Paṭṭhāna : ce qui est un résultat, ce qui donnera des résultats, et ce qui n’est ni l’un ni l’autre
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Evaṃ maṃ jano sambhāvessatīti
Des moines vivaient dans la forêt, allaient à l’aumône et marchaient de long en large dans l’intention que les gens les estiment. Le Bouddha dit que ce n’était pas un pārājika, mais l’interdit — et, pour des paroles identiques, il demandait d’abord ce que celui qui parlait avait en tête.
La clause d’exemption et la section de jurisprudence de la quatrième règle pārājika, dans le Mahāvibhaṅga du Vinaya Piṭaka, volume 1, rassemblent des cas où des moines, troublés par le doute d’avoir peut-être commis une faute, portèrent l’affaire devant le Bouddha pour qu’il tranche. Cette règle interdit à un moine de revendiquer un état surhumain — jhāna, chemin ou fruit — qu’il ne possède pas réellement.
La clause d’exemption énumère six personnes qui ne sont pas fautives : celui qui croit avoir atteint, celui qui n’a aucune intention de se vanter, celui qui a perdu la raison, celui dont l’esprit est troublé, celui qui est accablé par une sensation douloureuse, et le premier contrevenant. La question que le Bouddha pose encore et encore est : « Moine, qu’avais-tu en tête ? » — et il tranche selon la réponse.
Les groupes de cas les plus intéressants pour le lecteur ordinaire sont celui où le moine ne s’est jamais vanté ouvertement, mais a arrangé ses manières et sa pratique pour que les gens le voient et l’estiment, et celui où il a parlé de façon indirecte pour que d’autres concluent qu’il parlait de lui-même. La section contient aussi les récits des petas vus par le vénérable Mahā Moggallāna en descendant du Pic des Vautours, dont cette page ne traite pas.
Un moine déclara un accomplissement particulier en croyant l’avoir atteint, puis s’inquiéta d’avoir peut-être encouru un pārājika. Le Bouddha dit qu’il n’y a pas de faute pour celui qui se surestime. La faute, dans cette règle, consiste à savoir que c’est faux et à le dire malgré tout, non à se méjuger.
Si vous avez un jour exagéré quelque chose parce que vous aviez sincèrement mal compris, corrigez-le quand vous vous en rendez compte — sans vous punir comme si vous aviez menti délibérément.
Un moine vivait dans la forêt dans l’intention que les gens l’estiment pour cela, et ils l’estimèrent. Le Bouddha dit que ce n’était pas un pārājika, mais prescrivit qu’un moine ne doit pas vivre dans la forêt avec une telle intention ; celui qui le fait encourt un dukkaṭa. Il dit de même de la tournée d’aumônes.
Choisissez les choses difficiles parce qu’elles sont justes, non parce qu’elles font bonne impression. Essayez cette semaine de faire une bonne action sans le dire à personne.
Le texte passe en revue les quatre postures : marcher de long en large, se tenir debout, s’asseoir et se coucher dans l’intention que les gens l’estiment pour cela. Dans chaque cas, il n’y a pas de pārājika mais un dukkaṭa, parce que la forme extérieure de la pratique sert à attirer les éloges.
Remarquez si vous travaillez plus dur quand le patron passe. Si c’est le cas, travaillez de la même manière quand personne ne regarde.
Un moine dit : « Les élèves de notre précepteur sont tous des arahants » ; un autre dit : « Les disciples de notre précepteur ont tous une grande puissance et un grand pouvoir. » Interrogés sur ce qu’ils avaient en tête, tous deux dirent qu’ils avaient l’intention de se vanter. Le Bouddha trancha : pas de pārājika, mais un thullaccaya.
Méfiez-vous de faire l’éloge du groupe auquel vous appartenez pour vous faire valoir vous-même. Si vous voulez louer l’équipe, faites-le sans souligner que vous en faites partie.
Un moine dit à un fidèle laïc : « Le moine qui habite votre demeure est un arahant » — et c’était lui qui y habitait. Un autre dit : « Le moine que vous soutenez de robes et de nourriture d’aumône est un arahant » — et c’était lui que le fidèle soutenait. Interrogés sur ce qu’ils avaient en tête, tous deux dirent qu’ils avaient l’intention de se vanter, et chacun encourut un thullaccaya.
Ne relayez pas les éloges d’autrui au moment où tout le monde les lira comme des éloges de vous. Si vous voulez que votre travail soit connu, dites clairement ce que vous avez fait.
Plusieurs moines malades furent interrogés sur le fait de savoir s’ils possédaient un état surhumain, et répondirent par exemple « Je n’ai pas peur de la mort » ou « Une personne ordinaire ne pourrait pas supporter cette sensation. » Certains dirent qu’ils n’avaient aucune intention de se vanter, et le Bouddha trancha qu’il n’y avait pas de faute ; d’autres dirent qu’ils l’avaient, et il trancha pour un thullaccaya. Les paroles étaient les mêmes ; la réponse sur l’intention ne l’était pas.
Avant de raconter votre endurance ou votre réussite, arrêtez-vous sur une question : est-ce que je le raconte pour qu’ils y gagnent quelque chose, ou pour qu’ils me louent ?
Un brahmane invita des moines et s’adressa à eux ainsi : « Vénérables arahants, venez, je vous prie ; asseyez-vous, je vous prie ; mangez, je vous prie. » Les moines étaient mal à l’aise, puisqu’ils n’étaient pas arahants, et interrogèrent le Bouddha. Il dit qu’il n’y a pas de faute, puisque cet homme parle par foi.
Vous n’avez pas à vous sentir coupable de chaque compliment que vous recevez — mais si un compliment devait conduire quelqu’un à une mauvaise décision, rectifiez-le aussitôt.
Un certain nombre de moines entrèrent en retraite des pluies dans une même demeure après avoir conclu un accord : celui qui quittera le premier cette demeure, nous le considérerons comme un arahant. Un moine partit le premier dans l’intention que les gens le prennent pour un arahant, puis, troublé, en rendit compte. Le Bouddha lui dit qu’il avait encouru un pārājika.
Ne participez pas à des arrangements destinés à construire l’image les uns des autres — comme se louer à tour de rôle pour embellir les évaluations de performance.
Ces cas décrivent une chose que l’on rencontre chaque jour : faire le bien pour qu’on le voie, photographier le travail bénévole avant de le commencer, mentionner la réussite de l’équipe au moment où tout le monde la comprendra comme la vôtre. Le Bouddha n’a pas dit que les bonnes actions elles-mêmes étaient mauvaises ; il a dit de ne pas les faire avec cette intention.
Ce qui frappe, c’est qu’un même acte extérieur peut ne comporter aucune faute ou en comporter une grave, selon une seule réponse : y avait-il une intention de se vanter ? Cela donne un exercice quotidien praticable — avant de publier ou de raconter quelque chose, demandez-vous si vous partagez ou si vous cherchez des compliments.
Le côté rassurant, c’est que des moines qu’un brahmane dévot appelait arahants et qui s’en sentaient mal à l’aise s’entendirent dire qu’il n’y avait pas de faute, puisqu’il parlait par foi. Nous ne sommes pas responsables de chaque compliment que les autres nous font. Seulement, ne mettez pas en scène la situation pour les attirer, et ne laissez pas subsister un compliment que vous savez faux parce qu’il vous profite.
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