Les quatre vertus de la vie de foyer
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Vimānavatthu
Des devas racontent au vénérable Mahāmoggallāna et au Bouddha qu’ils ont obtenu leurs demeures par de petites bonnes actions : offrir un siège, donner de l’eau à qui est fatigué, donner une lampe, partager la moitié d’un gâteau, ne pas parler durement même en colère, observer les préceptes, l’offrande de croûte de riz d’une femme pauvre, et même une grenouille écoutant le Dhamma d’un esprit lumineux.
Le Vimānavatthu du Khuddaka Nikāya se compose surtout de dialogues sous forme de questions et de réponses. Le vénérable Mahāmoggallāna demande à un deva rayonnant quel mérite il a accompli en tant qu’humain pour obtenir une telle beauté et une telle demeure, et le deva raconte sa bonne action.
Les actes sont souvent très petits : offrir un tabouret à un moine pour s’asseoir, donner de l’eau à qui a soif, donner une lampe par une nuit sans lune, offrir des graines de sésame, ou donner la moitié d’un gâteau. Des expressions reviennent : « d’un esprit confiant » et « de mes propres mains ». Certains récits ne portent pas sur le don mais sur la conduite : la fidélité envers son conjoint, ne pas parler durement, et observer les préceptes de l’uposatha.
Dans certains récits, celui qui interroge est Sakka ou le Bouddha, et l’un d’eux parle d’un deva qui, dans sa vie précédente, était une grenouille. Ces récits sont présentés tels que le texte relate ses récits de renaissance.
Une déesse raconte qu’en tant qu’humaine elle offrait des sièges aux moines nouvellement arrivés, s’inclinait, joignait les mains et donnait ce qu’elle pouvait. Une autre raconte qu’ayant vu un moine aux facultés sereines, elle lui offrit un tabouret de ses deux mains, et elle dit que son pouvoir vient de ce petit acte.
Quand un invité ou un nouveau venu arrive au travail, levez-vous pour l’accueillir, trouvez-lui un siège et saluez-le avec respect. Cela prend moins d’une minute.
Plusieurs déesses racontent qu’elles virent des moines arriver fatigués et assoiffés et leur offrirent aussitôt de l’eau à boire. Dans l’un des récits, celui qui interroge est le Bouddha lui-même. Le fruit décrit est une demeure entourée de rivières fraîches et d’arbres ombragés.
Remarquez quelqu’un qui vient d’arriver de voyage, un réparateur chez vous ou un livreur en plein soleil, et tendez-lui un verre d’eau fraîche.
Une déesse raconte que, lorsque la nuit était noire comme de l’encre et qu’il était temps d’allumer les lampes, elle donna en offrande une lampe, qui dissipe les ténèbres. En conséquence, son éclat surpasse celui des autres devas.
La lumière prend aujourd’hui bien des formes : allumer la lampe du porche pour une ruelle sombre, éclairer d’une lampe de poche quelqu’un qui cherche un objet tombé, ou expliquer quelque chose de difficile à quelqu’un qui est perdu.
Une déesse raconte que, belle-fille vivant dans la maison de son beau-père, elle vit un moine aux facultés sereines et lui donna de ses propres mains la moitié d’un gâteau. Une autre offrit de la bouillie d’orge et des galettes de haricots. En conséquence, elles se réjouissent maintenant dans le bosquet de Nandana.
Même celui qui n’a aucune richesse à lui peut donner, par exemple en partageant la moitié de son repas avec un ami qui a oublié le sien.
Une déesse raconte qu’en tant qu’humaine elle était fidèle à son mari, et que même en colère elle ne prononçait aucune parole dure. Elle avait renoncé au mensonge, se réjouissait de donner, aidait les autres comme elle se serait aidée elle-même, et donnait nourriture et boisson avec respect.
Quand vous êtes en colère contre quelqu’un à la maison, fixez-vous une règle : vous pouvez dire ce qui vous déplaît, mais sans paroles dures ni méprisantes. La relation peut survivre à un désaccord.
La déesse Uttarā raconte que, maîtresse de maison, elle était exempte d’envie, d’avarice, d’orgueil et de colère, observait les préceptes de l’uposatha les jours d’observance, et gardait avec soin les cinq préceptes. Elle dit avoir obtenu sa gloire par sa propre vertu, et demande à l’ancien de dire au Bouddha qu’il l’avait déclarée parvenue à l’état de celle qui ne revient qu’une fois.
Choisissez un jour par semaine pour observer les préceptes plus strictement : pas d’alcool, moins de paroles, et un soin particulier dans votre façon de parler.
Sakka demande au vénérable Mahākassapa où a pu renaître une femme pauvre, sans parents, vivant sous l’avant-toit de la maison d’autrui, après lui avoir offert de ses propres mains de la croûte de riz. Mahākassapa répond qu’elle est devenue une déesse dans le ciel Nimmānaratī. Sakka loue ce don : cent lingots d’or, cent chevaux, même le royaume d’un monarque qui fait tourner la roue, ne valent pas la seizième partie de celui-ci.
Ne méprisez pas le don de ceux qui ont peu, ni votre propre don quand vous avez peu. Quelques pièces données de tout cœur sont un don d’une réelle valeur.
Un deva vient rendre hommage au Bouddha et dit que, dans sa vie précédente, il était une grenouille dans l’eau. Pendant qu’il écoutait l’enseignement du Bouddha, un vacher le tua. Il obtint un tel pouvoir et un tel éclat d’un seul instant d’esprit confiant, et il dit que quiconque écoute longtemps l’enseignement du Bouddha atteindra sûrement le Nibbāna.
Écouter attentivement le Dhamma ou de bons enseignements, ne serait-ce que quelques minutes, a de la valeur. Essayez d’écouter sans rien faire d’autre en même temps, et remarquez comme l’esprit s’éclaire.
La principale leçon du Vimānavatthu est que les petites bonnes actions accomplies d’un esprit pur ne sont pas sans valeur. Quiconque se dit « je n’ai pas assez d’argent pour accomplir un grand mérite » verra que, dans le texte, l’offrande de croûte de riz d’une femme pauvre reçoit de grands éloges.
Il ne faut pas lire ces récits comme un calcul selon lequel tant de bien rapporte tant de demeure. Ce que le texte souligne encore et encore, c’est un esprit confiant et le respect, plus que la valeur du don.
Essayez de vivre chaque journée comme une « petite demeure » : accomplissez de vos propres mains une petite bonne action, avec attention, comme avancer une chaise pour une personne âgée, tendre de l’eau à quelqu’un qui vient d’arriver, ou allumer une lumière pour quelqu’un qui marche dans l’obscurité.
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