Le discours sur l’insurpassable : six choses suprêmes
AnuttariyasuttaṃVoir, entendre, obtenir, s’entraîner, servir et se remémorer existent à bien des niveaux. Le Bouddha ne nie pa…
Rāhulasaṃyuttaṃ
Rāhula demande un bref enseignement à pratiquer seul. Le Bouddha pose la même série de questions — permanent ou impermanent, souffrance ou bonheur, digne ou non d’être considéré comme un soi — à propos de dix groupes, des sens jusqu’aux cinq agrégats, et enseigne comment la fabrication du « je », la fabrication du « mien » et l’orgueil en viennent à disparaître.
Le Rāhula Saṃyutta, dans le Nidāna Vagga du Saṃyutta Nikāya, rassemble vingt-deux discours que le Bouddha adressa à Rāhula, en deux chapitres. Le premier commence par Rāhula demandant un enseignement bref, afin qu’après l’avoir entendu il puisse demeurer seul, retiré, vigilant et ardent.
Le Bouddha répond par des questions, pas à pas : l’œil est-il permanent ou impermanent ? Ce qui est impermanent est-il souffrance ou bonheur ? Ce qui est impermanent, souffrance et sujet au changement est-il digne d’être considéré ainsi : « ceci est à moi, je suis ceci, ceci est mon soi » ? Rāhula répond que non. Les mêmes questions sont appliquées à dix groupes : les sens internes, les objets externes, la conscience, le contact, la sensation, la perception, la volition, le désir avide, les éléments et les cinq agrégats. Chaque chapitre compte dix discours qui suivent ces dix groupes.
Les deux derniers discours sont les propres questions de Rāhula : comment faut-il connaître et voir pour qu’il n’y ait plus de fabrication du « je », de fabrication du « mien » ni d’orgueil à l’égard de ce corps doué de conscience et de tous les signes extérieurs ? Le Bouddha répond que l’on voit toute forme de chacun des cinq agrégats avec une sagesse juste, tel qu’il est réellement : « Ceci n’est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n’est pas mon soi. »
Rāhula demande un enseignement bref, afin qu’après l’avoir entendu il puisse demeurer seul, retiré, vigilant, ardent et résolu.
Après avoir lu ou entendu un enseignement, résumez-le en une seule phrase que vous mettrez en pratique cette semaine, au lieu de tout noter.
Le Bouddha ne fait pas un long exposé, mais pose des questions auxquelles Rāhula répond lui-même, pas à pas : permanent ou impermanent, puis souffrance ou bonheur, et seulement ensuite s’il est digne de s’y attacher.
Quand l’esprit est bloqué sur quelque chose, interrogez-vous au lieu de vous donner des ordres, par exemple : « Ce sentiment était-il déjà ainsi hier ? »
Ce qui est impermanent, souffrance et sujet au changement n’est pas digne d’être considéré ainsi : « ceci est à moi, je suis ceci, ceci est mon soi ». C’est Rāhula lui-même qui donne cette réponse.
Quand votre travail est critiqué, distinguez « ce travail peut être amélioré » de « je suis mauvais ».
La même question est appliquée aux six sens internes, aux six objets, aux six sortes de conscience, aux six sortes de contact, à la sensation née des six contacts, aux six perceptions, aux six volitions, aux six désirs avides, aux six éléments — terre, eau, feu, air, espace et conscience — et aux cinq agrégats. Le second chapitre reprend ces dix groupes.
Essayez la même question sur des choses très différentes en une seule journée — le bruit agaçant de la circulation, une envie de grignoter, la pensée que vous n’êtes pas à la hauteur — et voyez qu’un seul principe fonctionne partout.
Le noble disciple instruit qui voit ainsi éprouve le désenchantement ; désenchanté, il se détache ; par le détachement l’esprit est délivré, et il sait qu’il est délivré.
Le désenchantement n’est pas ici l’ennui ni l’épuisement ; c’est la fin de la fascination pour des choses que l’on croyait autrefois capables de donner un bonheur durable. Si vous vous sentez abattu pendant longtemps, parlez-en à un professionnel.
Dans l’Anusaya Sutta, le Bouddha répond que toute forme, sensation, perception, formations ou conscience — passée, future ou présente, interne ou externe, grossière ou subtile, inférieure ou supérieure, lointaine ou proche — doit être vue avec une sagesse juste, telle qu’elle est réellement : « Ceci n’est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n’est pas mon soi. »
Quand vous regrettez le passé ou vous inquiétez de l’avenir, souvenez-vous que le principe vaut dans les deux sens : ce qui est passé et ce qui n’est pas encore venu ne sont pas non plus des lieux où s’accrocher.
Connaissant et voyant ainsi, la vue du « je », le désir avide du « mien » et la tendance latente à l’orgueil sont absents à l’égard de ce corps doué de conscience et de tous les signes extérieurs. Dans l’Apagata Sutta, il ajoute que celui qui voit ainsi est délivré par le non-attachement ; l’esprit est débarrassé de la fabrication du « je », de la fabrication du « mien » et de l’orgueil, il est allé au-delà de la discrimination, et il est paisible et bien délivré.
Remarquez les comparaisons dans l’esprit — meilleur que les autres, égal à eux, moins bon qu’eux. Chaque fois que vous en surprenez une, l’orgueil se relâche un peu.
Ces trois questions sont un outil portatif, utilisable sur tout ce à quoi l’esprit s’accroche : un sentiment blessé, l’envie d’une chose particulière, ou l’image que nous avons de nous-mêmes. Quand nous nous demandons sincèrement si c’est permanent, son poids s’allège souvent de lui-même.
Remarquez que Rāhula a demandé un enseignement court pour le pratiquer, et non pour accumuler des connaissances. Une étude efficace du Dhamma n’a pas besoin d’être longue, mais elle doit être répétée jusqu’à ce que vous le voyiez par vous-même.
Voir que « ceci n’est pas à moi » ne signifie pas négliger le corps ni se dérober à la responsabilité de ses actes. Cela signifie ne pas lier si étroitement son sentiment de soi aux choses que l’on souffre quand elles changent.
Touchez pour lire le passage sur la page citée.
Voir, entendre, obtenir, s’entraîner, servir et se remémorer existent à bien des niveaux. Le Bouddha ne nie pa…
Assis seul, l’Ancien Pārāsariya se demande comment accomplir sa propre tâche sans nuire à personne. La réponse…
Des stances clés des chapitres 6 à 10 du Dhammapada : celui qui montre nos fautes est comme celui qui révèle u…
Deux débats consécutifs du chapitre 3. Un camp soutient qu’un esprit accompagné de passion est délivré, et qu’…