L’analyse de la non-querelle : la voie sans ennemis
Pratique

L’analyse de la non-querelle : la voie sans ennemis

Araṇavibhaṅgasuttaṃ

Six principes pour vivre sans conflit : éviter les extrêmes, ne ni louer ni blâmer les personnes, savoir quel bonheur rechercher, dire la vérité au bon moment, parler sans hâte, et ne pas imposer son parler local.

6 points

Dans l’Araṇavibhaṅga Sutta du Majjhima Nikāya, le Bouddha pose six rubriques et explique chacune d’elles. Tout ce qui s’accompagne de souffrance, de tourment et de fièvre est appelé un état de conflit (saraṇa) ; tout ce qui ne s’en accompagne pas est appelé un état sans conflit (araṇa).

Les six sont : ne rechercher ni le plaisir sensuel ni la mortification ; ne ni exalter ni dénigrer qui que ce soit, mais enseigner seulement le Dhamma ; savoir évaluer le bonheur et rechercher le bonheur intérieur ; ne pas tenir de propos voilés ni de propos directs et acérés qui soient faux et inutiles ; parler sans hâte ; et ne pas imposer son parler local ni passer outre l’usage commun.

À la fin, le Bouddha dit que le fils de famille Subhūti pratique la voie sans conflit.

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    Éviter les deux extrêmes Ubho ante anupagamma

    Ne rechercher ni le plaisir sensuel, qui est bas, ni la mortification, qui est douloureuse. Tous deux sont des états de conflit ; la voie du milieu est un état sans conflit.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous remarquez que vous vous faites trop plaisir ou que vous vous poussez trop fort, trouvez un juste milieu que vous puissiez tenir dans la durée.

  2. 2

    Ne ni louer ni blâmer, enseigner seulement le Dhamma Nevussādeyya na apasādeyya dhammameva deseyya

    Dire « tous ceux qui font cela ont tort », c’est dénigrer les personnes ; dire « tous ceux qui font ceci ont raison », c’est exalter les personnes. Le Bouddha enseigne plutôt à parler de l’action : cette action s’accompagne-t-elle de souffrance ?

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous critiquez, remplacez « Tu es paresseux » par « Le retard de livraison a causé des difficultés à l’équipe ».

  3. 3

    Savoir quel bonheur rechercher Sukhavinicchayaṃ jaññā

    Le bonheur issu des plaisirs sensuels est grossier et vulgaire, et ne devrait pas être beaucoup recherché. Le bonheur issu de l’isolement et de la concentration est un bonheur intérieur ; il devrait être recherché et développé, non redouté.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Remarquez aujourd’hui chaque sorte de bonheur : lequel laisse du calme derrière lui, et lequel laisse une envie d’en avoir davantage.

  4. 4

    Dire une vérité utile au bon moment Rahovādaṃ sammukhā khīṇavādaṃ

    Les propos voilés dans le dos de quelqu’un, ou les propos acérés en face : si on les sait faux et inutiles, ne les dites pas. S’ils sont vrais mais inutiles, entraînez-vous à ne pas les dire. S’ils sont vrais et utiles, sachez choisir le bon moment pour les dire.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Avant de parler de quelqu’un dans son dos, faites passer vos propos par trois filtres : est-ce vrai, est-ce utile, et est-ce le bon moment ?

  5. 5

    Parler sans hâte Ataramāno bhāseyya

    Parler avec précipitation fatigue le corps, tend l’esprit, force la voix, irrite la gorge, et rend les propos peu clairs et difficiles à comprendre. Parler sans hâte n’a aucun de ces défauts.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    En réunion, ou pour expliquer quelque chose d’important, ralentissez délibérément d’un demi-temps. Les gens comprendront bien plus facilement.

  6. 6

    Ne pas imposer son parler local Janapadaniruttiṃ nābhiniveseyya

    Le même récipient est désigné par plusieurs noms selon les régions. Celui qui insiste pour que seul son mot soit le bon entre en conflit avec les autres ; celui qui ne s’y attache pas emploie le mot que les gens du lieu comprennent, sans attachement.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous parlez avec des personnes d’autres régions, d’autres générations ou d’autres métiers, employez des mots qu’elles comprennent plutôt que de corriger les leurs.

À essayer dans la vie quotidienne

Ce discours se lit comme un guide pour communiquer sans se faire d’ennemis — au travail, à la maison et en ligne.

Ce qui s’applique tout de suite, c’est parler du comportement plutôt que de la personne. Au lieu de « les gens qui font ça sont terribles », dites « faire ceci mène à tel problème ». La vérité est toujours dite entièrement, mais personne ne se sent attaqué.

Le point sur le parler local est lui aussi très actuel. Les gens de différents endroits appellent la même chose par des mots différents, et insister pour que seul notre mot soit le bon déclenche de petites querelles inutiles.

Sources dans le Tipiṭaka

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