Le discours à Sela : un roi selon le Dhamma, et un brahmane qui vérifie avant de croire
Dhammarājā anuttaroSela, maître brahmane de trois cents élèves, entend le mot « Bouddha » et va voir par lui-même. Le Bouddha dit…
Akittijātakaṃ
Sakka offre à l’ascète Akitti la faveur qu’il souhaite, mais Akitti ne demande ni richesse ni monde céleste. Il demande plutôt d’être libéré de l’avidité et de la haine, de ne pas vivre avec les insensés, de vivre avec les sages, de donner avec un esprit lumineux, et que Sakka ne revienne plus lui rendre visite.
Dans le Jātaka Akitti du Terasanipāta des Jātaka, dans le Khuddaka Nikāya, Sakka voit l’ascète Akitti vivre seul dans un lieu desséché et lui demande ce qu’il cherche. Akitti répond que la naissance répétée, la dissolution du corps et la mort dans la confusion sont souffrance, et que c’est pour cela qu’il vit là. Satisfait de la réponse, Sakka lui offre une faveur. Akitti demande ses faveurs une à une, et Sakka lui demande les raisons de certaines d’entre elles.
Les faveurs sont : être libéré de l’avidité par laquelle les gens ne sont jamais satisfaits, même lorsqu’ils obtiennent enfants, conjoints, richesses et choses chères ; être libéré de la haine par laquelle les gens perdent champs, terres et biens ; ne jamais voir, entendre ni côtoyer un insensé ; voir, entendre et côtoyer les sages ; que paraissent une nourriture divine et des bénéficiaires vertueux, que sa foi ne faiblisse pas en donnant, qu’il n’éprouve aucun regret après avoir donné, et que son esprit soit lumineux en donnant ; et enfin, que Sakka ne revienne plus auprès de lui, car en voyant une telle splendeur il pourrait devenir négligent dans sa pratique.
L’histoire provient du commentaire. Akitti était un riche brahmane. À la mort de ses parents, il vit que ceux qui avaient amassé des richesses étaient tous partis sans les emporter ; il les donna donc et quitta le foyer avec sa sœur. Quand il eut gagné de nombreux disciples et beaucoup d’honneurs, il se retira sur une île, vivant de feuilles cuites à la vapeur. Sakka vint déguisé en brahmane pour demander de la nourriture trois jours de suite, et chaque fois l’ascète donna tout ce qu’il avait. Le commentaire dit que le Bouddha raconta cette histoire à un disciple laïc qui avait fait une grande offrande.
Dans le commentaire, Akitti vit que ceux qui avaient amassé de grandes richesses étaient tous morts en les laissant derrière eux ; il fit donc des aumônes pendant sept jours, puis ouvrit sa maison pour que les gens emportent ce qu’ils voulaient, et quitta le foyer. Quand il eut gagné de nombreux disciples et beaucoup d’honneurs, il se retira dans un lieu tranquille, et même affamé, il donna les feuilles cuites qu’il avait au brahmane venu les demander.
Regardez quels biens ou quelle forme de reconnaissance vous prennent trop de temps et de paix, et réduisez-les peu à peu, sans en abandonner tant que vous en souffririez.
Pour la première faveur, l’ascète demande : l’avidité par laquelle les gens, ayant obtenu enfants, conjoints, richesses, grains et choses chères, ne sont toujours pas satisfaits, que cette avidité ne demeure pas en moi.
Avant d’acheter quelque chose de nouveau ou d’accepter davantage de travail, demandez-vous si c’est parce que vous en avez besoin ou parce que vous n’avez pas encore le sentiment d’avoir assez. Puis essayez de rendre grâce pour trois choses que vous avez déjà.
Pour la deuxième faveur, l’ascète demande : la haine par laquelle les gens perdent champs, terres, argent, bétail, chevaux et serviteurs, que cette haine ne demeure pas en moi. Le commentaire explique que ceux qui font le mal sous l’effet de la colère sont punis et perdent leurs biens, ou se font du mal à eux-mêmes.
Passez en revue les fois où vous avez perdu de l’argent, un travail ou une relation à cause de la colère, et prévoyez à l’avance où vous vous arrêterez la prochaine fois.
L’ascète demande de ne jamais voir, entendre ni côtoyer un insensé, ni prendre plaisir à converser avec lui. Quand Sakka lui demande ce qu’un insensé lui a fait, il répond : l’insensé mène vers ce qui ne convient pas, pousse à ce qui ne nous regarde pas, prend un mauvais conseil pour un bon, se met en colère même quand on lui parle justement, et ne connaît pas la discipline.
Remarquez qui, autour de vous, vous entraîne vers des choses que vous regrettez ensuite, et qui se fâche chaque fois qu’on le reprend, et passez poliment moins de temps avec eux.
L’ascète demande de voir, entendre et côtoyer les sages, car les sages mènent vers ce qui convient, ne poussent pas à ce qui ne nous regarde pas, tiennent un bon conseil pour bon, ne se mettent pas en colère quand on leur parle justement, et connaissent la discipline.
Trouvez quelqu’un que vous pouvez reprendre et qui peut vous reprendre sans que ni l’un ni l’autre ne se fâche, et parlez-vous régulièrement. Une telle personne vaut plus qu’un ami qui vous approuve en tout.
L’ascète demande qu’à l’aube paraissent une nourriture divine et des personnes vertueuses demandant l’aumône, que pendant qu’il donne sa foi ne faiblisse pas, qu’après avoir donné il n’éprouve aucun regret, et que pendant qu’il donne son esprit soit lumineux.
Quand vous donnez quelque chose, observez votre esprit avant, pendant et après le don. Si le regret suit, la prochaine fois donnez moins, mais donnez avec joie.
Pour la dernière faveur, l’ascète demande à Sakka de ne plus revenir auprès de lui. Quand Sakka demande pourquoi le voir serait un danger alors que tant de gens désirent le voir, l’ascète répond qu’en voyant une forme divine dotée de tout ce que l’on pourrait souhaiter, il pourrait devenir négligent dans sa pratique. Le commentaire explique qu’il pourrait en venir à désirer la position de Sakka au lieu du Nibbāna.
Si vous savez ce qui vous détourne de vos objectifs, comme certaines applications, certains magasins ou des groupes qui encouragent les dépenses excessives, prenez vos distances à l’avance plutôt que de compter sur la seule volonté.
Si quelqu’un pouvait exaucer aujourd’hui n’importe quel vœu, la plupart des gens demanderaient quelque chose d’extérieur. Le Jātaka Akitti nous invite plutôt à demander quelque chose d’intérieur : un esprit sans avidité ni colère, et un entourage de gens de bien, car ce sont eux qui façonnent la qualité de la vie, plus que la richesse.
Le mot « insensé » dans les stances désigne un comportement : pousser les autres vers le mal et se mettre en colère quand on le reprend de manière raisonnable. Ce n’est pas une étiquette à coller sur ceux que nous n’aimons pas. Vous pouvez prendre vos distances avec ceux qui vous entraînent vers le mal tout en restant poli et sans les mépriser.
Le récit du commentaire où l’ascète se prive de nourriture pendant trois jours pour donner appartient au Bodhisatta qui accomplit ses perfections. Ce n’est pas un modèle invitant les personnes ordinaires à donner au point d’en souffrir, elles ou leur famille.
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