.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    N’attendez pas que votre vie soit en ordre pour faire le bien. Quel que soit votre état, vous pouvez planter une bonne graine avec ce que vous pouvez faire aujourd’hui.

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    Un garuḍa qui déposa sa forme avant de donner Jahitvā garuḷavaṇṇaṃ

    L’Ancien Vatthadāyaka raconte qu’il était un roi des garuḍas. Voyant le Bouddha Atthadassī se rendre au mont Gandhamādana, il quitta sa forme de garuḍa, prit la forme d’un jeune homme et offrit une seule pièce d’étoffe. Le Bouddha l’accepta et dit que, par ce don, il quitterait la naissance de garuḍa et se réjouirait dans le monde des devas.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous allez aider quelqu’un ou lui donner quelque chose, déposez d’abord l’allure du puissant, et approchez-vous d’une manière que l’autre peut accepter à son aise.

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    Un singe, une mangue et du miel Khepetvā pāpakaṃ kammaṃ

    L’Ancien Ambadāyaka raconte qu’il était un singe dans l’Himalaya. Voyant le Bouddha Anomadassī assis parmi les montagnes, rayonnant de bienveillance, il cueillit une mangue mûre et la lui offrit avec du miel. La prédiction dit qu’il se réjouirait dans le monde des devas pendant cinquante-sept éons, mais que pendant les éons restants il errerait encore à travers des naissances mêlées, épuisant son mauvais kamma avant de consumer les souillures.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Après avoir fait le bien, ne supposez pas que les torts anciens disparaissent d’eux-mêmes. Il vous faut encore en assumer la responsabilité et réparer ce que vous avez fait. La bonté et la responsabilité vont ensemble.

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    Un singe qui chercha pendant des jours Nikkhamitvā katipāhaṃ viciniṃ lokanāyakaṃ

    L’Ancien Tindukadāyaka raconte qu’il était un singe vigoureux. Voyant un arbre tinduka chargé de fruits, il se souvint du Bouddha et partit à la recherche du Bouddha Siddhattha pendant deux ou trois jours. Connaissant son intention, le Bouddha vint avec plusieurs milliers d’arahants, et le singe lui apporta joyeusement les fruits.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous pensez à quelqu’un que vous voulez remercier ou visiter, n’attendez pas que l’occasion vienne à vous. Allez le trouver, même si cela prend plusieurs jours.

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    Un éléphant qui répandit du pollen de lotus Mahesīnaṃ pasādena padumakesaramokiriṃ

    L’Ancien Padumakesariya raconte qu’il était un éléphant mâle vivant près d’un groupe de sages, les paccekabuddhas. Par foi, il répandit sur eux du pollen de lotus en hommage, et tourna son esprit avec clarté vers ceux qui avaient détruit la passion.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Donnez avec ce qui vous vient naturellement : si vous cuisinez bien, cuisinez ; si vous êtes doué pour les réparations, aidez à réparer. Inutile de copier la manière dont les autres donnent.

À essayer dans la vie quotidienne

Les histoires d’animaux au cœur plein de foi peuvent sembler des fables, mais elles nous invitent à regarder autrement les animaux qui nous entourent. Dans ces récits, les animaux ont eux aussi un esprit ; ils connaissent la joie et savent donner. C’est une raison de plus de ne pas faire de mal aux animaux, et d’être bon envers les animaux de compagnie et les animaux errants près de chez soi.

Ces récits disent aussi que le point de départ de la bonté ne dépend pas de notre condition. Si aujourd’hui vous avez le sentiment d’être en bas de l’échelle ou de n’avoir rien à donner, un bon cœur et les petites choses que vous avez peuvent être un commencement.

En même temps, l’Apadāna du singe qui offrit une mangue est honnête : une seule bonne action n’efface pas tout autre kamma. Il reste un chemin à parcourir et des actes passés à épuiser. La bonté n’est pas un raccourci mais un chemin sur lequel il faut continuer de marcher.

Sources dans le Tipiṭaka

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