Les stances des Anciens sur le temps : saisir le moment, se lever et ne pas gaspiller la journée
Amoghaṃ divasaṃ kayirāDes stances de trois Anciens sur le temps. Sambhūta enseigne quand aller lentement et quand se hâter, Kātiyāna…
Mahāmorajātakaṃ
Un chasseur passe sept ans à tenter de prendre au collet un roi des paons, et pourtant, une fois qu’il l’a capturé, il veut le relâcher. Le paon demande pourquoi, et leur conversation montre au chasseur que la vue selon laquelle les bonnes et les mauvaises actions ne portent pas de fruit est fausse. Il renonce à la chasse comme un serpent qui mue et libère tous les oiseaux qu’il avait mis en cage.
Dans le Jātaka Mahāmora du Livre des Mélanges (Pakiṇṇaka Nipāta) des Jātaka, Khuddaka Nikāya, les stances commencent lorsque le roi des paons, pris au collet, demande au chasseur : si tu m’as pris pour la richesse, ne me tue pas ; emmène-moi vivant au roi et tu recevras beaucoup. Le chasseur répond que sa flèche n’est pas destinée à le tuer aujourd’hui ; il coupera le collet pour que le roi des paons puisse aller où bon lui semble. Le paon demande : tu m’as poursuivi pendant sept ans, endurant la faim et la soif nuit et jour — pourquoi me relâcher maintenant ? As-tu renoncé à tuer aujourd’hui ?
Le chasseur demande quel bonheur attend celui qui s’abstient de tuer et donne la sécurité à tous les êtres. Le paon répond qu’une telle personne est louée en cette vie et va au monde céleste à sa mort. Le chasseur raconte comment il avait cru des renonçants et des brahmanes qui enseignaient qu’il n’y a pas de dieux, que les bonnes et les mauvaises actions ne portent pas de fruit et que le don a été inventé par des sots, et comment il avait donc fait du mal aux oiseaux. Le paon l’interroge sur la lune et le soleil et lui montre que ces vues sont par là réfutées. Le chasseur en convient et demande ce qu’il doit faire pour ne pas tomber en enfer. Le paon lui conseille d’aller interroger des renonçants paisibles. Le chasseur déclare qu’il a abandonné la vie de chasseur comme un serpent se dépouille de sa vieille peau, et rend la vie aux centaines d’oiseaux enfermés en cage chez lui. La dernière stance dit que le chasseur partit pour prendre au collet le roi des paons, mais fut lui-même délivré de la souffrance.
Dans le Tipiṭaka, les Jātaka ne comportent que des stances. Le commentaire ajoute que le Bodhisatta était un paon d’or de l’Himalaya qui récitait des stances de protection chaque matin et chaque soir. Les rois de plusieurs règnes envoyèrent des chasseurs qui ne parvinrent pas à le capturer ; le septième chasseur se servit de l’appel d’une paonne dressée, et le paon, troublé par le désir, oublia ses stances et fut pris. Voyant qu’une créature si vertueuse ne devait pas être maltraitée, le chasseur résolut de le libérer, et, après avoir entendu l’enseignement, il atteignit la paccekabodhi. Le commentaire dit que le Maître raconta cette histoire à un moine insatisfait qui souhaitait quitter la robe.
Le paon demande : tu m’as poursuivi pendant sept ans, endurant la faim et la soif nuit et jour ; maintenant que je suis pris, pourquoi veux-tu me libérer ? Le chasseur avait fait des efforts pendant longtemps, et pourtant, le jour où il obtint ce qu’il cherchait, il put encore s’arrêter pour réfléchir et choisir de ne pas nuire.
Quand un objectif pour lequel vous avez travaillé dur est presque atteint, mais que vous voyez que l’atteindre signifie nuire à quelqu’un, ayez le courage de vous arrêter. Les efforts passés ne sont pas une raison de continuer sur la mauvaise voie.
