Déposer les armes, prendre refuge, observer les préceptes : les Apadāna de l’offrande d’un changement en soi
Pratique

Déposer les armes, prendre refuge, observer les préceptes : les Apadāna de l’offrande d’un changement en soi

Nibbāpetha sakaṃ cittaṃ

Des apadāna où ce que le narrateur offrait n’était pas un objet mais un changement en lui-même : prendre refuge sur un champ de bataille, un chasseur qui prend refuge, un homme qui se fit ordonner pour sept jours quand sa vie s’effondrait, un chef qui observa les préceptes avec ses compagnons, un garçon préparant un sacrifice qui entendit parler de non-nuisance, et un homme qui alla écouter les nobles vérités.

6 points

Dans l’Apadāna du Khuddaka Nikāya, la formule de conclusion la plus fréquente est « tel est le fruit du don de ceci ou cela ». Dans certains récits, elle devient « le fruit de la prise de refuge », « le fruit du départ du foyer » ou « le fruit de la retenue ». Ce que le narrateur donnait n’était pas une chose, mais une nouvelle direction pour sa propre vie.

Cette page puise dans le Mahāparivāra Vagga (12e), le Hatthi Vagga (22e), le Paṇṇadāyaka Vagga (29e), le Citakapūjaka Vagga (30e) et l’Ummāpupphiya Vagga (33e). Le premier récit se déroule pendant une guerre entre deux rois yakkhas et contient les mots qui donnent son titre à cette page : apaisez vos propres esprits.

La libération des mauvaises destinations et les renaissances comme monarque qui fait tourner la roue qui s’ensuivent relèvent du langage propre à ce recueil. Ce que les stances décrivent plus en détail, c’est le moment où quelqu’un décide de faire demi-tour, et ce moment survient d’ordinaire en pleine crise, non un jour où la vie s’écoule paisiblement.

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    Armures et armes déposées sur le champ de bataille Saraṇagamaniyattherāpadānaṃ

    Saraṇagamaniya Thera (Mahāparivāra Vagga, 12e) raconte qu’une guerre opposait deux rois yakkhas, et que les armées se rapprochaient. Le Maître Padumuttara se tint dans le ciel, et les divinités déposèrent leurs armures et leurs armes et s’inclinèrent devant lui. Il dit qu’une personne à l’esprit corrompu qui fait du mal ne serait-ce qu’à un seul être vivant va vers un état de perdition à cause de cette corruption de l’esprit — apaisez vos propres esprits. Les soldats des deux camps prirent refuge en lui, et le narrateur dit qu’il fut le tout premier à prendre refuge.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand un conflit est sur le point d’éclater, à la maison ou au travail, essayez d’être le premier à déposer vos propres armes — les mots que vous alliez employer pour blesser — et apaisez votre propre esprit avant d’ajouter quoi que ce soit.

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    Le chasseur qui servit, puis prit refuge Saraṇagamaniyattherāpadānaṃ

    Un autre Saraṇagamaniya Thera (Citakapūjaka Vagga, 30e) raconte qu’il était chasseur près de l’Himalaya. Il vit le Bouddha Vipassī, alla vers lui, se mit à son service et prit refuge en lui. La stance indique clairement l’ordre : il commença par aider, et la prise de refuge suivit.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Si vous n’êtes pas encore sûr d’une religion ou d’une voie, commencez par aller donner un coup de main. On voit la réalité des choses en y prenant part, et la compréhension a tendance à suivre.

  3. 3

    Sept jours comme moine quand la vie s’effondrait Sattāhapabbajitattherāpadānaṃ

    Sattāhapabbajita Thera (Paṇṇadāyaka Vagga, 29e) raconte que, sous la dispensation du Bouddha Vipassī, il connut le malheur et fut séparé de ses proches. Il quitta le foyer pour laisser ce malheur s’apaiser, et se réjouit de la vie monastique pendant sept jours, par amour pour l’enseignement du Maître. La stance ne dit pas s’il resta ensuite ; elle dit seulement que ces sept jours furent sa bonne action.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand la vie traverse une crise grave, prendre un court moment dans un lieu calme — une retraite de méditation le temps d’un week-end, par exemple — peut vous aider à retrouver pied. Revenez ensuite vous occuper de ce qui n’est toujours pas réglé.

