Les dernières stances de Vaṅgīsa : s’enquérir d’un précepteur disparu
Vie quotidienne

Les dernières stances de Vaṅgīsa : s’enquérir d’un précepteur disparu

Pucchāmi satthāramanomapaññaṃ

Les dernières stances de la Theragāthā. Vaṅgīsa, ancien poète, se rappelle comment il errait, ivre de poésie, jusqu’à ce qu’il entende le Dhamma, puis il demande au Bouddha, devant l’assemblée, si son défunt précepteur Nigrodhakappa n’a pas mené la vie sainte en vain. Le Bouddha répond brièvement qu’il a tranché le désir avide.

8 points

Dans la Theragāthā du Khuddaka Nikāya, la Grande Section ne compte qu’un seul Ancien, Vaṅgīsa, l’éloquent, qui prononça soixante et onze stances. Sa dernière partie contient des stances où il revient sur sa propre vie jusqu’à son Éveil, et une longue série de stances où il interroge le Bouddha au sujet de Nigrodhakappa, mort au sanctuaire d’Aggāḷava. La traduction thaïe l’identifie comme le précepteur de Vaṅgīsa. La même série de stances figure aussi dans le Sutta Nipāta.

Les lignes d’introduction qui précèdent chaque série de stances dans la traduction thaïe, comme « un jour, il se demanda si son précepteur avait atteint le Nibbāna », sont des ajouts narratifs et ne font pas partie des stances pālies elles-mêmes.

La Theragāthā se termine ici, par un résumé indiquant que 264 Anciens prononcèrent en tout 1 360 stances, puis atteignirent le Nibbāna comme un feu dont le combustible est épuisé.

  1. 1

    Errer, ivre de poésie Kāveyyamattā vicarimha pubbe

    Vaṅgīsa dit : autrefois, ivre de poésie, j’errais de village en village et de ville en ville ; puis je vis le Bouddha pleinement éveillé, parvenu au-delà de toutes choses. La traduction thaïe rend le premier vers par « autrefois, j’étais honoré en allant de lieu en lieu », tandis que le pāli parle d’être ivre de poésie.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Remarquez où vos talents mènent votre vie. S’ils ne font que vous faire tourner en quête de louange, cherchez un moyen de les employer à quelque chose qui aide vraiment les autres.

  2. 2

    Comprendre les agrégats, les bases sensorielles et les éléments Khandhe āyatanāni ca

    Le Maître lui enseigna le Dhamma. En l’entendant, il acquit confiance et foi, comprit les agrégats, les bases sensorielles et les éléments, puis quitta le foyer. Il ne quitta pas le foyer par simple admiration, mais parce qu’il comprenait la vie d’une manière nouvelle.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Avant de prendre une grande décision par foi, demandez-vous quelle compréhension nouvelle vous avez acquise. La compréhension empêche la foi de disparaître une fois la première émotion retombée.

  3. 3

    Pour le bien des femmes et des hommes Itthīnaṃ purisānañca

    Il dit que les Tathāgata apparaissent pour le bien du grand nombre : les femmes et les hommes qui suivent l’enseignement. Le sage a atteint l’Éveil pour le bien des moines et des moniales qui voient la voie sûre.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous invitez d’autres personnes à pratiquer ou à apprendre quelque chose de bon, n’excluez personne en raison de son genre, de son âge ou de son statut. Ce qui est vraiment bon devrait être ouvert à tous ceux qui sont sincères.

  4. 4

    Voir comme cela a été enseigné Diṭṭhā me te yathātathā

    Il parle des quatre nobles vérités enseignées par le Bouddha : la souffrance, son origine, son dépassement et le chemin octuple, et dit que telles ces vérités ont été enseignées, telles il les a vues. Il a atteint son propre but, et sa venue en présence du Bouddha fut une heureuse venue.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous étudiez quoi que ce soit, cherchez à le voir par vous-même, pas seulement à le retenir. Par exemple, essayez aujourd’hui de voir vraiment la cause d’une petite souffrance.

  5. 5

    S’enquérir ouvertement de celui qui est parti Pucchāmi satthāramanomapaññaṃ

    Vaṅgīsa interroge le Maître au sujet du moine mort à Aggāḷava, connu et renommé, qui avait tranché le doute, et que le Bouddha avait nommé Nigrodhakappa. Il dit : nous désirons tous savoir ce qu’il en est de ce disciple ; dites-le-nous, ici, au milieu de nous.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous perdez une personne importante, ne gardez pas pour vous vos questions ou vos sentiments inachevés. Parlez-en avec quelqu’un en qui vous avez confiance ou qui connaît bien la question. Demander ouvertement aide l’esprit à lâcher prise.

  6. 6

    La vie consacrée n’a-t-elle pas été vaine ? Kappāyano kaccissa taṃ amoghaṃ

    Il dit qu’il aspire aux paroles du Bouddha comme celui que brûle la chaleur aspire à l’eau, puis demande : le but pour lequel Kappāyana a mené la vie sainte, n’a-t-il pas été vain ? A-t-il atteint le Nibbāna sans reste, ou avec un reste ?

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous vous demandez si la vie de quelqu’un, ou la vôtre, a un sens, regardez ce qui a été lâché plutôt que ce qui a été accumulé, comme la colère, l’attachement ou les mauvaises habitudes qui ont été surmontés.

  7. 7

    Une réponse brève qui suffit Acchecchi taṇhaṃ idha nāmarūpe

    La question s’étend sur plus de dix stances, mais le Bouddha répond en une seule stance : ici même, il a tranché le désir avide pour le nom-et-forme, tranché le courant du désir avide longtemps resté latent, et il a entièrement traversé la naissance et la mort.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous consolez une personne en deuil, une réponse brève, vraie et claire aide souvent plus qu’une longue explication. Ne dites que ce que vous savez vraiment, dans la mesure que son cœur peut recevoir.

  8. 8

    La question n’a pas été vaine Amoghaṃ kira me puṭṭhaṃ

    Vaṅgīsa se réjouit de la réponse et dit : ma question n’a pas été vaine ; vous ne m’avez pas trompé. Le disciple du Bouddha a agi comme il parlait ; il a tranché le filet du Roi de la Mort. Il rend ensuite hommage à Nigrodhakappa comme à un fils né à la suite du Bouddha.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Honorer une personne disparue par ces mots, « elle a agi comme elle parlait », est une haute louange. Demandez-vous si, le jour où l’on parlera de vous, ces mots vous conviendraient.

À essayer dans la vie quotidienne

Quand une personne que nous vénérons disparaît, des questions surgissent d’elles-mêmes : est-elle bien partie, et la vie qu’elle a consacrée n’a-t-elle pas été gâchée ? Vaṅgīsa n’a pas gardé cette question pour lui ; il l’a posée ouvertement devant celui qui pouvait y répondre.

Nous n’avons peut-être personne qui puisse répondre aussi clairement, mais nous pouvons répondre en partie nous-mêmes en regardant ce que la personne disparue a lâché au cours de sa vie et le bien qu’elle a laissé à ceux qui restent.

La première partie des stances avertit aussi qu’un talent dont nous sommes fiers, comme la parole ou l’écriture, peut faire tourner la vie autour de la louange, jusqu’à ce que nous mettions ce talent au service de quelque chose de plus porteur de sens.

Sources dans le Tipiṭaka

Touchez pour lire le passage sur la page citée.

Autres principes à découvrir

Connectez-vous pour gagner 40 points de mérite en lisant cette page