Le Niddesa sur le Jarā Sutta : la vie est plus courte que nous ne le pensons
JarāsuttaniddesoL’explication du Jarā Sutta dans le Mahāniddesa : la vie est courte, à la fois parce qu’elle ne dure qu’un seu…
Pārāsariyattheragāthā
Assis seul, l’Ancien Pārāsariya se demande comment accomplir sa propre tâche sans nuire à personne. La réponse est de garder les facultés de l’œil, de l’oreille, du nez, de la langue, du corps et de l’esprit, d’éviter les tâches inutiles, et d’utiliser les cinq facultés saines pour chasser les facultés qui courent après les objets, comme on chasse une cheville par une cheville.
Dans le Livre des Vingt de la Theragāthā, Khuddaka Nikāya, se trouvent les stances de l’Ancien Pārāsariya (appelé Pārāpariya dans certaines éditions). Elles commencent par une pensée qui lui vint alors qu’il était assis seul, retiré : en suivant quelle séquence, quelle observance et quelle conduite une personne accomplit-elle sa propre tâche sans nuire à personne ?
La réponse est que les facultés humaines peuvent conduire au bien-être ou au tort. Non gardées, elles conduisent au tort ; gardées, elles conduisent au bien-être. Les stances passent ensuite en revue chaque porte à tour de rôle : l’œil qui va vers les formes visibles, l’oreille vers les sons, le nez, la langue et le corps, et enfin l’esprit.
Les stances s’adressent à des moines, et prennent donc le corps d’une femme ainsi que ses formes, ses sons, ses odeurs, ses saveurs et ses contacts comme exemples de ce qui attire l’esprit. Cette page étend ce principe à toutes sortes de stimulations. Le même livre contient un autre ensemble de stances de Pārāsariya, sur la manière dont les moines changeraient plus tard, qui est un sujet différent de celui de cette page.
Assis seul, retiré, l’Ancien se demanda : en suivant quelle séquence, quelle observance et quelle conduite une personne accomplit-elle sa propre tâche sans nuire à personne ?
Posez-vous cette question au début de la journée : quel est mon travail aujourd’hui, et comment puis-je le faire sans créer de charge ni de difficultés pour personne ?
Les facultés humaines peuvent conduire au bien-être ou au tort : non gardées, elles conduisent au tort ; gardées, au bien-être. Celui qui garde et protège ses facultés accomplit sa propre tâche sans nuire à personne.
Nos yeux et nos oreilles sont des outils : ils peuvent servir à apprendre ou à blesser notre propre esprit. Décidez clairement de ce que vous absorberez à quels moments de la journée.
Celui qui ne retient pas l’œil qui va vers les formes visibles, sans en voir le danger, n’est pas libéré de la souffrance. Celui qui ne retient pas l’oreille qui va vers les sons, sans en voir le danger, n’est pas non plus libéré de la souffrance.
Quand vous vous apercevez que vous faites défiler des vidéos depuis une heure, demandez-vous si vous en avez déjà vu le danger, comme se coucher tard ou avoir l’esprit dispersé, et servez-vous de cette prise de conscience comme élan pour arrêter.
Celui qui, ne voyant pas l’issue, s’adonne aux odeurs n’est pas libéré de la souffrance. Celui qui s’attarde sur les saveurs aigres, sucrées et amères, lié par le désir avide de saveur, oublie, selon les mots de la traduction thaïe, l’intention formée en quittant le foyer, celle de mettre fin à la souffrance. Celui qui s’attarde sur les contacts agréables fait l’expérience de nombreuses souffrances enracinées dans la passion, et celui qui ne sait pas garder son esprit est poursuivi par la souffrance venue des cinq courants.
Si vous vous êtes fixé un but, comme épargner de l’argent ou prendre soin de votre santé, remarquez si le désir avide de saveurs ou de confort immédiat vous le fait oublier.
Les stances comparent le corps à une boîte fabriquée par un artisan habile, belle à l’extérieur mais remplie d’impuretés à l’intérieur. Le sot ne se rend pas compte que ce qui est tranchant et pourtant doux au goût, lié à l’amour, est souffrance, comme un rasoir enduit de miel. Celui qui se délecte des formes, des sons, des odeurs, des saveurs et des contacts rencontre bien des sortes de souffrance.
Quand quelque chose attire fortement votre esprit, demandez-vous quel tranchant se cache sous la première douceur, comme les dettes de carte de crédit après les achats, ou une relation qui vous blesse.
Celui qui a l’énergie de barrer ces courants se tient dans le bien et dans le Dhamma. On devrait se réjouir des tâches liées au bien et au Dhamma, éviter les tâches inutiles, et adopter ce qui est bénéfique ainsi que la joie propre au Dhamma, car la joie dans le Dhamma est la joie suprême. Les stances disent aussi que celui qui s’empare cruellement des biens d’autrui se réjouit de ce qui mène à la ruine.
Faites la liste de ce que vous faites de votre temps libre et classez-le en utile et inutile. Déplacez peu à peu du temps du second groupe vers le premier.
De même qu’un homme vigoureux qui fend du bois chasse une cheville par une cheville, un moine habile chasse les facultés par les facultés. En développant la foi, l’énergie, l’attention, la concentration et la sagesse, ayant abattu cinq par cinq, on s’en va libre de souffrance, on suit tout l’enseignement du Bouddha et l’on atteint le bonheur.
N’essayez pas d’arrêter une mauvaise habitude par la seule résistance ; mettez quelque chose de bon à sa place, par exemple en vous servant de la détermination et de l’attention pour faire de l’exercice le matin, pendant le temps que vous passiez à faire défiler votre écran au lit.
La question qui ouvre les stances de l’Ancien est celle que se posent aujourd’hui les gens qui travaillent : comment bien faire mon travail sans nuire à personne ? Sa réponse ne commence pas par des règles extérieures mais par nos propres portes de perception, car ce que nous laissons entrer par nos yeux et nos oreilles sans en voir le danger devient peu à peu un désir qui nous pousse à faire ce que nous ne devrions pas faire.
À une époque où les applications sont conçues pour capter l’attention, ces stances s’appliquent directement. Garder les facultés ne signifie pas fermer les yeux et les oreilles, mais remarquer quand l’esprit est emporté par une stimulation, et savoir qu’il existe une issue.
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