Le traité de la conduite : trois séries de huit sortes de conduite
CariyākathāLe Paṭisambhidāmagga répartit la conduite (cariyā) en trois séries de huit : de la conduite dans les postures,…
Sīhacammajātakaṃ
Un âne couvert d’une peau de lion broutait les récoltes vertes depuis longtemps, mais quand il brailla, il se révéla être un âne. Une image empruntée peut tromper les gens un temps, mais la vraie nature se montre à la fin.
Dans le Jātaka Sīhacamma du Duka Nipāta, dans les Jātaka du Khuddaka Nikāya, la première stance dit : ce n’est pas le rugissement d’un lion, ni d’un tigre, ni d’un léopard ; c’est un misérable âne couvert d’une peau de lion qui crie. La seconde dit que l’âne dans la peau du lion aurait pu manger l’orge verte longtemps, mais qu’en braillant il s’est perdu.
Le Tipiṭaka ne contient que ces deux stances. Le commentaire rapporte qu’un marchand ambulant couvrait son âne d’une peau de lion et le laissait paître dans les champs des villageois. Les gardiens des champs n’osaient pas approcher, croyant que c’était un lion, jusqu’au jour où les villageois se rassemblèrent et firent grand tapage. L’âne effrayé brailla, les villageois comprirent que c’était un âne, et ils l’attaquèrent.
Cette fable est largement connue dans de nombreuses cultures. Sa leçon principale tient à l’écart entre l’image présentée et la personne réelle.
La première stance reconnaît d’emblée que ce n’est pas le rugissement d’un lion, d’un tigre ou d’un léopard. L’apparence peut se contrefaire, mais ce qui vient de l’intérieur — les paroles et les actes sous la pression — est difficile à contrefaire.
Pour évaluer quelqu’un, écoutez avec quelle profondeur il peut expliquer le domaine qu’il prétend connaître, plutôt que de regarder son titre ou sa photo de profil.
L’âne était couvert d’une peau de lion ; son air redoutable n’était pas le sien. Quand la peau tombe ou est démasquée, l’air redoutable disparaît avec elle.
Si vous vous appuyez sur le nom d’une entreprise, le nom d’un maître ou un titre, demandez-vous ce qui vous resterait en propre sans cela, et commencez à bâtir cette part-là.
La seconde stance admet que l’âne mangea les récoltes longtemps. La tromperie fonctionne parfois longtemps, ce qui fait croire qu’elle fonctionnera toujours, mais la vérité n’attend qu’un seul moment pour apparaître.
S’il y a quelque chose que vous avez caché ou exagéré depuis longtemps, plus tôt vous le corrigerez, moins les dégâts seront grands.
L’âne ne fut pas pris parce que quelqu’un lui arracha la peau, mais parce qu’il cria lui-même. Le commentaire dit qu’il brailla de frayeur au tapage des villageois. La pression a tendance à laisser échapper la vraie nature.
Bâtissez une réelle compétence avant le jour où vous en aurez besoin. Le jour d’un examen, lors d’un entretien ou dans une crise, vous ne pouvez faire que ce dont vous êtes vraiment capable.
Selon le commentaire, celui qui imagina la ruse était le marchand, qui voulait que son âne mange gratuitement les récoltes des autres, mais celui qui en pâtit fut l’âne, et les paysans perdirent leurs récoltes pendant longtemps. La tromperie cause des dommages dans bien des directions.
Si quelqu’un vous demande de jouer un rôle, de prêter votre nom ou de vous porter garant pour lui dans quelque chose de faux, refusez. Quand la vérité éclatera, c’est vous qui serez en première ligne.
À une époque où l’image est facile à construire — profils en ligne, titres revendiqués, expertise pas encore réelle —, ce jātaka avertit qu’une carapace extérieure fait gagner du temps mais ne change pas ce que nous sommes, et quand vient le moment de montrer une réelle compétence, la vérité apparaît.
Le jātaka joue dans les deux sens : il nous met en garde contre le fait de nous surestimer, et nous rappelle de juger les autres sur leur travail et leurs paroles réels, et non sur leur image.
Remarquez aussi que celui qui profitait de la tromperie était le marchand, mais que celui qui en souffrit fut l’âne. Celui qu’on fait jouer un rôle pour le compte d’un autre est lui aussi en danger.
Touchez pour lire le passage sur la page citée.
Le Paṭisambhidāmagga répartit la conduite (cariyā) en trois séries de huit : de la conduite dans les postures,…
Le Bouddha renvoie des moines nouvellement arrivés parce qu’ils sont bruyants ; les Sakya et Brahmā intercèden…
Un moine nouvellement ordonné et sans renommée gisait gravement malade dans une certaine demeure. Un autre moi…
Trois stances qui résument le cœur de l’enseignement — ne pas faire le mal, cultiver le bien, purifier l’espri…