Le Vaṅgīsa Saṃyutta : le poète qui entraîna son propre esprit
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Save kakkārumarahati
Quatre jeunes dieux descendent coiffés de couronnes de fleurs divines de kakkāru et décrivent qui est digne de les porter : celui qui ne vole ni ne ment, gagne sa richesse avec droiture, a une foi constante, partage et agit comme il parle. Un chapelain qui prétend mensongèrement posséder toutes ces qualités souffre terriblement.
Dans le Jātaka Kakkāru du Catukkanipāta des Jātaka, dans le Khuddaka Nikāya, se trouvent quatre stances, qui se terminent chacune ainsi : celui-là est vraiment digne des fleurs de kakkāru. Les qualités nommées sont : ne pas voler par le corps, ne pas mentir, ne pas s’enivrer de la renommée une fois acquise ; rechercher la richesse avec droiture, ne pas s’emparer de richesses par la tromperie, ne pas s’enivrer de ses possessions une fois acquises ; avoir un cœur qui ne pâlit pas vite et une foi qui ne vacille pas, ne pas savourer seul les bonnes choses ; ne pas injurier les gens de bien, ni en face ni dans leur dos, et agir comme on parle.
L’histoire vient du commentaire. Lors d’une fête à Bārāṇasī, quatre jeunes dieux de Tāvatiṃsa portaient des couronnes de kakkāru, des fleurs divines de la famille des courges, dont le parfum emplissait la ville. Les gens leur demandèrent ces fleurs, et les dieux répondirent qu’elles ne conviennent pas aux personnes sans vertu, puis prononcèrent les stances l’une après l’autre. Le chapelain du roi, qui ne possédait pas une seule de ces qualités, prétendit les avoir toutes et reçut les quatre couronnes.
Après le départ des dieux, le chapelain fut saisi d’une terrible douleur à la tête et ne put retirer les fleurs. Au bout de sept jours, le roi organisa de nouveau la fête pour que les dieux reviennent. Le chapelain avoua qu’il avait menti, et les dieux retirèrent les fleurs. Le commentaire dit que le Bouddha raconta cette histoire alors que des moines parlaient de Devadatta, qui divisa le Saṅgha par une parole mensongère, et que le chapelain était Devadatta dans une vie antérieure.
La première stance dit que celui qui ne vole pas par le corps et ne ment pas est digne des fleurs divines. Le commentaire explique : ne pas prendre même un brin d’herbe appartenant à autrui, et ne pas mentir, même au prix de sa vie.
N’emportez pas chez vous des choses du travail comme si elles vous appartenaient, même de petits objets comme des stylos ou du papier, et n’arrangez pas les chiffres d’un rapport.
La première stance poursuit : une fois la renommée acquise, ne pas s’en enivrer. Le commentaire explique que, même en accédant au pouvoir, une telle personne ne perd pas son attention et ne fait pas le mal à cause de lui.
Quand vous êtes promu, remarquez si votre façon de parler à vos anciens pairs a changé.
La deuxième stance dit que celui qui recherche la richesse avec droiture, ne s’empare pas de richesses par la tromperie et ne s’enivre pas de ses possessions une fois acquises est digne des fleurs divines. Le commentaire l’explique comme le fait de gagner sa vie par des moyens d’existence propres, et non par la ruse.
Quand vous vendez ou présentez quelque chose, indiquez honnêtement les limites de votre produit ou de votre service, même si cela rend la vente plus difficile.
La troisième stance parle de celui dont le cœur ne pâlit pas vite et dont la foi ne vacille pas. Le commentaire explique un cœur qui n’est pas comme une étoffe teinte au curcuma, dont la couleur passe vite — c’est-à-dire une affection constante — et une foi qui ne se brise pas pour des broutilles.
Quand un ami ou un membre de votre famille commet une petite erreur, ne laissez pas une relation construite de longue date se faner pour cette seule chose.
La troisième stance poursuit : ne pas savourer seul les mets délicats. Le commentaire explique : ne pas écarter ceux qui demandent ou qui méritent une part, mais partager avec eux avant de manger.
Quand vous recevez quelque chose de délicieux ou une belle occasion, pensez à ceux autour de vous qui devraient en profiter aussi, par exemple en partageant des en-cas avec vos collègues ou en transmettant une offre d’emploi à quelqu’un qui cherche du travail.
La quatrième stance dit que celui qui n’injurie pas les gens de bien, ni en face ni dans leur dos, et qui agit comme il parle, est digne des fleurs divines. Le commentaire explique : ne pas insulter ceux qui ont de la vertu et de bonnes qualités, et accomplir par le corps ce que l’on a dit en paroles.
Avant de promettre quoi que ce soit, demandez-vous si vous pouvez vraiment le faire, et parlez des autres dans leur dos comme vous le feriez en face.
Dans le commentaire, le chapelain sait qu’il ne possède aucune de ces qualités, mais il pense que s’il porte les fleurs, les gens le croiront vertueux ; il ment donc pour obtenir les quatre couronnes. Après le départ des dieux, sa tête le fait terriblement souffrir et il ne peut retirer les fleurs pendant sept jours, jusqu’à ce qu’il avoue devant tous qu’il a menti.
N’indiquez pas sur une candidature ou un profil des compétences ou une expérience que vous n’avez pas. Si vous obtenez un emploi de cette façon, la pression qui s’ensuit est plus lourde que de dire la vérité.
Les fleurs divines de l’histoire sont comme les honneurs, les positions ou la confiance que d’autres nous accordent. Elles sont trop lourdes pour quelqu’un qui n’a pas les qualités nécessaires pour les porter. Prétendre à des qualités qui nous manquent pour les obtenir devient un fardeau que nous devons porter nous-mêmes.
Les qualités des quatre stances forment une liste de vérification utilisable sur-le-champ, surtout quand les CV, les profils en ligne et la publicité nous poussent à exagérer.
La dernière qualité, agir comme on parle, résume toutes les autres, car celui dont les paroles et les actes concordent n’a jamais besoin de prétendre à des qualités qu’il n’a pas.
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