Le Niddesa sur le Kāma Sutta : deux couches de sensualité et un bateau à écoper
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Kassapamandiyajātakaṃ
Les sages supportent les fautes que les jeunes commettent par immaturité. Les personnes de bien qui se querellent se réconcilient vite, tandis que les sots se brisent comme des pots d’argile. Celui qui reconnaît sa faute et celui qui sait accepter un aveu deviennent plus proches encore, et celui qui sait réconcilier les autres est vraiment excellent.
Dans le Jātaka Kassapamandiya du Catukkanipāta, dans le Khuddaka Nikāya, le texte canonique se compose de quatre stances. La première s’adresse à l’auditeur en l’appelant « Kassapa » et dit que, qu’un jeune homme injurie ou frappe par jeunesse, la personne sage et compréhensive supporte tout cela. La deuxième dit que même quand des personnes de bien se querellent, elles se réconcilient vite, alors que les sots se brisent comme des pots d’argile et ne trouvent jamais la paix.
La troisième dit que celui qui reconnaît la faute qu’il a commise, avec celui qui sait recevoir un aveu, se rapprochent d’autant plus, et que leur proximité ne s’use pas. La dernière loue comme suprêmement excellent celui qui, lorsque d’autres se sont fait du tort mutuellement, est capable de les réconcilier : il porte le fardeau et soutient la tâche.
L’histoire provient du commentaire des Jātaka. Selon le commentaire, le Bodhisatta était devenu ascète avec son père, nommé Kassapa, et son frère cadet. Un jour, le frère cadet ne cessait de presser leur vieux père ; le père, agacé, revint sur ses pas pour recommencer, et les deux se querellèrent jusqu’à la nuit. Le Bodhisatta sortit avec une torche, les ramena tous deux lentement, prit soin de son père jusqu’à ce qu’il soit reposé, et c’est seulement alors qu’il lui adressa ces stances. Le commentaire dit que l’occasion fut un vieux moine et un novice. Aucun de ces détails ne figure dans les stances.
Les jeunes peuvent parler durement ou mal agir parce qu’ils manquent d’expérience. La stance dit que la personne sage et compréhensive supporte tout cela. Selon le commentaire, le Bodhisatta rappela à son père que c’est à l’aîné de faire preuve de patience envers l’impatience d’un jeune.
Quand un enfant adolescent ou un nouveau membre de l’équipe dit quelque chose qui agace, distinguez si cela vient d’un manque de discernement ou de malveillance. Dans le premier cas, répondez calmement plutôt que de chercher à gagner.
Même les personnes de bien ont des conflits, mais elles ne les laissent pas traîner ; elles rétablissent vite la relation. La bonté ne se mesure pas au fait de ne jamais se quereller, mais à la capacité de se réconcilier.
Après une dispute avec quelqu’un à la maison, efforcez-vous d’en parler vraiment avant de vous coucher, ou au plus tard le lendemain.
Quand les sots se brouillent, ils ne parviennent jamais à la paix. Le commentaire explique : comme un pot d’argile, une fois brisé, il ne peut plus être recollé. Une colère qui refuse de retomber transforme une petite affaire en rupture définitive.
Si vous constatez que vous gardez rancune à un ami depuis des années pour une chose dont vous ne vous rappelez même plus les détails, demandez-vous si l’amitié ne vaut pas plus que d’avoir raison.
La première moitié de la réconciliation est la personne qui reconnaît avoir fait du tort à un autre et l’admet sincèrement. La stance dit que lorsqu’il y a à la fois celui qui reconnaît sa faute et celui qui sait recevoir un aveu, les deux se rapprochent d’autant plus.
Rendez vos excuses précises, par exemple « Pardon de t’avoir interrompu ce matin pendant que tu racontais ton histoire », plutôt que des excuses vagues qui ne disent pas ce que vous avez fait de mal.
La seconde moitié revient à celui qui a subi le tort. Le commentaire l’explique comme celui qui sait recevoir l’aveu que l’autre a fait. Quand les deux côtés font leur part, leur proximité ne s’use pas.
Quand quelqu’un s’excuse, ne profitez pas de l’occasion pour régler tous les vieux comptes. Dites clairement que vous acceptez les excuses, puis laissez l’affaire derrière vous.
Celui qui, lorsque d’autres se sont fait du tort mutuellement, sait les réconcilier est appelé suprêmement excellent : il porte le fardeau et soutient la tâche. Le commentaire explique que même si les autres n’ont pas encore demandé pardon, une personne de bonne volonté leur ouvre la voie pour qu’ils redeviennent proches.
Quand deux amis de votre groupe se brouillent, vous n’avez pas besoin de prendre parti, mais vous pouvez leur donner l’occasion de se parler, par exemple en les invitant tous deux à un repas détendu.
Ce Jātaka convient bien à la vie de famille où plusieurs générations cohabitent. Les aînés et les plus jeunes n’avancent pas au même rythme, l’un lentement, l’autre pressé, si bien que de petits conflits peuvent surgir chaque jour. Les stances invitent le plus mûr des deux à être le premier à faire preuve de patience.
Un détail de l’histoire se remarque : le Bodhisatta ne fait pas la leçon tout de suite. Il prend d’abord soin de son père jusqu’à ce qu’il se soit remis, et c’est seulement ensuite qu’il parle. Un rappel donné une fois l’esprit apaisé a tendance à mieux porter.
Supporter l’immaturité des jeunes ne signifie pas accepter des violences physiques ou des comportements dangereux répétés. Si une relation comporte de la violence, la sécurité passe en premier.
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