Le chasseur demande quel bonheur attend celui qui s’abstient de tuer et donne la sécurité à tous les êtres. Le paon répond qu’une telle personne est louée dès cette vie et va au monde céleste à la dissolution du corps.
Essayez de faire en sorte que les personnes et les animaux autour de vous se sentent en sécurité près de vous — pas de menaces, pas de cris, et ne passez pas votre frustration sur les animaux domestiques ou errants.
Le chasseur dit que certains renonçants et brahmanes enseignent qu’il n’y a pas de dieux, que la vie s’achève ici, que les bonnes et les mauvaises actions ne portent pas de fruit et que le don a été inventé par des sots. Se fiant aux paroles de ceux qu’il prenait pour des arahants, il fit du mal aux oiseaux. Le commentaire explique qu’il s’agissait d’ascètes proches de la famille du chasseur.
Vérifiez d’où viennent les croyances qui vous servent d’excuses — « tout le monde le fait » ou « ce n’est pas grave si personne ne voit » — et si cette source est vraiment digne de confiance.
Quand le paon lui montre que ces vues sont réfutées, le chasseur dit : assurément, ce que tu dis est vrai — comment le don pourrait-il être sans fruit ? Puis il demande ce qu’il doit faire, comment il doit vivre et qui il doit fréquenter pour ne pas tomber en enfer.
Quand vous découvrez qu’une de vos croyances était fausse, dites simplement : « J’avais mal compris », puis demandez ce que vous devriez faire, au lieu de chercher des excuses.
Le paon ne répond pas à tout lui-même. Il conseille : il existe des renonçants en robe ocre, qui vivent sans foyer, vont chercher leur nourriture d’aumône le matin, ne vagabondent pas à des heures indues et sont paisibles ; va les trouver au moment opportun et demande-leur ce que tu désires savoir, et ils t’expliqueront le bien de ce monde-ci et de l’autre tel qu’ils le comprennent.
Quand vous avez une question importante sur la vie, trouvez quelqu’un dont la manière de vivre correspond à ce qu’il dit, et convenez d’un moment qui lui convient afin de pouvoir l’interroger attentivement.
Le chasseur dit qu’il a abandonné la vie de chasseur, comme un serpent se dépouille de sa vieille peau ou comme un arbre vert laisse tomber ses feuilles jaunies ; aujourd’hui, il renonce à être chasseur.
Si une partie de votre travail ou de vos habitudes nuit aux autres, commencez à vous en défaire morceau par morceau — par exemple, cessez d’utiliser des techniques de vente qui trompent les clients, même si les ventes baissent au début.
Le chasseur dit qu’aux centaines d’oiseaux qu’il a enfermés en cage chez lui, il rend la vie aujourd’hui ; puissent-ils être libérés et retourner chez eux. La dernière stance résume : le chasseur partit avec un collet pour capturer le roi des paons, mais fut lui-même délivré de la souffrance. Le commentaire raconte que tous les oiseaux furent libérés par son acte de vérité.
Une fois que vous avez décidé de changer, examinez ce qu’il faut réparer de vos actions passées — rendre quelque chose, présenter des excuses, ou cesser de faire pression sur quelqu’un que vous aviez l’habitude de presser.
Ce Jātaka montre que quelqu’un qui a fait le mal pendant longtemps peut changer en un seul jour, s’il voit clairement la vérité et que quelqu’un répond à ses questions de façon raisonnable et sans mépris. Même suspendu la tête en bas dans le collet, le paon répond calmement au chasseur.
Une mise en garde : dans la vie réelle, les personnes dont le travail cause du tort ne peuvent pas toujours changer de métier d’un coup ; elles peuvent avoir des obligations familiales ou des dettes. Commencer par réduire le tort pas à pas fait partie du même cheminement.
Une autre leçon est que nos vues viennent des gens que nous écoutons. Le chasseur faisait du mal aux oiseaux parce qu’il croyait de mauvais maîtres ; quand il entendit de meilleures raisons, il était prêt à changer.
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