Le Jātaka Cullabodhi : la colère surgit, mais on ne la laisse pas rester
CullabodhijātakaṃUn ascète admet que la colère est réellement apparue dans son esprit, mais qu’il l’a aussitôt contenue, comme …
Abhisamayakathā
Par quoi réalise-t-on, et quand les souillures sont-elles abandonnées ? Les souillures passées ont déjà disparu, les futures ne sont pas encore nées, et les présentes ne peuvent être abandonnées pendant qu’elles ont lieu. Le Paṭisambhidāmagga répond par la comparaison du jeune arbre coupé à la racine : les fruits qui n’ont pas encore été produits ne viennent jamais.
Dans le traité de la réalisation (Abhisamayakathā) du chapitre de la sagesse du Paṭisambhidāmagga, Khuddaka Nikāya, la question est posée : par quoi la réalisation (abhisamaya) se produit-elle ? Par l’esprit ? Alors quelqu’un sans connaissance pourrait réaliser. Par la connaissance ? Alors quelqu’un sans esprit pourrait réaliser. Le questionnement se poursuit jusqu’à la réponse : on réalise par l’esprit et la connaissance présents au moment du chemin supramondain.
Il soulève ensuite ce qui ressemble à une énigme : celui qui réalise abandonne-t-il les souillures passées, les souillures futures, ou les présentes ? Il montre que les trois semblent impossibles, avant de répondre par la comparaison du jeune arbre coupé à la racine.
Il s’agit d’une matière analytique sur le chemin et le fruit ; les listes techniques servent à la compréhension d’ensemble. Mais la logique de la coupe à la racine peut s’appliquer au soin de l’esprit dans la vie quotidienne.
Si l’on réalisait par l’esprit seul, quelqu’un sans connaissance pourrait réaliser ; si c’était par la connaissance seule, quelqu’un sans esprit le pourrait. Ce doit donc être par l’esprit et la connaissance ensemble. Au moment du chemin, l’esprit prédomine dans la production et est une condition pour la connaissance ; la connaissance prédomine dans la vision et est une condition pour l’esprit ; tous deux ont la cessation pour objet.
La compréhension seule sans un esprit disposé, ou un esprit déterminé sans compréhension, ne suffit pas à changer une habitude. Il faut que les deux travaillent ensemble.
Il rejette chaque option tour à tour : pas par l’esprit de la sphère sensuelle, de la sphère de la forme subtile ou de la sphère sans forme, pas par l’esprit passé ou futur, ni par l’esprit mondain présent, mais par l’esprit et la connaissance présents au moment du chemin supramondain. Ce point sert à la compréhension d’ensemble.
La réalisation n’a lieu que dans le moment présent. Se rappeler une ancienne compréhension ou s’imaginer un succès futur, ce n’est pas la vision elle-même. Exercez-vous à revenir souvent à maintenant.
Il demande si la réalisation se limite à cela, et répond que non : au moment du chemin, la réalisation en tant que vision est la vue juste, la réalisation en tant qu’orientation est l’intention juste, et ainsi de suite à travers les facteurs d’Éveil, les forces et les facultés, jusqu’au Nibbāna comme réalisation au sens de fin ultime. Ce point sert à la compréhension d’ensemble.
Le progrès de l’esprit ne vient pas d’une seule vertu. La parole, les moyens d’existence, l’effort et l’attention font tous partie d’un même tableau. N’en négligez aucun.
Si l’on abandonne les souillures passées, on détruirait ce qui est déjà détruit. Si ce sont les futures, on abandonnerait ce qui n’est pas encore né. Si ce sont les présentes, alors celui qui est sous l’emprise de la passion abandonnerait la passion à ce moment même, les états sombres et lumineux se produisant ensemble. Il demande donc : n’y a-t-il alors ni développement du chemin ni abandon des souillures ?
Remarquez que nous aimons « combattre » les émotions quand elles sont au plus fort, ce qui fonctionne rarement. Les moments plus calmes sont plus propices pour prendre soin de leurs causes.
Il répond que le développement du chemin existe et que l’abandon des souillures existe. C’est comme un jeune arbre qui n’a pas encore porté de fruits : si un homme le coupe à la racine, les fruits non encore produits ne sont jamais produits, ceux qui ne sont pas encore apparus n’apparaissent jamais. Les souillures qui naîtraient d’une cause ne naissent jamais quand la cause est coupée.
Si vous savez que vous devenez irritable quand vous manquez de sommeil, dormir suffisamment, c’est couper la racine. Si ouvrir certaines applications vous rend envieux, ne pas les ouvrir, c’est couper la racine. Traitez la cause avant que le fruit ne pousse.
L’apparition est une cause et une condition pour que les souillures soient produites. Quand l’esprit voit le danger dans l’apparition, il bondit dans le Nibbāna, où il n’y a pas d’apparition. Il dit la même chose du kamma comme condition des souillures. Ce point sert à la compréhension d’ensemble.
Le changement durable d’une mauvaise habitude commence généralement quand on voit clairement par soi-même le mal qu’elle fait, et non par une interdiction. Notez par écrit le tort réel qu’elle a causé et relisez-le.
Il conclut : avec la cessation de la cause, la souffrance cesse. Ainsi, le développement du chemin existe, la réalisation du fruit existe, l’abandon des souillures existe, et la réalisation du Dhamma existe.
Quand un problème revient sans cesse, demandez-vous « quelle en est la cause ? » avant de demander « comment faire cesser le symptôme ? ». Traiter les symptômes aide un temps ; traiter les causes aide longtemps.
La leçon que vous pouvez utiliser tout de suite : vous ne pouvez pas réparer la colère d’hier, car elle est passée, et vous n’avez pas à combattre une colère qui n’est pas encore née. Ce que vous pouvez faire, c’est prendre soin des causes qui la font naître, comme on coupe un arbre à la racine avant qu’il porte fruit.
Un autre point consiste à voir le danger dans l’« apparition », afin que l’esprit s’incline vers la non-apparition. Concrètement, quand vous voyez clairement comment une habitude apporte de la souffrance, l’esprit la lâche de lui-même, plus que par la force.
Gardez à l’esprit que le traité parle de l’abandon des souillures par le chemin, ce qui est profond. L’appliquer à la vie quotidienne est une analogie ; cela ne signifie pas qu’empêcher ainsi les émotions revient à atteindre le Dhamma.
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