Les stances moyennes des moniales anciennes : savoir quelle voix écouter
TherīgāthāDes moniales qui ont écouté l’enseignement d’une maîtresse, d’une mère et de bons amis jusqu’à ce que leur esp…
Sakassa cittassa nimittaṃ
Un cuisinier habile observe quelles saveurs son maître préfère ; un méditant habile observe son propre esprit. Et quand l’esprit est engourdi ou dispersé, le Bouddha enseigne à le diriger d’abord vers quelque chose qui inspire confiance, puis à l’en retirer à nouveau.
Dans le Satipaṭṭhāna Saṃyutta du Saṃyutta Nikāya (Mahāvagga, chapitre Ambapāli), deux discours vont bien ensemble, car tous deux enseignent à ajuster la méditation à l’état de son propre esprit.
Dans le Sūda Sutta, le Bouddha compare deux cuisiniers qui servent à un roi ou à un ministre royal des currys de nombreuses saveurs : acide, amère, piquante, sucrée, salée et fade. Le cuisinier sot ne remarque pas quelle saveur son maître aime ; il n’obtient donc ni vêtements, ni gages, ni gratifications. Le cuisinier sage le remarque, et obtient les trois. De même, un moine qui développe les fondements de l’attention mais ne remarque pas si l’esprit s’est concentré et si les souillures ont été abandonnées n’obtient ni demeure agréable, ni attention et claire compréhension.
Dans le Bhikkhunupassaya Sutta, Ānanda se rend à une résidence de moniales. Plusieurs moniales lui disent que celles dont l’esprit est bien établi dans les quatre fondements de l’attention perçoivent une distinction toujours plus élevée. Ānanda le rapporte au Bouddha, qui enseigne alors deux sortes de développement : le développement dirigé (paṇidhāya bhāvanā) et le développement non dirigé (appaṇidhāya bhāvanā).
Le discours se termine ainsi : ce qu’un maître compatissant doit faire pour ses disciples a été fait. Voici des pieds d’arbres, voici des huttes vides. Méditez, ne soyez pas négligents, de peur de le regretter plus tard.
Le cuisinier sot sert à son maître des currys de nombreuses saveurs, mais ne remarque pas celle que son maître aime aujourd’hui, vers laquelle il tend la main, dont il prend beaucoup ou dont il fait l’éloge. Ce cuisinier n’obtient donc ni vêtements, ni gages, ni gratifications.
Si vous faites quelque chose chaque jour sans jamais vérifier les résultats, comme de l’exercice ou la récitation, notez brièvement quelle approche fonctionne réellement pour vous.
Le cuisinier sage remarque si aujourd’hui son maître aime l’acide, l’amer, le piquant ou le sucré, de quoi il prend davantage, et ce dont il fait l’éloge. Ce cuisinier obtient donc vêtements, gages et gratifications.
Travailler avec les autres, c’est pareil : remarquer ce qui fonctionne réellement vaut mieux que faire ce que nous supposons être bon.
Un certain moine contemple le corps en tant que corps, les sensations en tant que sensations, l’esprit en tant qu’esprit et les phénomènes en tant que phénomènes, mais son esprit ne se concentre pas, les souillures ne sont pas abandonnées, et il ne prend pas note de ce signe. Il n’obtient donc ni demeure agréable dans cette vie même, ni attention et claire compréhension.
Après une méditation assise ou en marchant, posez-vous deux questions : l’esprit est-il plus calme, et qu’est-ce qui le trouble encore ? Ne vous contentez pas de compter les minutes passées assis.
Le moine sage développe les fondements de l’attention, son esprit se concentre, les souillures sont abandonnées, et il prend note de ce signe. Il obtient donc une demeure agréable dans cette vie même, ainsi que l’attention et la claire compréhension, parce qu’il remarque le signe de son propre esprit.
Un jour où l’esprit se pose bien, rappelez-vous ce que vous avez fait différemment, comme dormir suffisamment, manger moins ou parler moins, et refaites-le.
Tandis qu’il contemple le corps, si une fièvre fondée sur le corps apparaît, ou un engourdissement de l’esprit, ou si l’esprit se disperse au-dehors, le moine devrait diriger son esprit vers un signe inspirant. Alors l’allégresse apparaît, le ravissement apparaît, le corps devient tranquille, il éprouve du bonheur, et l’esprit se concentre.
Un jour de déprime, laissez l’esprit se reposer auprès de quelque chose qui l’élève et inspire confiance, comme vous remémorer la bonté d’une personne que vous respectez, avant de revenir à un travail difficile.
Une fois l’esprit concentré, il réfléchit : le but pour lequel j’ai dirigé mon esprit est atteint ; retirons-le maintenant. Il le retire, ne pensant et n’examinant plus, et sait : sans pensée ni examen, attentif intérieurement, je suis heureux. Le Bouddha appelle cela le développement dirigé.
Ce que vous utilisez pour réconforter l’esprit est un outil, non une demeure permanente. Une fois que l’esprit a retrouvé son équilibre, posez-le et revenez au présent.
Ou bien le moine ne dirige pas son esprit au-dehors et sait qu’il n’est pas dirigé au-dehors. Il sait qu’il est sans entrave derrière et devant, libéré et non dirigé, puis sait qu’il demeure en contemplant le corps, les sensations, l’esprit et les phénomènes, ardent, attentif et heureux. C’est le développement non dirigé.
Les jours où l’esprit est en bonne forme, vous n’avez besoin d’aucun autre appui ; regardez directement le corps et l’esprit. Choisissez votre méthode selon l’état de votre esprit ce jour-là.
L’essentiel de ces deux discours est que la méditation ne consiste pas à répéter la même routine sans regarder les résultats. Il s’agit de remarquer comment l’esprit réagit aujourd’hui et d’ajuster en conséquence, comme un cuisinier qui observe quel plat part le plus.
L’enseignement sur le fait de diriger l’esprit vers quelque chose d’inspirant est très pratique les jours où l’esprit est fatigué, abattu ou agité. Parfois, se forcer à rester assis avec quelque chose de difficile n’aide pas. Laisser d’abord l’esprit se reposer auprès de quelque chose qui l’élève peut lui rendre sa stabilité, et vous pouvez ensuite revenir à la tâche initiale.
Si l’humeur maussade persiste ou est assez lourde pour affecter la vie quotidienne, consultez aussi un professionnel de la santé mentale.
Touchez pour lire le passage sur la page citée.
Des moniales qui ont écouté l’enseignement d’une maîtresse, d’une mère et de bons amis jusqu’à ce que leur esp…
À la fin des paires sur les tendances latentes, le texte demande : quand quelqu’un décède dans un monde et ren…
Upāli demande ce qu’il faut établir en soi avant d’entrer dans l’assemblée. Le Bouddha donne cinq choses, d’un…
Un ascète adorateur du feu, à la tête de cinq cents disciples, voit à maintes reprises le pouvoir du Bouddha, …