Les neuf demeures progressives
Nava anupubbavihārāL’échelle complète du calme en neuf échelons — les quatre jhāna, puis les quatre accomplissements sans forme, …
Puṇaṇikātherīgāthā
Une porteuse d’eau demande à un brahmane qui se baigne chaque jour dans l’eau froide pour laver le mal : si l’eau pouvait le faire, grenouilles, tortues et poissons iraient tous au monde céleste. Pour sortir de la souffrance, il faut cesser de faire le mal, prendre refuge et observer les préceptes.
Dans les stances de la therī Puṇṇikā, au Livre des Seize (Soḷasanipāta) de la Therīgāthā, Khuddaka Nikāya, Puṇṇikā raconte qu’elle était porteuse d’eau et devait entrer dans l’eau chaque jour en saison froide, par crainte des punitions et des paroles dures de son maître. Elle demande à un brahmane qui entre chaque jour dans l’eau froide, tout grelottant, ce qu’il craint. Il répond que quiconque a commis le mal en est délivré en se baignant.
Elle lui fait remarquer que, s’il en était ainsi, toutes les créatures aquatiques — et les gens qui vivent du mal — seraient délivrés du mal, et que si l’eau pouvait emporter le mal, elle emporterait aussi le mérite. Le brahmane l’admet et lui offre une étoffe de bain. Elle la refuse et lui conseille de prendre refuge dans le Bouddha, le Dhamma et le Saṅgha, et d’observer les préceptes. Le brahmane déclare : « Auparavant, je n’étais qu’un parent de Brahmā ; aujourd’hui, je suis un vrai brahmane. »
Le commentaire rapporte que Puṇṇikā était née d’une esclave dans la maison d’Anāthapiṇḍika. Après cet épisode, il l’affranchit, et elle quitta le foyer.
Puṇṇikā dit qu’elle entre dans l’eau par temps froid parce qu’elle craint son maître, puis demande au brahmane ce qu’il craint, lui qui entre chaque jour dans l’eau en grelottant de froid. La question l’amène à énoncer la vraie raison de ce qu’il fait.
Pour les routines ou les rites que vous accomplissez par habitude, demandez-vous doucement : « Pourquoi est-ce que je fais cela, et est-ce que cela produit vraiment ce que je crois ? »
Elle objecte que si l’on était délivré du mal en se baignant, grenouilles, tortues, crocodiles et autres créatures du fleuve iraient sûrement au monde céleste, et que bouchers, pêcheurs, chasseurs, voleurs et bourreaux seraient tous délivrés du mal en se baignant, eux aussi.
Quand vous entendez une affirmation qui paraît trop facile, appliquez-la à d’autres cas et voyez si elle a encore du sens.
Elle ajoute que si ces eaux pouvaient emporter le mal que vous avez fait, elles emporteraient aussi votre mérite. Cela montre que les fruits de l’action ne sont pas collés à la peau pour qu’on les lave, mais résident dans l’acte et l’intention.
Quand vous vous sentez coupable de quelque chose, ne cherchez pas de raccourci pour effacer ce sentiment. Traitez-en la cause : excusez-vous, réparez et ne recommencez pas.
Elle dit au brahmane : quel que soit le mal que vous craignez au point de vous baigner chaque jour, ne le commettez pas. Si vous craignez la souffrance, ne commettez aucune mauvaise action, ni ouvertement ni en secret ; car si vous en commettez, même en fuyant à travers les airs, vous n’échapperez pas à la souffrance.
Servez-vous d’un test simple : ce que vous ne feriez pas si quelqu’un vous regardait, ne le faites pas quand personne ne vous voit.
Lorsque le brahmane reconnaît qu’elle l’a conduit du mauvais chemin au noble chemin et lui offre une étoffe de bain, elle répond : « Que l’étoffe reste à vous ; je n’en veux pas » — et continue à lui conseiller ce qui lui sera vraiment profitable.
Quand vous donnez un bon conseil à quelqu’un, laissez-lui-en le bénéfice, sans attendre de remerciements ni de cadeau en retour.
Elle conseille : si vous craignez la souffrance et que la souffrance vous déplaît, prenez refuge dans le Bouddha, le Dhamma et le Saṅgha, et observez les préceptes. Prendre refuge et observer les préceptes mènera à la libération de la souffrance.
Au lieu de chercher un rite pour laver la malchance, essayez d’observer les cinq préceptes de tout votre cœur pendant une semaine, et remarquez la légèreté de l’esprit.
À la fin, le brahmane dit : « Auparavant, je n’étais qu’un parent de Brahmā ; aujourd’hui, je suis un vrai brahmane, doté des trois savoirs, lavé du mal. » La vraie qualité de brahmane ne vient ni de la naissance ni du bain rituel, mais du changement de sa vue et de sa conduite.
Un titre ou une étiquette ne nous rend pas bons. Mesurez-vous à ce que vous faites chaque jour.
Ces stances montrent que la sagesse ne dépend pas du rang. Une servante dont personne n’écoutait la voix a su, par des questions simples et raisonnées, tirer d’une croyance erronée un homme plus instruit qu’elle.
La croyance selon laquelle on « lave le mal avec de l’eau » survit sous de nouvelles formes : penser qu’un rite ou un don efface une faute sans aucun changement en nous-mêmes. Ces stances nous ramènent au principe que ce qui aide vraiment, c’est de cesser de mal faire et de s’établir dans la vertu.
Montrer à quelqu’un l’erreur de sa croyance doit se faire avec raison et bienveillance, comme le fit Puṇṇikā, et non pour le tourner en ridicule.
Touchez pour lire le passage sur la page citée.
L’échelle complète du calme en neuf échelons — les quatre jhāna, puis les quatre accomplissements sans forme, …
Un riche de Sāvatthī meurt, et son immense fortune, sans héritier, est transportée au palais, alors que de son…
Le roi Aṅgati écoute un ascète nu qui enseigne que les bonnes et les mauvaises actions ne portent aucun fruit,…
Trois règles consécutives du chapitre Andhakāra : s’asseoir chez quelqu’un et partir sans prendre congé, ce qu…