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    Un chef qui observait lui-même les préceptes Pubbaṅgamaniyattherāpadānaṃ

    Pubbaṅgamaniya Thera (Paṇṇadāyaka Vagga, 29e) raconte que quatre-vingt-quatre mille personnes quittèrent le foyer ensemble, avec lui à leur tête. Ses compagnons avaient encore de la passion et de l’illusion, mais leur esprit était clair, et ils le servaient avec respect de leurs propres mains. Puis tout le groupe servit ceux qui sont devenus d’eux-mêmes, libres des influx et rayonnant de bienveillance, et ils moururent attentifs. La stance se termine ainsi : les préceptes que j’ai observés — tel est le fruit de la retenue. Elle reconnaît franchement que le groupe n’avait pas encore surmonté les souillures, et pourtant ils pouvaient observer les préceptes ensemble.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Si vous dirigez une équipe ou si vous êtes parent, votre propre conduite est ce que voient ceux qui vous suivent, avant toute consigne. Nul besoin que chacun soit parfait pour commencer à bien agir ensemble.

  5. 5

    Un enfant de sept ans et un sacrifice Yaññasāmikattherāpadānaṃ

    Yaññasāmika Thera (Ummāpupphiya Vagga, 33e) raconte qu’à sept ans il maîtrisait les mantras et perpétuait la lignée de sa famille. Il prépara un sacrifice, avec des animaux attachés à des poteaux pour être mis à mort. Le Bouddha Siddhattha vint et dit : ne faire de mal à aucun être, s’abstenir du vol, de l’inconduite sexuelle et de la boisson enivrante, se réjouir d’une conduite égale, l’instruction et la gratitude — voilà ce que louent les sages ; réjouissez-vous du bien-être de tous les êtres. Il purifia d’abord son esprit, puis lui donna confiance. La stance ne dit pas ce qu’il advint des animaux.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Ce que nous faisons parce que c’est une tradition familiale ou professionnelle devrait pouvoir être réexaminé lorsque nous voyons que cela nuit à autrui. Le changement commence dans notre propre esprit ; nous n’avons pas à attendre que toute la famille soit d’accord.

  6. 6

    Aller s’asseoir pour écouter les nobles vérités Saccasaññakattherāpadānaṃ

    Saccasaññaka Thera (Hatthi Vagga, 22e) raconte que le Bienheureux Vessabhū, entouré de la communauté des moines, enseignait les nobles vérités pour apaiser la grande foule. Lui, un homme ayant grand besoin de compassion, se rendit à l’assemblée et s’assit pour écouter le Dhamma du Maître. La stance nomme ce qu’il obtint saccasaññā, l’orientation de l’esprit vers la vérité.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand votre esprit brûle à cause d’un problème, aller vous asseoir une heure pour écouter le Dhamma, ou quelqu’un qui comprend la vie — sans avoir encore à rien décider —, vous aide à voir le problème davantage tel qu’il est.

À essayer dans la vie quotidienne

Prendre refuge, en ce sens, c’est choisir ce qui sera l’ancrage de votre vie. Les récits de cette page montrent que ce choix est ouvert à tous : des soldats sur le point de combattre, un chasseur de la forêt, un homme dont la famille s’était déchirée, un garçon élevé pour accomplir des sacrifices. Personne dans ces récits n’a dû d’abord être parfait.

Ce qui s’applique directement, c’est de voir les préceptes comme un don fait à ceux qui nous entourent. Quand nous ne faisons pas de mal, ne volons pas, ne trompons pas notre partenaire, ne mentons pas et ne nous enivrons pas, les gens autour de nous y gagnent eux aussi en sécurité. C’est un don qui ne coûte pas un centime.

Une mise en garde : se faire ordonner ou partir en retraite pendant une crise peut réellement apaiser l’esprit, mais cela ne remplace pas le retour pour affronter les problèmes qui attendent toujours. Servez-vous de ce temps pour préparer l’esprit, puis revenez faire face à ce qui doit l’être.

Sources dans le Tipiṭaka

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