La section du résumé : pourquoi un même ensemble de souillures porte tant de noms
Approfondir

La section du résumé : pourquoi un même ensemble de souillures porte tant de noms

Nikkhepakaṇḍaṃ

Le Nikkhepakaṇḍa range des catégories appariées en groupes et définit encore et encore le même ensemble de souillures sous des noms différents — racines, influx, entraves, nœuds, crues, jougs, obstacles, appréhension erronée, attachements et bases de souillure. Chaque nom désigne une fonction différente de la même chose.

8 points

Dans le Dhammasaṅgaṇī de l’Abhidhamma Piṭaka, le Nikkhepakaṇḍa est le troisième chapitre ; il reprend la matrice d’ouverture et la classe à nouveau, de façon plus concise que la section des états d’esprit. Sa partie centrale regroupe des catégories appariées en groupes : le groupe des racines, des influx, des entraves, des nœuds, des crues et des jougs, des obstacles, de l’appréhension erronée, des attachements et des souillures.

Chaque groupe utilise le même modèle : quels états sont X, lesquels ne sont pas X, lesquels sont objets de X, lesquels sont associés à X — puis des paires croisées de ces catégories. Lues à la suite, les listes se recoupent largement. L’avidité apparaît comme l’influx de la sensualité, l’entrave de la passion sensuelle, le nœud de la convoitise, l’obstacle du désir sensuel, l’attachement à la sensualité et la première base de souillure.

Ce qui diffère n’est donc pas la souillure, mais l’angle. Les influx la voient comme quelque chose de fermenté qui suinte ; les entraves, comme ce qui lie à l’existence ; les nœuds, comme ce qui ligote ; les crues, comme ce qui emporte ; les obstacles, comme ce qui bloque le bien ; les attachements, comme ce que la main tient ; les bases de souillure, comme ce qui tache l’esprit.

  1. 1

    Neuf racines : ce qui donne son poids à une action Hetū dhammā

    Le groupe des racines les divise en trois saines — non-avidité, non-haine, non-illusion —, trois malsaines — avidité, haine, illusion — et trois indéterminées. Il distingue ensuite quels états sont des racines, lesquels ont des racines, lesquels sont associés aux racines. La définition de la non-illusion est d’une longueur inhabituelle : elle désigne la sagesse par de nombreuses comparaisons — la sagesse comme la terre, comme un aiguillon, comme une épée, comme une lampe.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous examinez vos propres actions, ne vous arrêtez pas à ce que vous avez fait. Demandez-vous de laquelle des trois racines cela est venu. Cette réponse vous dit où faire la réparation.

  2. 2

    Quatre influx : ce qui fermente et suinte Cattāro āsavā

    Il y a quatre influx : celui de la sensualité, celui de l’existence, celui des vues, celui de l’ignorance. L’influx de la sensualité est défini comme le désir, la passion, le plaisir, la fièvre et l’absorption dans les plaisirs sensuels. L’influx des vues est l’ensemble des positions sur la question de savoir si le monde est éternel ou non, fini ou non, et si un être existe après la mort.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Remarquez le désir avide qui ne s’embrase jamais mais suinte tout au long de la journée — prendre son téléphone sans raison. C’est ce que décrit le mot « influx ».

  3. 3

    Dix entraves : ce qui lie à l’existence Dasa saññojanāni

    Les entraves sont ici au nombre de dix : passion sensuelle, aversion, orgueil, vue, doute, appréhension erronée des préceptes et des observances, passion pour l’existence, envie, avarice, ignorance. Fait notable, cet ensemble inclut l’envie et l’avarice, qui n’apparaissent ni parmi les influx ni parmi les obstacles.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    L’envie et l’avarice sont souvent jugées mineures, mais le texte les range parmi ce qui lie. Remarquez comment elles vous ferment aux autres.

  4. 4

    Quatre nœuds : ce qui ligote le corps et l’esprit Cattāro ganthā

    Il y a quatre nœuds : le nœud corporel de la convoitise, celui de la malveillance, celui de l’appréhension erronée des préceptes et des observances, et celui de l’insistance à dire que cela seul est vrai. Ce dernier — tenir que ceci seul est la vérité — est classé comme un nœud qui ligote, et non comme une fermeté à l’égard de ce qui est vrai.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Dans une discussion, distinguez le fait de défendre ce pour quoi vous avez des raisons et le fait de le défendre simplement parce que c’est votre opinion. Le second est le nœud dont parle le texte.

