Les courtes stances des Anciens : ma hutte a un toit, pleuvez à votre guise
Channā me kuṭikāDes stances uniques de huit anciens qui ont chacun découvert qu’un esprit bien entraîné est prêt à tout ce qui…
Uttiyasuttaṃ
L’errant Uttiya demande si le Dhamma qu’enseigne le Bouddha mènera le monde entier, la moitié ou un tiers hors de la souffrance. Le Bouddha garde le silence. Ānanda l’explique par la comparaison d’un gardien qui ne sait pas combien de gens entrent et sortent, mais sait que tous doivent passer par cette unique porte : abandonner les cinq obstacles, établir l’esprit dans les quatre fondements de l’attention et développer les sept facteurs d’Éveil.
Dans l’Uttiya Sutta de l’Upāsaka Vagga, Livre des Dix, Aṅguttara Nikāya, l’errant Uttiya interroge le Bouddha point par point : le monde est-il éternel ou non, fini ou infini, l’âme et le corps sont-ils la même chose, et le Tathāgata existe-t-il après la mort ? À chaque question, le Bouddha répond : cela, je ne l’ai pas déclaré. Uttiya demande ce qu’il déclare donc. Le Bouddha dit qu’ayant connu directement, il enseigne le Dhamma à ses disciples pour la purification des êtres, pour surmonter le chagrin et les lamentations, pour mettre fin à la douleur et à la détresse, pour atteindre la vraie voie et pour réaliser le Nibbāna.
Uttiya demande alors si, par ce Dhamma, le monde entier, la moitié ou un tiers sera mené hors de la souffrance. Le Bouddha garde le silence. Ānanda, craignant qu’Uttiya ne conclue à tort que le Bouddha esquivait la question ou ne pouvait y répondre, ce qui lui nuirait pour longtemps, propose la comparaison d’une cité frontalière à une seule porte.
À la fin, Ānanda explique qu’il s’agissait de la même question qu’Uttiya avait déjà posée, seulement formulée autrement, et que c’est pourquoi le Bouddha n’y a pas répondu.
Uttiya demande si le monde est éternel ou non, fini ou non, ce qu’il en est de l’âme et du corps, et du Tathāgata après la mort. À chacune, le Bouddha répond : cela, je ne l’ai pas déclaré.
Quand vous êtes bloqué sur une question qu’on peut débattre sans fin, demandez-vous si une réponse réduirait vraiment la souffrance. Sinon, mettez-la de côté pour l’instant.
Ayant connu directement, le Bouddha enseigne le Dhamma pour la purification des êtres, pour surmonter le chagrin et les lamentations, pour mettre fin à la douleur et à la détresse, pour atteindre la vraie voie et pour réaliser le Nibbāna.
Servez-vous de ce but comme d’un guide pour choisir le Dhamma à lire ou à écouter : aide-t-il à purifier l’esprit et à diminuer la souffrance ?
Quand Uttiya demande si le monde entier, la moitié ou un tiers sera mené hors de la souffrance par ce Dhamma, le Bouddha garde le silence et ne répond pas.
Parfois, le silence est une réponse plus honnête qu’une supposition, surtout quand une question repose sur un présupposé qui passe à côté de l’essentiel.
Ānanda craint qu’Uttiya ne se forme la vue fausse que le Bouddha a esquivé la question ou ne pouvait y répondre, ce qui lui nuirait pour longtemps. Il dit donc que certaines personnes intelligentes comprennent le sens d’un propos grâce à une comparaison.
Quand vous voyez quelqu’un sur le point de mal comprendre, essayez d’expliquer avec une image qui lui est familière au lieu de répéter les mêmes mots.
La cité frontalière d’un roi a de solides remparts, des murs et des arches, et une seule porte. Le gardien est sage et refoule les inconnus, n’admettant que ceux qu’il connaît. En parcourant le chemin qui fait le tour de la cité, il ne voit aucune jointure ni brèche dans le mur, pas même une par laquelle un chat pourrait se glisser. Il ne sait pas combien de créatures entrent et sortent, mais il sait que toutes les créatures d’une certaine taille qui entrent ou sortent passent par cette porte.
Dans tout travail, sachez quelle condition est indispensable. Vous n’avez pas besoin de savoir à l’avance combien de fois vous réussirez, seulement que chaque réussite doit passer par cette condition.
Le Tathāgata ne se préoccupe pas de savoir si le monde entier, la moitié ou un tiers échappera à la souffrance. Ce qu’il connaît, c’est la voie par laquelle doivent passer tous ceux qui y ont échappé, y échappent ou y échapperont.
Un bon enseignant ou un bon responsable n’a pas besoin de porter l’inquiétude du nombre de personnes qu’il changera. Sa tâche est d’indiquer la voie clairement et correctement.
Tous ceux qui sont sortis, sortent ou sortiront du monde ont abandonné les cinq obstacles, qui corrompent l’esprit et affaiblissent la sagesse, ont l’esprit bien établi dans les quatre fondements de l’attention et ont véritablement développé les sept facteurs d’Éveil.
Une fois par jour, examinez votre esprit pour voir quel obstacle y est le plus fort, comme la somnolence ou l’agitation, et prenez l’attention au corps, aux sensations, à l’esprit et aux phénomènes comme terrain d’appui.
Ānanda conclut que la question du nombre de ceux qui échapperont à la souffrance était la même que celle qu’Uttiya avait déjà posée, seulement formulée autrement, et que c’est pourquoi le Bouddha n’y a pas répondu.
Quand vous vous surprenez à poser sans cesse la même question en d’autres mots, il est peut-être temps d’arrêter de chercher une réponse et d’agir selon ce que vous savez déjà.
Beaucoup de gens veulent de grandes réponses avant de commencer : la plupart des gens comprendront-ils le Dhamma, le monde ira-t-il mieux ? Ce discours montre que de telles questions n’aident personne à sortir de la souffrance. Ce que l’on peut savoir avec certitude, c’est le chemin par lequel il faut passer.
La comparaison du gardien montre aussi qu’une connaissance utile n’a pas besoin d’être un nombre ou une prédiction. Savoir où est la porte et que le mur n’a pas de brèche suffit ; il n’est pas nécessaire de savoir combien passeront.
Dans la vie quotidienne, quand l’inquiétude pour la situation d’ensemble vous fait perdre courage, revenez à ce qui est devant vous : quel obstacle est dans mon esprit aujourd’hui, et ai-je déjà pratiqué l’attention ?
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