L’analyse de la connaissance : les dix pouvoirs du Tathāgata
ÑāṇavibhaṅgoLa section finale du seizième Vibhaṅga passe en revue dix connaissances propres à un Bouddha — de la connaissa…
Piṇḍapātapārisuddhisuttaṃ
Les facultés de Sāriputta sont claires parce qu’il demeure dans la vacuité. Le Bouddha enseigne une méthode d’examen de soi : sur le chemin parcouru pour l’aumône, y a-t-il eu désir, aversion ou illusion envers ce qui a été vu et entendu ? Les obstacles ont-ils été abandonnés et les qualités menant à l’Éveil développées ?
Dans le Piṇḍapātapārisuddhi Sutta du Majjhima Nikāya, Sāriputta sort de sa retraite le soir et se rend auprès du Bouddha. Le Bouddha dit : tes facultés sont claires, ton teint pur et lumineux ; dans quelle demeure intérieure demeures-tu habituellement ? Sāriputta répond qu’il demeure à présent habituellement dans la demeure de la vacuité. Le Bouddha dit que c’est la demeure des grands hommes.
Il enseigne ensuite qu’un moine qui souhaite demeurer dans la vacuité doit réfléchir : sur le chemin par lequel je suis entré au village pour l’aumône, dans le secteur où j’ai fait ma tournée, et sur le chemin par lequel je suis revenu, y a-t-il eu dans mon esprit désir, passion, haine, illusion ou aversion envers les formes, les sons, les odeurs, les saveurs, les objets tangibles ou les objets mentaux ? Si oui, il doit faire effort pour les abandonner. Sinon, il peut demeurer dans la joie et l’allégresse, s’entraînant jour et nuit aux états sains.
Le Bouddha expose d’autres réflexions : ai-je abandonné les cinq cordes du plaisir sensuel et les cinq obstacles ? Ai-je pleinement compris les cinq agrégats sujets à l’attachement ? Ai-je développé les fondements de l’attention, les efforts justes, les bases de pouvoir, les facultés, les forces, les facteurs d’Éveil, le Noble Octuple Sentier, le calme et la vision pénétrante ? Ai-je réalisé la vraie connaissance et la délivrance ? Il dit que tous les renonçants et brahmanes, à toutes les époques, qui ont purifié leur nourriture d’aumône l’ont fait en s’examinant de cette manière.
Le Bouddha remarque que les facultés de Sāriputta sont claires et son teint lumineux, et l’interroge à ce sujet. Sāriputta dit qu’il demeure habituellement dans la demeure de la vacuité. Le Bouddha dit que c’est la demeure des grands hommes.
Le calme intérieur tend à se voir sur le visage et dans l’allure. Prenez soin de l’esprit avant de vous soucier de votre image.
Un moine doit réfléchir : sur le chemin vers le village, là où j’ai fait ma tournée d’aumônes, et sur le chemin du retour, y a-t-il eu dans mon esprit désir, passion, haine, illusion ou aversion envers les formes connaissables par l’œil ? Et de même pour les sons, les odeurs, les saveurs, les objets tangibles et les objets mentaux.
Avant de dormir, refaites dans l’ordre le parcours de la journée : qu’ai-je vu et désiré, qu’ai-je entendu et qui m’a agacé ?
Si, en réfléchissant, il constate que des états malsains sont apparus, il doit faire effort pour les abandonner. S’il n’en trouve aucun, il peut demeurer dans la joie et l’allégresse, s’entraînant jour et nuit aux états sains.
S’examiner ne consiste pas seulement à chercher ses fautes. Un bon jour, reconnaissez-le et appréciez-le discrètement, comme un encouragement à continuer.
Les réflexions suivantes sont : ai-je abandonné les cinq cordes du plaisir sensuel ? Ai-je abandonné les cinq obstacles ? Sinon, il doit s’efforcer de les abandonner ; si oui, il peut demeurer dans la joie et l’allégresse.
Chaque semaine, demandez-vous quel obstacle vous trouble le plus — le désir, la malveillance, la torpeur, l’agitation ou le doute — et occupez-vous d’abord de celui-là.
Il réfléchit ensuite : ai-je pleinement compris les cinq agrégats sujets à l’attachement ? Ai-je développé les quatre fondements de l’attention, les quatre efforts justes, les quatre bases de pouvoir, les cinq facultés, les cinq forces, les sept facteurs d’Éveil et le Noble Octuple Sentier ? Ai-je développé le calme et la vision pénétrante ? Ai-je réalisé la vraie connaissance et la délivrance ?
Servez-vous de cette liste comme d’un bilan de santé mensuel de votre pratique. Vous n’avez pas à cocher toutes les cases, mais elle montre quels domaines vous avez négligés.
Les renonçants et brahmanes du passé, de l’avenir et du présent qui ont purifié leur nourriture d’aumône l’ont tous fait en s’examinant ainsi, encore et encore. C’est pourquoi le Bouddha dit à Sāriputta de s’entraîner de cette manière.
Pour les laïcs, recevoir de la nourriture, un salaire ou l’aide d’autrui peut aller de pair avec le souci de garder un esprit digne de ce que l’on reçoit.
Dans le Nagaravindeyya Sutta voisin, le Bouddha dit aux brahmanes maîtres de maison de Nagaravinda que les renonçants et brahmanes qui ne sont pas libres de passion, de haine et d’illusion envers ce que l’on connaît par les sens, dont l’esprit n’est pas en paix intérieurement, et dont la conduite en actes, en paroles et en pensées est inégale, ne doivent pas être honorés ; ceux qui en sont libres doivent l’être.
Quand vous choisissez un enseignant, regardez son calme et la constance de sa conduite plutôt que sa renommée ou son éloquence.
Ce discours propose un exercice de « revue du trajet » que les laïcs peuvent adapter directement. Le trajet domicile-travail, une course au marché ou une promenade dans un centre commercial sont autant de parcours où l’esprit rencontre d’innombrables choses.
En rentrant chez vous, revenez sur ce parcours : à quoi l’esprit s’est-il accroché en chemin, qu’est-ce qui l’a irrité, avec quoi s’est-il laissé emporter ? Inutile de vous blâmer — remarquez simplement et reprenez votre intention. Les jours où l’esprit est resté assez posé, vous pouvez vous en réjouir.
La demeure de la vacuité dont parle ce discours est un recueillement avancé des êtres nobles ; le commentaire l’explique comme le recueillement du fruit ayant la vacuité pour objet. Ce que les pratiquants ordinaires peuvent en retenir, c’est la méthode systématique d’examen de soi, et non la prétention de demeurer déjà dans la vacuité.
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