  5. 5

    Six obstacles dans l’Abhidhamma Cha nīvaraṇāni

    Le groupe des obstacles en compte six : désir sensuel, malveillance, torpeur et somnolence, agitation et inquiétude, doute, et ignorance — un de plus que l’ensemble familier des cinq dans les discours. La définition de la malveillance en retrace les motifs en détail, depuis la pensée que cette personne m’a nui, me nuit ou me nuira, ou a nui à ceux que j’aime, ou a fait du bien à quelqu’un que je n’aime pas, jusqu’au ressentiment qui surgit sans aucun motif.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous êtes irrité contre quelqu’un, consultez la liste et voyez à quel motif cela correspond. Souvent, il s’avère que c’est le dernier : un ressentiment sans cause.

  6. 6

    Quatre attachements : ce que la main tient encore Cattāri upādānāni

    Il y a quatre attachements : à la sensualité, aux vues, aux préceptes et aux observances, et à une doctrine du soi. L’attachement aux vues est défini par l’ensemble des positions qui nient le fruit des actes et l’existence d’un autre monde, nient ce qui est dû à la mère et au père, et nient qu’il y ait dans le monde des personnes qui ont bien pratiqué.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Demandez-vous quelle opinion, parmi toutes, serait la plus difficile à déposer aujourd’hui. C’est là que l’attachement est le plus serré.

  7. 7

    Dix bases de souillure : la liste la plus courte et la plus claire Dasa kilesavatthūni

    Le groupe des souillures donne une liste compacte de dix : avidité, haine, illusion, orgueil, vue, doute, torpeur, agitation, absence de honte morale, absence de crainte morale. La définition de l’avidité est très longue ; elle va de la passion, du désir ardent et de l’absorption jusqu’à des images qui l’appellent ce qui entraîne, ce qui trompe, ce qui est un second compagnon, une jungle et un fourré.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Si vous ne mémorisez qu’un seul ensemble, mémorisez celui-ci. Ces dix couvrent presque tout ce qui peut mal tourner en une seule journée.

  8. 8

    Être objet de souillure n’est pas la même chose qu’y être associé Sāsavā dhammā

    Chaque groupe maintient ces deux notions séparées. Les états qui sont objets des influx sont ce à quoi les influx peuvent s’accrocher — tous les agrégats mondains, y compris les sains. Les états associés aux influx sont ceux qui apparaissent réellement avec eux. Chaque groupe se termine de la même manière : les seuls états qui échappent au fait d’être objets de souillure sont le chemin et le fruit supramondains, et l’élément inconditionné.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous faites quelque chose de bien et commencez à en éprouver assez de fierté pour vouloir qu’on le voie, rappelez-vous ce point : votre propre bonté est quelque chose dont la souillure peut s’emparer.

À essayer dans la vie quotidienne

Ce chapitre guérit d’une confusion courante. En lisant les discours, on rencontre série après série de souillures, avec des nombres différents, et l’on finit par penser qu’il y a des centaines de choses à abandonner. En réalité, c’est un seul ensemble, renommé selon la fonction dont il est question. Le voir allège beaucoup la lecture des textes.

D’un autre côté, chaque nom donne un angle différent pour le travail concret sur l’esprit. Vu comme un influx, le désir avide est quelque chose qui fermente en profondeur et suinte en silence. Vu comme un obstacle, c’est ce qui empêche l’esprit de se poser. Vu comme un attachement, il vous montre ce que votre main tient.

Le point que chaque groupe répète est que les seuls états qui ne sont d’aucune façon objets de souillure sont le chemin et le fruit supramondains, et l’élément inconditionné. Tout le reste peut être objet de souillure, y compris les états sains. C’est un avertissement à ne pas se reposer avec complaisance sur sa propre bonté.

Sources dans le Tipiṭaka

Touchez pour lire le passage sur la page citée.

Autres principes à découvrir

Connectez-vous pour gagner 40 points de mérite en lisant cette page